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Onfray mieux d's'occuper d'choses sérieuses

 

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Canaille le Rouge se croyait un peu marginal dans son refus d'encenser le BHL des RG. Le texte qui clos cette page montre que d'autres bien plus talentueux ont décidé de mettre à jour le vrai visage de l'usurpateur. Merci à Daniel Bleitrach d'avoir permis à La Canaille ce réconfortant et roboratif moment.

 

Ce n'est pas une découverte, Canaille le Rouge n'a pas une grande empathie pour tout ce qui gravite dans le recyclage des huiles des pensée officielles. Michel Onfray fait parti du lot et La Canaille s'est toujours démarqué du courant qui faisait de lui le successeur des animateurs de l'université ouvrière. D'ailleurs comment porter l'idée émancipatrice quand on affute le chapelet de son crédo sur la meule de son " capitalisme libertaire" et son appel à une « gestion libertaire du capitalisme ». Gardons les rapports d'exploitation mais changeons la clef de répartition. C'est beau comme du Berger, fort comme du Blummollet et stérile comme une mule.

 

C'est que l'homme veut bien être anarchiste mais plutôt comme philippe Clay que comme Léo Ferré, "vive Proud'hon" mais impasse sur Bakounine. Différence, c'est que Clay revendiquait son égoïsme réactionnaire, Onfray le cache comme syphilis au séminaire. Il se drape dans son hommage à la propriété et le mode de production capitaliste pour en masquer le chancre. Il n'a de Voltaire que le fauteuil  et de Joseph Demaître que l'académique et réactionnaire pensée.

 

C'est sans doute sa haine des partageux qui alimente un anticommunisme viscéral qui trouvera son apogée dans la valorisation des textes d'un flic qui ne sait écrire l'histoire qu'à partir des poubelles de la rue des Saussaie. (lien vers la poubelle)

 

 

Avant d'avoir lu le texte qui suit, texte qui pousse notre philosophe de comptoir dans ses retranchements, La Canaille avait déjà des irritations qui poussait à l'aigreur devant sa propension du haut de sa chair magistrale de décerner ses sentences implacables surtout s'il s'agissait de condamner une seconde fois à mort ceux qui avait déjà été fusillés.

 

Pour éclairer le courroux de celui qui se retient pour ne devenir grossier, un texte de notre spécialiste en généralités qui font les plis de la jupe de drap bleu marine de l'idéologie dominante, un texte ; c'est que l'homme est historien philosophe ou philosophe historien, en tous cas à peu près rien, texte dont La canaille extrait avec des pincettes ce paragraphe :

 

Le 29 septembre 1939, nazis et communistes demandent la fin de la guerre afin que Staline garde les territoires conquis et Hitler les siens. Les députés communistes envoient une lettre en ce sens à Edouard Herriot, le Président de la Chambre. En cas de refus, la France et l’Angleterre porteront la responsabilité de la guerre qui deviendrait impérialiste ! La France refuse. Le PCF invite alors ses militants au sabotage. Ils ne s’en privent pas et causent la mort de soldats français envoyés au combat avec du matériel qui les lâche en plein milieu de la bataille. Le père de Guy Môquet soutient cette ligne, il est arrêté et emprisonné. Le fils clame haut et fort qu’il reprend le flambeau et continue le combat du père qui, on le voit, n’est pas un combat de résistance, mais de collaboration avec les nazis liés aux staliniens par le pacte.

 

C'est de monsieur Onfray. Lequel a besoin de relais médiatiques et de manger. Donc, fasciné par le parcours d'un BHL, il reprend la méthode et exploite le filon.

 

D'abord ne rien dire de ceux qui commercent avec l'Allemagne nazie leurs héritiers. Ils sont aujourd'hui dans des postes clefs qui assurent l'intendance. Rien de ceux qui livrent des moteurs à la Luftwaffe (déjà) mais refusent de participer à l'effort de guerre comme L Renault, PUK, Schneider et autres. Rien sur Mercier Coty et le CGPF. Non, haro sur un gamin de quinze ans qui s'oppose à une guerre où la France et l'Angleterre, jouant la carte de l'affrontement à l'Est, vont refuser toute alliance avec l'URSS, cause première du pacte Germano soviétique (après la trahison de Munich que notre petit chroniqueur mondain des nouvelles du calvados oublie dans ses références).

 

A voir comment il dégoise sur Prosper Moquet (père de Guy), ex secrétaire au côté de Sémard de la fédération cgt des cheminots avant de devenir député du quartier Batignolles Épinettes à Paris interné sous la garde de Darlan puis de Giraud dans le bagne algérien de "Maison carrée", il se révèle comme un fan de Sérol ce ministre SFIO qui signera les décrets du 12 avril 40 prévoyant internement et peine de mort pour les communistes. Sérol député socialiste dont le mandat ira jusqu'au 31 mai 42 sept mois après Châteaubriant, 3 mois après l'exécution de Sémard Le Gall et des dizaines d'autres, jusqu'à l'exécution de Politzer (un philosophe petit Onfray, un vrai philosophe). Sérol ratera le père mais participera ainsi à l'exécution du fils et de tous ceux qui mis sur les listes d'otages qui croupissaient grâce à lui dans les prisons de la IIIème république puis de l'état français. Onfray, tel ces "résistants" tondeurs du 26 aout 44, arrive au galop pour participer à la curée. Tout dans son propos dénonce les communistes comme des traitres falsificateurs et donc en temps de guerre à éliminer. Même là il date, d'autres sont passé avant lui.

 

Comme notre tondeur de tête, pourvoyeur raté de peloton d'exécution se parfume de philosophie, qu'en pensent ses pairs ?

 

Il semble que sont de plus en nombreux ceux qui pensent que le philosophe est à l'aune de l'historien : de moins en moins si ce n'est ragoutant, du moins fréquentable. Même des gens dont la joute idéologique est le miel se distancient de ce composteur à déchet ultime.


Transition entre les communistes et les philosophes (qui parfois peuvent chacun être les deux, (note aussi cela Onfray), avec l'extrait suivant laissons lui la parole. C'est Onfray qui depuis Caen nous la joue Radio Paris" :

 

Alors qu’il y eut au total 4100 fusillés et que tous n’étaient pas communistes ; il présenta fautivement quelques noms de communistes comme résistants de la première heure (Tillion, Guingouin, Havez) alors qu’ils furent de bons soldats du pacte hitléro-stalinien ; etc. « Qu’avez-vous encore contre les communistes ? » me feront savoir nombre de mails ou de courriers que je sais déjà insultants… « Rien ». Rien contre les communistes, mais tout pour l’Histoire. Qu’il s’agisse de Freud et des freudiens, de Sartre et des sartriens, des communistes et de leur saga, le combat contre la légende et les mythes s’effectue moins « contre » que « pour » – en l’occurrence : pour l’histoire.

 

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L'oeuvre journal de la collaboration annopnce les fusillades de chateaubriant

 

Le lien se fait ainsi

Ecrit par Léon-Marc Levy sur "1 février 2013. Publié dans Philosophes,Philosophie"

 

L’imposture « philosophique » continue. Après Platon, Freud, Sartre, voici Sade. Et c’était après la Bible, Dieu et autres babioles. Le fonds de commerce est vaste et les perspectives marchandes alléchantes. La machine commerciale de M. Onfray porte un nom, l’imposture, et consiste en un procédé, attaquer l’un après l’autre les grands fondateurs de la culture occidentale. Non pas que M. Onfray ait en ligne de mire la pensée occidentale, ce serait une ambition défendable. Il n’a en ligne de mire qu’une chose : lui-même et les têtes de gondole de la philosophie des grandes surfaces.

 

M. Onfray sévissait encore l’autre soir et toujours chez son inséparable FOG (Franz-Olivier Giesbert), celui-là même qui l’avait poussé sur le devant de la scène « anti-freudienne » il y a quelque temps. D’approximations historico-philosophardes en contre-vérités et banalités affligeantes (« Il vaut mieux être heureux que malheureux » « il vaut mieux être heureux ensemble que tout seul » « commençons le bonheur par le faire au coin de sa rue »), notre géant de la pensée a fini par mettre le pourtant expérimenté et placide Jacques Attali hors de lui : il a fini par hurler qu’Onfray était affligeant de banalités éculées et un menteur, un menteur et un menteur ! A défaut d’un grand moment de pensée on a eu au moins un bon moment de télé et des bribes de vérité.

M. Onfray hait la philosophie. Cette haine est une évidence pour tout observateur, pour tout lecteur, pour tout auditeur ; il a tous les tics du mauvais élève de classe de philo : plutôt que l’abstraction, les références classiques ou l’argumentation logique, M. Onfray préfère l’exemple concret, la vulgarisation café du commerce, la philosophie « en bas de chez moi » comme dit Iegor Gran à propos de l’écologie.

L’apologie de l’ « hédonisme solaire » prend chez lui sans cesse les accents des pages de Marie-Claire «psychologie » ou du « manuel pour aller bien » : jouissez de votre corps, baisez bien, mangez bien, buvez bien et, au milieu de ce joli monde d’humains heureux enfin, on pourra construire l’amour et la fraternité. Et voilà. Quel dommage seulement que M. Onfray n’ait pas pensé et dit cela beaucoup plus tôt dans l’histoire de l’humanité, ça nous aurait peut-être évité quelques cauchemars terribles. En fait, M. Onfray est ce qui a manqué à l’humanité depuis ses origines. Mais enfin, maintenant il est là et l’âge d’or va pouvoir commencer.

Les fondements du système marchand d’Onfray sont en fait d’une grande simplicité et il faut, sans conteste, reconnaître au bonhomme un formidable talent dans ce domaine. La philosophie est une discipline à la fois fascinante et redoutablement difficile. Les deux choses allant d’ailleurs ensemble. Il y a donc une « clientèle » potentielle, un « marché » : tous ceux qui rêvent de philo mais s’arrachent les cheveux devant la difficulté à s’affronter aux vrais textes philosophiques. La lecture de Kant, de Spinoza, de Lévinas est un exercice difficile pour l’esprit. On peut comprendre l’aspiration d’un certain nombre à « entendre sans apprendre », vieux fantasme de l’humanité. Le créneau Onfray c’est de se tenir sur un vague territoire philosopheux (métaphysique, religions, questions sociétales, difficultés de vivre … ) et d’énoncer, sur ce territoire indéfini, des généralités hâtives et médiocres parce que jamais fondées sur un vrai travail d’analyse et de pensée. On connaît les grotesques axiomes de départ : le christianisme c’est pas bien, c’est le lit du nazisme (OMG comme diraient mes étudiants sur leurs SMS !). Où est l’énorme développement qui serait nécessaire à aboutir à une conclusion aussi … énorme justement ? Nulle part. Le raccourci est saisissant. Les apôtres annoncent Hitler, c’est moi qui vous le dis ! Et Platon Mussolini.

La ficelle est éprouvée, plus c’est gros et simple, plus ça marche. Et ça marche sur le « là, j’ai enfin compris … la philosophie ! » Ce n’est pas rien. Pas une bribe de pensée ou un concept. Non. La philosophie ! Le tour de passe-passe est dans le glissement subreptice et massif du « pas grand’chose » au « tout ». Onfray est un généralisateur systématique. Tous les systèmes de pensée, toutes les périodes de l’histoire des idées, ont toujours présenté, en même temps que de vraies avancées de l’esprit cela va de soi, de graves défaillances qui, à un moment ou un autre de l’histoire humaine,  se sont avérées effroyables. La pensée grecque a une coloration sélective et élitiste. La pensée juive autoritaire et brutale. Le christianisme normative et dictatoriale … Ca ne veut nullement dire que les Grecs sont eugénistes, les Juifs violents et sectaires, les Chrétiens « fascistes ». Oui mais alors, si on commence à faire dans la complexité, les nuances, le travail d’analyse, les clients de M. Onfray sont aussitôt largués et M. Onfray privé de fonds de commerce. Or c’est justement ça la philosophie : le territoire de la complexité, de la nuance essentielle, de la petite différence qui fait tout le sens de la pensée. « Les je-ne-sais-quoi et les presque rien » de Vladimir Jankélévitch. La « petite cassure » sémantique qui organise des mondes de Claude Lévi-Strauss. Le « détail infime » dans la machine qui explique une grande part du fonctionnement de la machine de René Thom. La position du philosophe c’est celle de Michel de Montaigne, celle du « je ne sais rien si ce n’est que je ne sais pas ». Celle de Jankélévitch, encore, du « philosopher c’est se comporter vis-à-vis de l’univers comme si rien n’allait de soi. »

Philosopher. Verbe actif, intransitif. Pas bon pour le commerce qui préfère les produits emballés, prêts à consommer, bouclés, ficelés. Donc LA philosophie. Tant pis pour Kant (cet ignoble précurseur d’Adolf Eichmann) qui disait « On ne peut apprendre la philosophie, on ne peut qu’apprendre à philosopher ». Ils sont tellement ennuyeux ces philosophes, pénibles.

Onfray a peur du débat. On le voit sur les plateaux de télé qu’il aime tant. Très à l’aise quand il est le seul invité (ce qui était le cas par exemple il y a un deux ans chez FOG à l’avant-sortie de sa charge sur Freud), le bonhomme est sombre, nerveux, agressif, injurieux dès qu’il a en face de lui un … philosophe. Pas de « l’université populaire de Caen ». Non, un philosophe, qui fait son petit boulot de philosophe : les classiques, la connaissance des grandes sources, une bonne maîtrise de l’épistémologie. Onfray est effrayé. A le voir vendredi soir dernier face à des gens qui ne semblaient pourtant lui en vouloir nullement a priori, on pouvait légitimement se demander où était son « hédonisme solaire », sa religion de la jouissance, son culte du bonheur individuel et collectif, plus simplement sa joie de vivre. « Je réponds pas à ça, c’est nul … » « La phrase est sortie du contexte, c’est minable … » (ah les « phrases sorties du contexte » !! Que deviendraient nos bateleurs intellos ou politiques si ce merveilleux moyen d’escamotage n’existait pas !)

Pas de panique. Les marchands passent, les grands moments de la pensée humaine restent. Pas tels quels bien sûr. Ils restent en se combinant à d’autres strates, à des regards différents, à des synthèses nouvelles. Mais ils restent, parce qu’ils ont été féconds, fondateurs d’un élan, d’une lumière dans l’histoire humaine. Il en est ainsi de Freud par exemple. Les techniques cliniques avancent, se diversifient, la neurologie aussi, la pharmacologie pourquoi pas. L’analyse des discours même. Des courants viennent enrichir, compléter, adapter la révolution viennoise. Mais Freud est là, à jamais, comme un moment de lumière.

Le seul moment que nous offre M. Onfray, c’est, dans le meilleur des cas, un moment de franche rigolade à la télé. Et encore, il faut être de bonne humeur.

Finalement, La Canaille sera moins patient avec Onfray que l'est son collègue devant son mépris du droit à chercher à penser le monde. (La Canaille ne revendique que celui là, pas celui de donner des clés pour le comprendre). Onfray n'est qu'un fusilleur de la pensée, un auxiliaire de milice idéologique. Un Pol Pot de l'intelligence. 

 

 

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