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Rougir à Madrid

 

http://www.lexpress.fr/pictures/558/285721_manifestation-contre-la-reforme-du-travail-le-19-fevrier-2012-a-madrid.jpg

 

Le ministre espagnol de l’économie a annoncé que le budget 2012 des ministères baissera de 12% en moyenne. Les investissements publics, déjà largement affectés par les précédents plans d’austérité vont être encore diminués de 40% cette année. Il impose aux régions compétentes en matière d’éducation et de santé d'économiser 16 milliards d’euros.

La mortalité infantile, les retraités pauvres vont apparaître dans des statistiques  tiermondisées de l'OCDE. Mais à Marbella on sabrera le champagne.

Déjà, le 9 mars, la Commission européenne avait dépêché deux experts pour étudier la situation réelle de ses comptes publics. Mandaté pour comprendre les raisons pour lesquelles le déficit public a été en 2011 de 8,5% du PIB, soit 2,5% de plus que l’objectif fixé avec l’antérieur gouvernement Zapatero. Le syndrome athénien débarquait à Madrid

De la Grèce à l'Espagne, l'unité de compte n'est plus l'euro mais l'olive. Le moyen de les mesurer, le pressoir.

http://lemoulinfarellacci.free.fr/photo/pressoir.jpg

 

Devant la montée de la colère populaire le tour de vis n'est pas aussi violent qu'il s'y était enghagé et il prend ses marques. Le nouveau réac à la tête du pays ayant gardé le cap et les chevaux de son prédécesseur peut tranquillement déclarer :  “Je pense que la Commission européenne est sensible à la question de la récession et qu’il n’y aura pas de sanctions car elle connaît parfaitement le problème de fond de l’Espagne  Quant à une possible réaction négative des marchés à cet assouplissement des objectifs ? “Elle est possible mais si pour respecter les objectifs, l’Espagne entrait dans une profonde récession, les pays voisins en ressentiraient les conséquences et il est certain que les marchés deviendraient nerveux.” 

Une façon comme une autre de prévenir : "attention si vous ne me laissez pas de marges manoeuvre cela risque d'être économiquement et donc socialement contagieux.

C'est que le VRP du capital ibérique a quelques raisons de s'inquiter, raisons qui réjouissent la Canaille : 

Tandis que Bruxelles clâme que l’Espagne n’en fait pas assez, les travailleurs estiment que le gouvernement en fait trop et à sens unique.

Le 9 mars, les deux syndicats majoritaires, Commissions ouvrières (CCOO) et l’Union générale des travailleurs (UGT) qui pourtant ne sont pas ou plus des brûlots insurectionels ont appelé à une grève générale pour le 29 mars prochain, la sixième depuis "l’avènement de la démocratie". Ils entendent ainsi protester contre la réforme du marché du travail, qu’ils qualifient comme “la réforme la plus agressive de la démocratie” qui facilite les licenciements et rend plus flexible le marché du travail.

Le gouvernement espagnol doit se dépétrer d'une situation complexe : il est pris entre deux feux, d'un côté une contestation sociale de plus en plus vive de l'autre l'UE et, embusqué derrière, la BCE et le FMI qui exigent une sévère politique de rigueur.

L’Espagne ne peut concilier les mesures d’économie destinées à satisfaire les banques et  mener la lutte contre la récession et le chômage. Il touche 23% de la population active. Même des économistes  plus près des stock-options que des timbres syndicaux pointent du doigt les dangers pour la croissance et l’emploi d’une politique de rigueur trop dure.

Déjà un acquis du mouvement : la productivité localisé de l'industrie huilière : Dans les quartiers bourgeois des villes espagnoles, toujours en unité de compte, une olive arrive à produire un litre d'huile : la peur du rouge a une très grande vertu, elle entretient la mémoire qui fait serrer les fesses :

http://www.lcr-lagauche.be/cm/images/1111.jpg.



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