Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Vautour, vampires et voleurs (V V V) ou comment [A A A=>V V V]

 

http://images.newstatesman.com/articles/2012//20120309_greeceathens_w.jpg

Athène 9 mars 2012

 

Deux informations qui déjà séparément sont en elle-même éclairantes des mœurs de la finance fer de lance du capitalisme mais qui mises côte à côte devraient déciller ceux qui jouent les autruches pour ne pas voir la réalité prédatrice de ce système. (les deux infos à deux jours d'intervalles sont tirées d'articles du Monde).

La première : 

 

"L'opération organisée en 2001 par Goldman Sachs pour permettre à la Grèce de réduire sa dette a rapporté la somme de 600 millions d'euros à la banque américaine. (Telles sont les conclusions d'une enquête de deux journalistes de l'agence Bloomberg, Nick Dunbar et Elisa Martinuzzi).

Pour la première fois, deux des principaux protagonistes, Christoforos Sardelis, patron du bureau de gestion de la dette à Athènes entre 1999 et 2004, et Spyros Papanicolaou, son successeur jusqu'en 2010, évoquent publiquement la transaction qui a permis à la Grèce de cacher l'ampleur de son endettement.

La transaction consistait à échanger la dette grecque, libellée en dollars et en yens, en euros en utilisant un taux de change fictif permettant de réduire l'endettement de 2 %, affirment les anciens officiels hellènes. Mais, comme le reconnaît Sardelis, ses services n'étaient pas équipés pour comprendre la complexité du contrat signé avec Goldman Sachs en juin 2001. Et imaginer qu'en quatre ans, via un produit dérivé destiné à dissimuler ce prêt, la dette ainsi contractée par la Grèce auprès de Goldman Sachs allait bondir de 2,8 milliards à 5,1 milliards d'euros.

LE 11 SEPTEMBRE 2001

Au moment de la signature, reconnaît Sardelis, le swap (échange) lui était apparu profitable pour son pays comme pour la banque d'affaires. A l'écouter, deux événements ont fait exploser le coût de l'opération pour la Grèce. Tout d'abord la chute du marché obligataire après les attentats du 11 septembre 2001 qui, en raison de la formule imposée par Goldman Sachs, a pesé sur les remboursements. Ensuite, le choix par la banque, en 2002, d'un nouvel indice assis sur l'inflation dans la zone euro s'est avéré dévastateur.

Autre révélation, Addy Loudiadis, la banquière de Goldman Sachs en charge de ce dossier, s'était imposée non pas en raison de ses origines grecques, mais parce qu'elle avait alerté Athènes du danger d'un contrat similaire offert par un rival en 1999 !

"Les swaps étaient l'une des techniques utilisées par bon nombre de gouvernements européens pour respecter les critères du traité de Maastricht", répond Goldman Sachs, qui affirme que l'impact combiné de ce swap a été limité à une baisse de 1,6 point de la dette publique grecque, celle-ci passant de 105,3 % à 103,7 % du produit intérieur brut (PIB).

"Pour la première fois, des officiels grecs impliqués dans le swap de Goldman ont évoqué le coût de cette transaction. Goldman n'a jamais contesté les chiffres avancés par son client", nous explique M. Dunbar. En 2003, il avait révélé dans le mensuel britannique Risk Magazine le rôle joué par Goldman dans le maquillage des comptes de la Grèce.

Marc Roche (à Londres)

 

 
Seconde info à croiser avec la précédente ;
"Dette grecque : une association d'actionnaires allemande veut porter plainte

L'association allemande de défense des petits actionnaires SDK  (pas DSK mais bien SDK) a annoncé, vendredi 9 mars, qu'elle étudiait la possibilité de porter plainte contre la Grèce à cause de la volonté d'Athènes d'activer les clauses de restructuration forcée de sa dette.

 

Notez l'argument premier :

"L'offre d'échange de dette de la Grèce est intéressante au plan financier, aussi pour les petits actionnaires. Mais son application technique est totalement inacceptable pour des petits porteurs. Le projet du gouvernement grec (...) de forcer les propriétaires d'obligations grecques à participer à ce défaut partiel via les clauses d'action collective viole les principes fondamentaux du droit", selon le communiqué.(Il s'agit du droit de propriété et des clauses financières qui l'accompagne dans l'UE)

Daniel Bauer, directeur de SDK, cité dans le texte, dénonce un "signal fatal pour tous les investisseurs", qui ferait de "l'Europe une république bananière". L'association "étudie les moyens juridiques" à sa disposition et table sur "un processus judiciaire long de plusieurs années et finissant certainement devant la Cour de justice européenne", comme ont déjà menacé de le faire les fonds spéculatifs.

En gros "certes cela nous rapporte de façon intéressante mais comme c'est l'émetteur qui, même pour nous servir, à la main et non pas nous pour lui imposer nos choix commençons par accepter de manger le gâteau mais travaillons à ce que nous soyons désigné comme propriétaire de la vaisselle qui sert à le manger"

 

 

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article