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Un auditorium rendu sourd de l'oreille gauche

Un auditorium rendu sourd de l'oreille gauche

À propos de la sécu, d'Ambroise Croizat et de la façon de porter l'Histoire.



Canaille le Rouge ayant dit bien avant le 26 septembre sa sympathie et solidarité à Michel Etievent devant l'ostracisme dont il a été la victime, le temps est maintenant venu de regarder le pourquoi de celui-ci.



D'abord notons que si une erreur de départ est toujours possible, la corriger ne fait pas déchoir mais s'y enfoncer devient une faute surtout quand le sujet est dans une actualité plus que sensible et que la compétence de l'écarté sur le sujet ne fait pas débat.



Que les organisateurs (du moins sa composante syndicale) le veuillent ou non, ne pas reconnaitre la place des travaux de M. Etiévent quand il s'agit de plancher collectivement sur Ambroise Croizat et la Sécu est aussi pertinent que de vouloir explorer l'histoire du syndicalisme en oubliant d'inviter les représentants de la CGT ou du mouvement ouvrier sans associer l'équipe du Maitron.



C'est d'autant plus surprenant que le moment ne manque pas de biographes de syndicalistes et militants aux travaux certes intéressants mais par certains aspects ouvrant à discussions qui n'ont pas souffert d'un tel traitement.



Devant cette situation, La Canaille pour ne pas cautionner (il l'a fait savoir à Michel) a préféré profiter d'un temps toujours estival et malgré les coefficient de marée peu favorable pour permettre à un retraité de faire grève dans de bonnes conditions.


 

Mais où cela devient plus grave et Canaille le Rouge rejoint là Annie Lacroix Riz c'est que ces comportements portent une approche de l'histoire et singulièrement de l'histoire sociale ou (et) contemporaine où la compétence ne serait présumée qu'aux porteurs des titres officiels ou coorganisateurs des protocoles et apparats. L'écriture de et sur l'histoire ne serait possible pour les accédants que s'ils sont adoubés, seul le quartier de responsabilité reconnus permettant l'entrée en lice et interdite à ceux qui la font ? Une sorte de droit censitaire comme le suffrage du même nom à présenter son point de vue ?

 


Si ce sont les peuples qui font l'histoire, permettez à Canaille le Rouge qui n'est pas historien mais se pique de mêler son grain de sel de s'interroger et surtout d'interroger sur le sens profond d'une telle approche. Nous n'y retrouvons pas la démarche des fondateur des IHS que la CGT s'honore à juste titre d'impulser. Le refus de l'instrumentalisation commence par repositioner ainsi le débat.



Certes, cela aura été sans aucun doute plus confortable et plus facile pour la municipalité de comparer les mérites de Croizat et d'un responsable de son cabinet que de parler des conditions de l'affrontement de classe et de la reconstruction patriotique, des ressorts de la mobilisation populaire qui épaulent et portent le militant syndical et communiste A Croizat qui préside à ces mesures. (Au fait quand on parle des lois Auroux ou Aubry, on parle de qui ? Des sus nommés ou de leur porte plumes ?).



La méthode rappelle l'inauguration la nouvelle esplanade André Tollet quelques semaines pluis tôt à Paris où l'adjointe au maire qui est pressentie pour remplacer l'actuel, durant un long discours a parlé de tout sauf d'André Tollet et du Comité Parisien de la Libération. Sa méthode était-elle alors en rôdage pour préparer le Colloque Ambroise Croizat et les acquis sociaux de la Libération ?



Les actes du colloque seront à explorer à partir des réalités sociales et politiques de la période étudiée et du cadre sociopolitique du moment où celui-ci s'est déroulé. Si certains du côté de l'Hôtel de ville (ou ailleurs) avaient l'intention de profiter du moment pour refermer la parenthèse de 44-46 mais aussi la rupture de 47 comme d'autres veulent refermer celle de Tours, La Canaille leur souhaite bien du courage, concernant les premières, l'opposition est de taille... pour s'y opposer.



En tout état de cause et c'est une piètre consolation mais consolation quand même, quand un syndicaliste voudra préparer une intervention sur la protection sociale, la sécu et les ordonnances de 45, il y a de fortes chances que ce seront les bouquins de Michel Etiévent dont l'accessibilité ne s'oppose pas à la rigueur scientifique qui seront à portée de main du militant. Intérêt et mérite que toutes les manœuvres diverses et variées ne pourront pas le lui retirer.



Et cela, c'est irremplaçable.

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