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Egypte quand le débat s'invite en France

Egypte quand le débat s'invite en France

La canaille en son temps avait marqué des réserves sur les commentaires portés par Gilbert Dubant à un article du Blog de Roger sur la situation égyptienne et singulièrement sur une sorte de déterminisme biologico culturel remastérisé sous le terme de logiciel. "Egypte-un-canal-historique-une-histoire-coloniale"

 

L’ami Roger avait repris le propos en souhaitant courageusement alors que le champ idéologique était déjà quadrillé par l'ensemble des médias que le débat se poursuive.

 

Aujourd'hui Bruno Drweski un historien, professeur à l’Inalco amène une lecture distanciée et critique des propos de G Dubant.

 

Ce n’est pas parce que ses propos tendent à valider ceux de La Canaille qu’il aurait raison mais la cohérence des arguments et leur articulation avec le logiciel progressiste et marxiste de l’analyse du mouvement du monde demande qu’ils soient mis dans le viatique de tout explorateur des crises du 21ème siècle.

 

Outre la réalité égyptienne, deux ou trois données en particulier sur la domiciliation imposée par l'impérialisme Britanique (où celui de la France de Mollet à Blummollet ne sera jamais que le rose sanglant rantanplan de ce lucky luke) au capital qatari à la City et les rappels sur la concurrence organisée par les financiers anglo-saxons entre la famille Saoud et les émirats n’est pas son moindre mérite.

 

La diffusion de la connaissance ayant pour vertu cardinale de rendre les experts plus accessible pour les uns plus modeste pour d’autre, Canaille le Rouge pense participer à une « B.A. » de la rentrée en alimentant ainsi le débat. publier ainsi ne contribuera pas à élargir le cercle des amis de La Canaille...du moins dans un premier temps.Mais persiste à penser à l'importance du débat même rugueux. 

 

 

L'article de Bruno Drweski :

 

 

A propos de l'article de Pour voir plus clair en Egypte, par Gilbert Dubant

A l'heure où les remous du monde arabe et de l'Egypte occupent la première page des journaux, on attend avec impatience des analyses permettant d'avoir un jugement de la situation et une analyse pénétrante d'une société traversée par des courants contradictoires en bute à une situation économique et sociale dramatique. Chose que l'on penserait possible de trouver chez un auteur occupant la place de rédacteur en chef d'une revue d'histoire adossée à un des plus grand syndicat de France. On doit cependant vite découvrir qu'en matière d'éclaircissement, c'est plutôt une vision obscure pour ne pas dire obscurantiste à laquelle nous avons droit de la part de M. Dubant pourtant dépeint en introduction de l'article comme un « fin connaisseur » du monde arabe. Selon l'auteur en effet, « la vie humaine n'a pas la même valeur citoyenne partout et la maîtrise d'un logiciel culturel est affaire d'éducation », certes, ...mais on se demande ce que recouvre le concept nouveau de « valeur citoyenne » et comment diantre l'humanité a-t-elle pu vivre, lutter pour ses droits et aimer avant l'ère des logiciels. Effet de mode donc. « La laïcité et le pluralisme sont le rempart contre la sauvagerie ». Autrement dit, la vie aurait de la valeur pour les laïcs et les partisans du pluralisme, mais pas pour la masse des Egyptiens jugés sauvages et qui ne verraient donc aucune valeur dans leur vie, et sur qui on peut sans doute tirer dans le tas, puisqu'ils semblent s'en foutre.

En « fin connaisseur » du monde arabe, nous avons droit aussi de la part de Dubant à des réflexions sur les Frères musulmans qui reprennent la plupart des poncifs de la mode orientaliste. Sauf que l'auteur semble ne pas avoir creusé le sujet au point de découvrir que les Frères musulmans, ce n'est pas un parti politique mais une confrérie et une école de pensée et de reconstruction de la pensée musulmane. Une école divisée en différents courants et ayant donné naissance parfois à des partis politiques différents. Les Frères musulmans, c'est, si l'on peut oser la comparaison, un peu comme les Franc-maçons, ils n'ont pas de doctrine mais plusieurs interprétations de l'islam et ils reconnaissent toutes les écoles sunnites et même aussi l'école chiite jafarites. Parler de « la » doctrine des Frères musulmans, c'est donc comme si nous parlions de « la » doctrine des Franc-maçons. Il faut bien comprendre que les Frères musulmans c'est une « nébuleuse » et pas une structure partisane de type militaire. Elle fonctionne en réseaux assez différenciés. Mais comme la vieille droite savait faire dresser les cheveux sur la tête du pékin moyen en parlant du complot maçonnique, on peut faire de même avec cette « secte obscure » des Frères musulmans. Sans avoir à apporter de justificatif.

Les partisans de la reconstruction du khalifat chez les musulmans, ce ne sont justement pas les Frères musulmans qui ne sont pas royalistes, mais les membres du Hezb-ut-Tahrir, un parti panislamiste dont le centre se trouve à Londres. Et il ne s'agit bien évidemment pas de khakifats au pluriel puisque de khalifat il ne peut y en avoir qu'un seul, par principe, selon la logique pan-islamiste, puisque ses partisans souhaitent la reconstruction d'un Etat musulman unifié et la disparition en conséquence de tous les Etats musulmans nationaux existant à l'heure actuelle. Les Frères musulmans eux, sont partisans de la « shourocratie » ( du gouvernement par la consultation – le pouvoir des conseils) et ils sont donc opposés au principe d'un pouvoir unique, individuel, discrétionnaire. Ils ne rejettent pas non plus par principe les partis laïcs puisqu'ils se prononcent pour l'islamisation de la société sur une base volontaire, par le biais d'une éducation par le bas. En théorie au moins, même si, dans les faits, différents mouvements issus de l'école des Frères musulmans peuvent opter pour des méthodes plus ou moins pluralistes.

L'auteur utilise des mots qui font choc, « satanique » par exemple, avec un effet assuré sur un public occidental ignorant mais facilement effrayé par l'intégrisme religieux que l'Europe a connu dans le passé. Mais depuis leur naissance, les Frères musulmans connaissent des débats virulents entre ceux qui veulent emprunter à l'Occident un maximum d'éléments et ceux qui ne veulent lui emprunter que le strict minimum. Mais comme le mot « charia » fait peur, l'auteur semble penser qu'il est bienvenue de l'utiliser. Il semble cependant ignorer que la charia, terme voulant dire « la voie », n'est pas unique mais qu'elle a été formulée au cours d'un processus long de plusieurs siècles au sein de différentes écoles juridiques qui se sont basées sur le droit romain et l'éthique islamique. Il y a donc plusieurs charias, allant des plus complexes aux plus simplistes, et des plus libérales au plus répressives. En Occident, la charia qui fait peur et qui est la plus médiatisée, c'est la charia de type saoudien. Ou même les lois afghanes de la « pouchtounwali » qui existaient ...avant l'arrivée de l'islam dans ce pays. Qu'à cela ne tienne, cela effraie, c'est bon à prendre. Peu nombreux en revanche sont les Français qui savent que la France et la plupart des pays européens dans la foulée appliquent la charia depuis ...1802, soit depuis l'introduction du code Napoléon. Car Bonaparte, lors de son séjour en Egypte, s'était fait enseigner la charia malékite par des professeurs de l'Université Al Azhar du Caire, et à cette occasion il trouva ce code juridique particulièrement approprié pour assurer la modernisation du droit français et il le fit donc transcrire sous la forme que nous lui connaissons aujourd'hui en France.

Comme tout code de loi, et donc comme le droit romain lui-même, la charia peut être plus ou moins répressive selon les époques et les contextes. A l'époque romaine, les peines étaient bien plus dures qu'aujourd'hui, mais nous fonctionnons toujours cependant selon les mêmes règles du droit romain qui, elles, sont durables. Il en va de même avec la charia qui est un enfant du droit romain. N'en déplaise aux intégristes de tous bords, wahabbites comme islamophobes.

Dubant a certes entendu parler de l'ijtihad, terme qu'il ne sait pas écrire correctement, et il n'en a visiblement pas saisi le sens. L'ijtihad, c'est au départ la libre interprétation du Coran et de la Sunna que tout musulman a droit de faire pour son propre compte, car il ne reconnaît aucun intermédiaire entre lui et son Dieu. Mais, pour l'aider dans cette aventure, le musulman peut se référer à des « savants religieux » qui ont étudié différents domaines du texte et de la loi, ce qui permet à chaque musulman dès lors choisir « en âme et conscience », l'interprétation qui convient le mieux à sa conscience. Par extension, puisque le Coran demande que l'homme observe la nature et partant du principe que la foi ne peut s'opposer à la raison, ijtihad peut aussi signifier la libre expérimentation scientifique.

Pour ce qui est de l'aide militaire des USA, elle représentait au début de l'ère Sadate environ 80% du budget militaire égyptien, mais aujourd'hui, avec la baisse de la valeur du dollar, elle ne représente plus qu'environ 20% de ce budget, ce qui rend cette armée de moins en moins dépendante de l'oncle Sam. La force de l'armée réside donc surtout dans le fait qu'elle est propriétaire de tout un réseau d'entreprises économiques. Et si l'on doit critiquer les Frères musulmans, c'est de ne pas avoir vraiment osé remettre en cause cet Etat dans l'Etat déficient qu'est l'Egypte.

Dépeindre Nasser sous les traits noirs d'un dictateur carriériste reprend certes les poncifs de la propagande sioniste mais cela va à l'encontre des sentiments profonds du petit peuple d'Egypte qui le respecte toujours et cultive sa légende, justement à cause de sa simplicité et du fait que, à la différence de ses successeurs, il ne s'est pas enrichi et que, jusqu'à aujourd'hui, ses héritiers vivent une vie qui n'est pas très éloignée de celle du peuple. C'est le président Chavez qui, en accueillant dans son pays le fils de Nasser, a remis les projecteurs sur cette famille modeste. Nasser, doit-on le rappeler, a pris le gros risque de résister aux trois puissances Grande-Bretagne, France et Israël en 1956 et a remis directement au peuple sa démission après la défaite de 1967. S'il est revenu au pouvoir, c'est parce que, contre toute attente, le peuple est descendu dans la rue pour le supplier de revenir au pouvoir. Comme dictateur on fait nettement mieux ! Nasser était un président à la fois laïc et profondément musulman (et oui cette laïcité là, ça existe !). Il n'a pas « éradiqué » « les » communistes, il a réprimé la partie des communistes et la partie des islamistes qui refusaient toute entente avec lui, et chercha à créer l'Union socialiste arabe avec ceux d'entre les partisans de ces deux sensibilités qui acceptaient de faire des compromis.

Les juifs n'ont pas été expulsés sous Nasser, une grande partie d'entre eux a quitté l'Egypte entre 1950 et 1952 à la suite d'attentats dans les synagogues que l'on sait aujourhui avoir été commis par le Mossad. Nasser arriva au pouvoir après le départ de la plupart des juifs égyptiens et certains ont continué à vivre en Egypte jusqu'à aujourd'hui. En Egypte comme ailleurs dans tout le monde arabe où le sionisme n'avait jamais réussi à s'implanter vraiment, c'est la création de l'entité sioniste qui força les juifs locaux à rompre avec leurs patries d'origine. Mais il faut savoir qu'en Syrie, la propagande occidentale et sioniste a longtemps accusé le pouvoir du Baath de ne pas permettre aux juifs d'émigrer tandis que les mêmes accusaient l'Egypte et les autres pays arabes de les avoir forcés à émigrer. Logique ? Ou propagande déloyale ?

Pourquoi aussi mettre des guillemets pour « Révolution » égyptienne à propos de Nasser ? Renverser la monarchie, imposer la réforme agraire, nationaliser les principaux moyens de production et d'échange, introduire une politique d'aide et de promotion sociale pour les classes populaires, introduire la planification, industrialiser, prendre le contrôle du canal de Suez, refuser de céder sur le droit au retour dans leur patrie des réfugiés palestiniens, mener une politique de non alignement sur le plan international, soutenir les mouvements de libération nationale, prôner le développement d'un nationalisme arabe laïc et socialiste, résister victorieusement aux armées coloniales anglaises et françaises, etc. est-ce que ce ne sont pas des mesures révolutionnaires rarement vues dans l'histoire du monde ?

Et que dire de l'affirmation selon laquelle la majorité des Egyptiens considèrent les chrétiens coptes comme des « intrus » ? Peut-on imaginer qu'une telle population ai pu survivre pendant 1400 ans en Egypte si elle avait été considérée comme telle ? D'ailleurs le prophète Muhammad lui-même eut comme épouse la fille copte du gouverneur d'Egypte qui la lui offrit pour faciliter les liens diplomatiques entre l'Etat de Médine et l'Egypte qui attendait de la part des armées musulmanes la libération du joug byzantin. Les Egyptiens seraient donc antidémocratiques par nature puisqu'ils considèrent les non musulmans comme des « intrus ». Sur quelle base d'enquête peut-on émettre une telle affirmation méprisante ? Les coptes ne sont certainement pas des intrus, tout Egyptien, et même le plus obtu des wahabbite, sait que le christianisme copte était la religion de tous les Egyptiens avant l'arrivée de l'islam. Dire le contraire, c'est considérer le peuple égyptien comme particulièrement stupide et ignare, un peuple à l'histoire plurimillénaire tout de même, et qui a construit des universités à l'époque où les vaches broutaient l'herbe dans le centre de Paris.

Sur quelle base affirmer que l'attitude « à l’égard des femmes dévoilées, des actrices de cinéma, des journalistes et auteurs de gauche, pornographes asociaux, de la consommation d’alcool aurait augmenté » ... dans un pays où tout le monde sait que l'économie s'appuie sur le tourisme. « La charia n'a pas besoin de loi organique » ...mais l'auteur devrait d'abord se renseigner sur ce qu'est la charia et ne pas se contenter de clichés occidentalistes (voir plus haut). Dubant décrit des scènes horribles de lynchage mais oublie de rappeler que, au moment des manifestations sur la place Tahrir, il n'y avait pas un flic sur les lieux au départ et qu'aucun lynchage n'eut lieu, puis un service d'ordre s'installa, assuré par les Frères musulmans, et là encore aucune scène de lynchage ou de harcèlement sexuel n'eut lieu. Sans idéaliser la société égyptienne, il faut savoir que beaucoup des comportements odieux qu'on y rencontre sont le fait de malfrats liés aux forces de police, et ce depuis l'époque de Moubarrak. Le défenseur tardif et mal renseigné des « Maliens d'Ivry » semble devenir particulièrement méprisant à l'égard des Egyptiens moyens.

Le titre du paragraphe avec AbdelWahab en impose au lecteur, mais voilà, on aurait aimé avoir une explication sur qui fut Abdelwahab et quelle furent ses relations avec l'Egypte si « obscurantiste ». C'est l'Université égyptienne qui dénonça son interprétation sectaire de l'islam puis ce fut l'Egypte de Mohamed Ali qui élimina pour un siècle, avant que les Anglais ne les remettent en selle, la dynastie des Saoud liés aux wahabbites qui tentait de prendre pied en Arabie.

Obama « dangereux gauchiste » face aux Saoud et aux Qatariotes ? Sauf que les Saoud et les Qatariotes sont des rivaux que les USA mettent en concurrence permanente. Ils viennent ainsi de détrôner le précédent émir du Qatar pour mieux jouer la carte des Saoud. Mais les Saoud comme les Qatariotes ne seraient rien sans l'appui des USA et la protection de leurs bases militaires. Par ailleurs, selon le traité « d'indépendance » de 1971, tout l'argent du Qatar doit être déposé à la City de Londres. Curieuse indépendance ! Qui confirme que ces émirs et roitelets du pétrole ne sont que des mannequins aux mains de l'impérialisme anglo-saxon qui s'en sert successivement, comme investisseur, comme client, comme épouvantail, comme agent d'influence, au dépens des peuples.

Dubant déclare qu' « On peut cependant émettre quelques réserves sur les « aspirations légitimes du peuple égyptien à vouloir vivre mieux »...C'est bien connu, les Arabes adorent vivre mal, ils sont naturellement masochistes ! « Le scrutin de 2012 qui a mené Morsi au fauteuil de « raïs » est plus que douteux, mais le résultat est clair » Douteux mais clair, comprenne qui pourra ! On aura aussi appris que Baradei fait preuve de « convictions bêlantes » ...Quelle clarté, quelle finesse, quelle analyse, avec ça on est fixé sur sa ligne et sa pensée politique ! Puis, « En Égypte, entre armée et charia, que reste-t-il ? » Comme l'auteur ne sait pas ce qu'est la charia d'un côté et qu'il traite l'armée en bloc sans prendre en compte l'existence des généraux d'un côté et d'officiers de base qui animent des mouvements politiques plutôt progressistes d'un autre, les réponses qu'il apporte ne peuvent être que simplistes.

Autres perles : « Tant que le peuple ne comprendra pas que le Coran n’apporte ni abondance ni justice sociale » Le peuple n'est qu'un tas d'abrutis, c'est bien connu. C'est comme si l'on disait que le « Manifeste du parti communiste » n'apporte ni abondance ni justice ! Un texte est ce qu'on en fait, ce qui ne veut pas dire que les textes n'ont aucune importance, ce que Dubant historien devrait savoir. « la « guerre juste » contre les mécréants européens et américains est juste une fabrique de cadavres ». Bien sûr, l'impérialisme occidental et israélien n'existent pas. D'ailleurs est-ce que l'auteur mentionne une seule fois le nom d'Israël. Comme si ce facteur n'existait pas, et qu'il n'est pas la cause réelle d'une masse de cadavres qui s'amoncèlent dans tout le monde arabe depuis 1948. Ce serait toutefois seulement la « bêtise » des Égyptiens qui expliquerait toutes ces guerres, et accessoirement l'influence de l'armée. « Les morts et les misérables s’entasseront dans les mosquées et les bidonvilles du Caire, d’Alexandrie, d’Ismaïlia et d’Assouan. » « s'entasseront » : Quel respect pour l'être humain et ses convictions profondes ! Les Coptes eux, en revanche, on peut supposer qu'ils ne « s'entassent » bien sûr pas dans les églises !

Continuons ces perles : « Si aucun chiffre vérifiable ne peut attester du nombre de signatures ayant demandé la démission du Frère musulman Morsi, il est indéniable que des millions d'Egyptiens sont bien descendus dans les rues pour cela » A bon ? Ceux qui ne s'entassent pas dans les mosquées sans doute, d'où viennent-ils ceux là ? Et pour finir, « Mais la religion n'est-elle pas l'opium du peuple partout sur notre planète, lorsque l'homme s'y réfugie sans réfléchir pour oublier sa propre misère? Karl Marx. 1843. Critique de la philosophie du droit de Hegel. » Citer Marx et l'opium du peuple, ca fait bien, surtout quand on ne lit que ce bout de phrase et pas tout le paragraphe qui démontre que Marx avait une vision très nuancée du phénomène religieux et pas aussi simpliste que notre auteur antistalinien stalinien traitant la religion comme on le faisait dans l'URSS des années 30, oubliant ce que Marx, mais aussi Lénine, avaient écrit sur le sujet.

Bref, on a l'impression à la lecture de cet article d'avoir affaire dans une revue d'histoire à un texte écrit par un apprenti autodidacte n'exigeant de lui-même pas trop d'efforts intellectuels pour aller à la rencontre d'un public qui ne serait visiblement pas très éduqué. Ce type de texte, ce n'est pas nouveau en cette période d'abrutissement généralisé. Mais on aurait quand même aimé que, à la CGT aux fortes traditions d'éducation populaire de qualité, on ne se soumette pas aussi facilement à des auteurs qui se soumettent à l'air du temps et à l'ambiance rance des cafés du commerce.

Bruno Drweski

Historien, Maître de conférences à l'INALCO

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R
Mon propos s'étant coupé, je le reprends.
Autodidacte car fils d'ouvrier, la société capitaliste, les gens bardés de diplômes et de certitudes, m'ont fermé la porte de longues études. Mais n'ai-je pas le droit d'écrire sur l'histoire ou la philosophie marxiste, sans pour cela recevoir un tombereau de diatribes sur ma pomme? Ce n'est pas ainsi que je conçois le débat démocratique. Il faut simplement prendre ma contribution sur l'Egypte comme celle d'un humble militant ouvrier qui, en aucune façon, n'a la prétention d'être déclamée en haut d'une chaire.
Enfin, je réfute à quiconque de douter de mon honnêteté dans mes recherches, à mon niveau scolaire sans doute étriqué, sur l'histoire sociale nationale ou internationale. Celui qui chercherait à me faire taire, fut-il le plus érudit des lettrés, aurait du souci à se faire.
A bon entendeur, salut.
C
Je suis certains que ce ne sont pas les propos de ton article qui sont en cause, article dont par ailleurs je partage toujours l’approche, mais plutôt l'angle d'attaque de Gilbert dont j'ai dit par ailleurs combien je trouvais faible l'impasse sur le colonialisme et le conflit de 56.
Il s'agit de la suite d'un débat où les propos de B Drweski interfèrent avec un article de Gilbert sur le foyer des maliens de Vitry qui fait conjonction.
Sur l'argumentation de Drewski à propos du déterminisme-fatalisme musulman (qui ne figure pas dans ton propos) et la question du logiciel de décryptage, je partage assez la critique frontale des propos de Gilbert tout comme la critique de son absence de prise en compte des stratégie impérialistes.

Cela dit comme ta formation d'historien et les chemins pour y arriver ressemblent trait pour trait aux miens tu comprendras bien que je suis solidaire de ton indignation mais je serais étonné et si c'était le cas je le manquerais pas de le faire savoir que cet angle d’attaque soit celui de B Drweski et que ce soit toi qui soit ainsi sous le feu de sa critique.
R
Il faut rendre à Gilbert Dubant ce qui est à Gilbert Dubant et à Roger Colombier ce qui est à moi. Bruno Drweski mélange allègrement nos propos respectifs pour étayer ses dires. C'est, à mon avis, un peu bêta pour un historien. Par exemple, je n'ai jamais prétendu que les Egyptiens, descendus dans la rue pour chasser le régime des Frères musulmans, n'étaient pas dans leur extrême majorité de confession musulmane. De la même façon, si on lit attentivement mon blog (le blog de Roger colombier), on ne trouvera aucun soutien à l'état impérialiste et colonisateur qu'est Israël.
Bruno Drweski est un historien patenté. Pour ma part, je n'en ai aucun diplôme ni en aucune manière la prétention de l'être. Autodictate, car fils d'ouvrier, la société ca
R
OUi, c'est tout à fait l'expression et l'analyse subtiles de Bruno Drewski que je connais.