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Stalingrad, 3 février, débat (♫ ♫)

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Un lecteur de La Canaille a réagit à l'article d'hier sur Stalingrad singulièrement sur la question de la présence des autorités de Russie.


Celui ci lui écrit :

"Dans l'article de canaille le Rouge sur Stalingrad, il y a des mots très durs sur la présence de l'ambassade de Russie.

Or s'il y a bien une attitude notable en Russie, c'est la promotion du souvenir de la lutte contre la barbarie nazie.
Je regarde la télé russe et j'ai constaté que  les reportages sur l'armée rouge et la résistance des soviétiques sont fréquents.
Je refuse que l'on crie contre les loups sans même avoir regardé leur queue."

 

Cela mérite débat.

 

Il ne s'agit pas de hurler avec les loups mais de rester lucide sur tous les loups. Il y a la mémoire et l'hommage, indispensable qui rassemble largement, et l'actualité qui en se drapant dans les drapeaux de l'hommage masque des choses biens moins présentables.


 Je constate simplement que ceux qui sont à la tête de la Russie aujourd'hui sont tous des anciens cadres de l'ex URSS et qu'ils ont une responsabilité incontestable dans la déliquescence de l'espoir du socialisme et dans la reconversion la plus brutales dans une économie capitaliste. Cette mutation a conduit à une régression sociale des plus écrasantes pour le peuple.

 

Les reconversions de la majorité des cadres du PC d'Urss et des dirigeants des Komsomols dans le capitalisme sauvage, le fait que ces organisations aient été les pépinières des oligarques et autres despotes "depardieulâtre" de républiques ex soviétiques d'aujourd'hui démontre si besoin était qu'il ne s'agit pas de calomnie. 


Cela ne retire peut-être rien aux sentiments patriotiques de part d'entre eux, mais du point de vue des libertés, de la place du mouvement social, un conflit -singulièrement la seconde guerre mondiale ( ce fut la force de Stalingrad) - n'est pas que le choc des armées et des cartes d'états majors. Il porte aussi les valeurs et responsabilités historiques qu'outre les forces militaires en présence portent, la place que les peuples occupent etcelle qui lui est ensuite reconnue.


http://i53.photobucket.com/albums/g64/PoorOldSpike/sub4/Russ-partisans.jpg

Stalingrad ce sont aussi des partisans, la guerre populaire.

 

Notons que dans la façon de présenter aujourd'hui le conflit, côté "occidental', c'est au mieux : "héroïsme malgré le communisme" le plus souvent "affrontement de deux totalitarismes".

 

En Russie c'est la Grande Guerre Patriotique (ce qu'incontestablement elle fut), mais abstraction complète de son contenu anti impérialiste (face au rassemblement de toutes les forces du capital contre la jeune URSS, les pharses de Churchill sur "tirer les marrons du feu") sa nature de classe et, aujourd'hui, cet accord entre le monde occidental et les nouveaux dirigeant des ex pays socialiste, leur réinstalation des forces réligieuses de la pire réaction, la réouverture des écoles de Cadets symboles de répressions et contre révolution  que la Révolutions d'Octobre avait bannies, nous sommes loin de cet élan patriotique et révolutionnaire.

 

Ce n'est pas l'armée russe qui a porté le vent de la libération mais bien l'Armée Rouge et à part, dérisoire comme buffalo bill caracolant en 1896 sous la tour Eiffel avec sa troupe, sur les scènes des music-halls, en 2013 de Moscou à Paris on n'en parle pas trop.



http://i53.photobucket.com/albums/g64/PoorOldSpike/Photos/Fem-snipersB.jpg

Un peuple au combat 

 

 


Comme notre ami  lecteur poursuit en affirmant qu'aller à l'ambassade n'était pas un signe d'acceptation de la politique de Poutine, La Canaille  propose de regarder la question à partir de ce qui fait la ligne éditorial de ses p@ges : porter un point de vue communiste.

 

L'histoire républicaine de la France sait faire la différence entre ceux qui célébraient et célèbrent Valmy de ceux qui globalisent le processus révolutionnaire autour des valeurs de la restauration et les agioteurs. La Russie d'ajourd'hui, ses firigeants dans des conditions politiques et historiques données ont fait et font des choix. La Canaille considère que répondre à leur invitation sert de caution pour ceux qui se cachent derrière l'héroïsme d'hier pour masquer leurs pratiques d'aujourd'hui.


Que des plus anciens ayant quelques légitimités à porter les combats passés aient été invités et y soient allés, que les organisateurs dans le cadre de pratiques diplomatiques aient à assurer des obligations est une chose. Mais ceux dont il est question dans la critique hier formulée, vus place Stalingrad avaient manifestement quelques heures de vols de moins que La Canaille né sept ans après la guerre.

 

D'où le maintien ici d'une position de ne pas vouloir cautionner Poutine et son pouvoir (ce qui est autre chose que partager le souvenir et d'honorer publiquement la mémoire des combattants de l'Armée Rouge, des Partisans et du peuple place Stalingrad) d'autant que nombre de ceux qui hier y sont allés ont (à juste raison) boycotté ou boycotterait aujourd'hui avec La Canaille d'autres ambassades pour des raisons identiques aux siennes.

 

Qui aurait été fêter le débarquement de 1944 à l'ambassade des USA quand Angéla Davis étaient dans les couloirs de la mort ou aujourd'hui avec les interventions militaires et les coups tordus de la CIA, avec Guantanamo ?

 

Qui, compte tenu des politiques en œuvres, à part les républicains espagnols et ceux qui portent leur combat et celui des Brigadistes ira en 2013 à une réception à l'ambassade d'Espagne, même pour une exposition Goya ? 

 

 

Tout comme Canaille le Rouge ne répondrait pas à une invitation de l'ambassadeur de Grèce par solidarité avec le peuple grec affamé par son gouvernement.


De même et sans pour autant soutenir en tout et pour tous les choix souverains que ces pays font, aucune hésitation pour aller à l'ambassade de Cuba, du Vénézuela ou d'Afrique du Sud, pas de problème pour répondre à une invitation d'une representation diplomatique de tout pays où les communistes comme tous les démocrates ont le droit de s'exprimer, ne sont pas criminalisés, où les travailleurs ont le droit de se syndiquer et peuvent mener leurs luttes revendicative. La canaille ne répondrait à aucune invitation venant de chacune des deux Corée (il examinerait différement si par hypothèse aujourd'hui surprenante l'invitation leur était commune).

 

Alors bien sûr, les bristols ne s'accumulent pas dans la boite aux lettres de Canaille le Rouge. Mais finalement, point de vue santé, ce n'est pas si mal et le médecin traitant de La canille s'en réjouit . Lui aussi, pas seulement pour la ligne,  physique,  de l'auteur mais aussi pour la ligne éditoriale du c@rnet et celle politique de celui qui claviérise pour vous la proposer.

 

C'est aussi une des façons de pérenniser le combat internationaliste. Ensuite à chacun de voir comment il se positionne, voila ce qui du point de vue de Canaille le Rouge donne du sens dans les présences à des initiatives publiques.

 

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Vandeputte Franck 03/02/2013 21:32


Canaille le Rouge est souvent intéressant à lire, mais pas sur ce sujet. Pas de cette façon.
Contrairement à ce que raconte Canaille, Stalingrad c'est des combats urbains menés par l'armée rouge et la population. Pas un combat dans les arbres comme le suggère sa photo des partisans.
Le rôle des partisans est essentiel dans la victoire contre les nazis, mais la lutte des partisans est lancée et organisée par le  Parti communiste de l'Union soviétique pour harceler les
nazis. Ce n'est pas un spontanéisme.
Comment Canaille peut-il rêver que  ceux qui sont à la tête de la Russie aujourd'hui ne soient pas d'anciens cadres de l'ex URSS, mais qu'ils viennent de l'espace intersidéral ?
Canaille ne sait-il pas qu'il y a des élus communistes minoritaires à la Douma et qu'ils mènent un combat difficile contre Poutine, pour les libertés, contre la destruction des droits sociaux et
contre la criminalisation du communisme ?
La droite russe mène son œuvre de destruction, de retour à la religion, de guerre idéologique. Mais cela ne fait pas de la Russie un État totalitaire. Quels sont les États qui accumulent les
guerres aujourd'hui ? C'est loin d'être en premier lieu la Russie.
C'est peut-être de cela qu'il faudrait parler.
Mais Canaille le "Rouge" préfère renvoyer dos à dos les 2 Corées et se lancer des comparaisons maladroites sur les ambassades de Grèce et d'Espagne.

Donc je le redis. Canaille le Rouge se trompe ici. Il fallait parler de Stalingrad, mais ne pas en faire un prétexte pour égratigner la Russie.


Salutations rouges.


Franck Vandeputte

canaille le rouge 03/02/2013 23:04



je ne confond pas les communiste qui se battent à la Douma ou ailleurs mais et c'est justement cela qui me fait me positionner : dans une ambassade ce sont les autorités en place qui ont la main
pas l'opposition (qui à l'occasion se fait matraquer dans les rue de Moscou ou de Petersbourg).


J'ai dans mon papier parlé prioritairement de Stalingrad, et de ceux qui ICI sont absents lors de la commémoration.


Nou ne seront pas d'accord sur la Russie d'aujourd'hui. Mais je suis désolé, pour moi, actuellement  la Russie n'est pas un exemple de lberté quand on emprisonne pour crime de lèse religion,
le républicain laîc que je suis ne peut l'admettre à Moscou comme à Tunis. Quand le racisme fait des ravages dans les rues de Moscou quand on meurt de froid dans les rues (ce qui avait disparu du
payage moscovite) je ne peut avoir de connivence vec le régime.


 



RBOBA 03/02/2013 17:50


Je n'irai personnellement pas fêter quelque événement que ce soit à l'ambassade des Etats-Unis, y compris le débarquement de 1944 même si Angela Davis n'est plus dans le couloir de la mort. Le
débarquement de 1944 a été facilité par la victoire de Stalingrad. Les Etats-Uniens (et non Américains comme de façon incorrecte on les appelle ; ils ne sont pas l'Amérique à eux tous seuls !)
n'ont rien libéré, sinon leurs produits : chewing-gum, cigarettes, bas nylons et rock and roll ou autres. Ne jamais oublier que l'administration etats-unienne était profondément pro-allemande
c'est-à-dire, pro-nazie. D'où son empressement à monter le plan Marshall pour rétablir la puissance économique allemande et empêcher l'émergence de celle de la toute jeune RDA et contrer
l'influence soviétique. Sans parler de la longue "c/kollaboration" des cerveaux scientifiques nazis avec le gouvernement etats-unien