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Un texte important pour un débat dont il faut saisir toutes les implications.

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Il est évident que si La Canaille, toujours aussi rouge et plus que jamais met en ligne cet édito signé de F. R. Hutin, rédac-chef de Ouest France, ce n'est pas parce qu'il aurait rencontré la vierge au détour de la foret de Brocéliande ou parce que par décision divine le Mont St Michel serait revenu au bercail.


Non, c'est tout simplement parce qu'il est bon de voir comment les débats qui taraudent en profondeur la société française ont dans leur parties émergées des conséquences dans les recompositions politiques des périodes électorales.


C'est singulièrement le cas entre le "centre", la droite et leurs composantes communes.


Les valeurs issue des vieilles traditions MRP se choquent avec la recomposition sur les valeurs d'extrême droite. La droite classique au pouvoir à besoin d'aller chasser sur les terres brunes pour tenter d'éviter la défaite. Une droite, pas forcement à l'origine républicaine mais trempée de valeur chrétienne est déstabilisée par ces opérations. 


Un fort courrant antifasciste imprègne toujours le débats dans les milieux chrétiens, la JOC reste une valeur importante dans cet espace.


Pour la partie de droite de ces lieux très politisés, les garanties offertes par la sociale démocratie met tout ce beau monde à l'abris d'un péril rouge mais les interets de clans affichés au sommet du pouvoir, les valeurs que ceux qui y sévissent affichent, déstabilisent le conservatisme profond des terres rurales de l'ouest.

 

L'union sacrée des Morin, Boutin avec le troll du CAC à rentes et d'autres à venir, sur ces valeurs non partagées, inquiète cette frange aussi instable que décisive de l'électorat de droite.


Il semble que certain ont décidé de ne pas transiger sur leur principe. C'est ce que semble signfier cet édito, l'engagement de son signataire et les références éditoriales qu'il propose.


 

 

Édito de "Ouest France" du 18 02 2012

'Extrême droite : pourquoi les chrétiens ne peuvent pas se taire'

samedi 18 février 2012

Dans cette campagne présidentielle, l'idée se répand, ici ou là, que nos pays développés, dont la France par conséquent, pourraient être dépassés et même submergés par les pays émergents. Ainsi sont attisés méfiance et peur, et le souhait, à peine voilé, que cessent les aides apportées par les pays riches au tiers-monde.

Voilà qui peut interroger tous ceux qui, depuis des années, souhaitent que la misère recule sur la planète. Les pays sous-développés, comme on les appelait, étaient la concentration de la pauvreté mondiale. Là, on mourait de faim et de multiples maladies. Plus tard, on les définit comme étant « en voie de développement ».

Aujourd'hui, la misère, hélas, est encore là et maltraite des centaines de millions d'hommes, mais elle a reculé dans ces pays qui en émergent. Et voilà que l'on veut nous effrayer, nous faire croire que nous pourrions être « submergés ». Faudrait-il alors que ces pays replongent dans le drame d'où ils s'efforcent de sortir pour que nous puissions continuer, seuls, à jouir de la vie et des possibilités nouvelles que le progrès nous apporte en matière de santé, de nutrition, de confort ? Cela paraît tout à fait contraire à l'esprit du christianisme, c'est pourquoi Étienne Pinte et Jacques Turck viennent de publier un petit livre : Extrême droite : pourquoi les chrétiens ne peuvent pas se taire (1).

Les auteurs passent en revue ce qui les heurte dans cette idéologie : par exemple l'identité nationale vue comme une éviction de l'étranger ; l'immigration considérée comme menace majeure et même gangrène de notre société, cause de notre chômage ; le souhait de l'arrêt de l'aide médicale aux étrangers, le refus du regroupement familial, la peur de l'autre, le repli sur soi, la fermeture des frontières, la confusion entre nationalisme et patriotisme, etc.

Vertu du patriotisme, péché du nationalisme

Parce qu'ils estiment que les chrétiens doivent faire face au nationalisme, les auteurs rappellent les positions de l'Église sur cette question. Ils s'en réfèrent à Mgr Jullien, ancien archevêque de Rennes, qui la traita dans une homélie très éclairante prononcée le 11 novembre 1985, intitulée Vertu du patriotisme et péché du nationalisme : « Le patriotisme est une vertu. C'est une question de vérité, de reconnaissance, de gratitude, de justice, vis-à-vis de la communauté nationale. Le signe que notre patriotisme se situe dans la mouvance de la justice et de la charité, c'est précisément son ouverture aux autres patriotismes, son ouverture au patriotisme des autres. Un nationalisme fermé aux droits des autres est une atteinte à la communauté humaine, à la fraternité des hommes et à la paternité de Dieu notre Père. »

Par ailleurs, le simplisme des solutions proposées par les tenants de cette idéologie d'extrême droite évacue toute la complexité inhérente à notre monde. En effet, ce n'est pas une « démondialisation » impossible qui résoudra les problèmes difficiles auxquels nous avons à faire face. Ce n'est pas le soupçon jeté sur les institutions internationales difficilement élaborées depuis la Seconde Guerre mondiale, ce ne sont pas les attaques contre l'Union européenne ou l'Onu qui favoriseront cette fraternité universelle dont rêvent les chrétiens et, heureusement avec eux, beaucoup d'autres. Ce n'est pas en cultivant la peur, en suscitant indirectement le mépris et la haine que la paix pourra être construite.

Voilà pourquoi, face à ces orientations sociales et politiques, les chrétiens, en effet, ne peuvent pas se taire.

 

(1) Éditions de l'Atelier (les Éditions Ouvrières), 51-55, rue Hoche, 94200 Ivry-sur-Seine.

François Régis Hutin

 

Précisons que mettre ce texte en ligne ne conduit pas à un partage inconditionnel du propos. S'il en était besoin toute la partie concernant l'UE, l'Euro serait là pour le montrer tout comme l'approche caritatif des solidarités. Mais mesurons l'état de crise morale qui traverse l'idéologie dominante quand une fraction de ses porteurs appelle devant ses dégats à refuser de se taire. 

PS et pour mesurer le désarroi qui ronge le corps social du pays et structure ces reflexions,  ce sondage du jour : 


"Près d'un Français sur deux (49 %) estime que la France pourrait connaître la même situation que la Grèce, au bord du défaut de paiement, dans les prochains mois ou les prochaines années, selon un sondage Ifop que publiera, demain, Sud Ouest Dimanche.

 

"Cette tendance tient sans doute à une accélération de la dégradation de la situation en Grèce telle que les Français s'identifient de moins en moins aux Grecs", poursuit Sud Ouest Dimanche qui estime cependant que "le fait que près d'un de nos concitoyens sur deux estime aujourd'hui que la France pourraitconnaître d'aussi lourdes difficultés qu'une Grèce au bord du chaos en dit long sur le pessimisme régnant actuellement dans notre pays".

Selon le sondage, 70 % des sympathisants de l'UMP pensent que la France ne connaîtra pas de situation semblable à celle de la Grèce dans les prochaines années. A l'inverse, les sympathisants de gauche (54 %) et ceux du Front National(82 %) pensent le contraire. Parmi ces derniers, 46% sont même convaincus que la France va "certainement" connaître le même sort que la Grèce.

Le quotidient relève que les ouvriers sont les plus nombreux (62 %) à craindre cette éventualité au point que près d'un quart d'entre eux (24%) estime "qu'elle va certainement se réaliser".

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