Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Les prix du déshonneur

 

http://photo.europe1.fr/divertissement/culture/academie-francaise-488443/8606119-1-fre-FR/Academie-francaise_scalewidth_630.jpg

 

Descendant vers la seine, il y a Marceau et Marceau.


Le faubourg St Marceau, révolutionnaire et populaire du 13ème arrondissement qui renforçaient St Antoine pour prendre la Bastille et, on ne parlera pas nonplus de Marcel qui toujours a été du côté des faubourgs, mais de l'autre.

Marceau Félicien, écrivain, académicien de Neuilly mort, ce 7 mars, à l'âge de 98 ans (comme l'a indiqué Antoine Gallimard, le PDG de la maison Gallimard qui l'éditait).

Félicien Marceau, de son vrai nom Louis Carette, né le 16 septembre 1913 à Cortenberg (Belgique), fait ses études au collège religieux et à la faculté de droit de Louvain. Chroniqueur à la radio-télévision belge à partir de 1936 et jusqu'en 1942 – sous l'Occupation allemande – il s'exile en France à partir de 1944 qui aura plus de mansuétude que sa Belgique natale pour sa collaboration. Celle-ci lui vaut d’être –en Belgique- condamné par défaut à quinze ans de prison en 1946. Marceau ne purgera pas sa peine.

Il entrera en 1976 sous Giscard à l’Académie française, au fauteuil de Marcel Achard, créant un immense scandale... en Belgique, où l’on n’oubliait pas sa condamnation. Sursaut de civisme peu suivi, cela provoquera ici la démission de l’Académicien Pierre Emmanuel.

Marceau, un Réac qui menait une littérature fusionnelle avec un autre ultra réac patenté lui aussi académicien, Déon. Des échanges dont les références suent la réaction raciste et rancie («Face à Senghor, faut-il pousser Bodard, Curtis, ou Laurent ?) Choix où les idées d'autant plus qu'elles étaient brunissantes primaient sur un éventuel talent littéraire.

Des sentences qui fleurent les salonards de la droite aux aboies où les jeux rituels des prix littéraires usent foies et artères, donnent de la goutte, certes, mais servent à aider des amis « dans la panade » comme Jacques Laurent ou Thierry Maulnier. Une filière à bicorne rassemblant toute sorte de gens qui vont au théâtre les soirs de générale pour au buffet échanger en mémoire du "maréchal" faisant courir dans Paris l'idée de l'existance d'une filière d'habits vert de gris sous la coupole presque plus efficace que la "caténa vaticane".

Preuves que les couronnes ne coiffent que rarement les gens bien, si l'espoir n'a pas de prix, les idées réactionnaires en ont un : ce type a reçu l'Interallié (1955), le Goncourt (1969), le grand prix de la société des auteurs et compositeurs dramatiques (1975), le prix Jean Giono (1993) et le prix Jacques Audiberti pour l'ensemble de son œuvre (1994).

Certains parmi les Zofficiels sont attristés. Comment s'étonner ensuite que de la fange puisse dans la période ressurgir un Brasillach ? 

On attend avec curiosité l'inventaire des participants aux obsèques.


http://4.bp.blogspot.com/_ZcPpr_F27jw/TJ4UQfCeNzI/AAAAAAAAPO0/s9llt44pvd4/s1600/ane_bibliomane.bmp 

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article