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1er juin, Marseille, l'Espoir.

 http://rougemidi.fr/IMG/jpg/manif01062013-2.jpg

L'espoir, oui. Et s'il venait de cette partie du sud qu'on appelle "les quartiers nords" ?

 

Canaille le Rouge avait déjà mis en forme ce qui suit quand "Rouge Midi" a toqué à la fenêtre de son écran.

 Tout de suite lui emprunter une de ses photos pour faire le chapeau de ce p@pier, vous donner le lien le 1er juin Rouge Midi" ici pour que vous en profitiez. A sa lecture, La Canaille ne change pas un mot du sien, celui de Rouge Midi vous donnant son encrage et son rehaussement populaire. 

Là, nous ne sommes pas dans le hors sol. Ni dans le terroir folklorico réactionnaire. Nous sommes au cœur de ce qui fabrique de la France et son vrai visage quand tout part de la réalité et de la primauté au mouvement populaire

Pas d'angélisme, non. Ni d'idéalisation. Mais le constat que la colère construite de dignité, de volonté citoyenne et de rejet à la fois du clientélisme et des vapeurs toxique du FN sonne clair.


Entendre ces femmes exiger, chanter, crier leur exigence de services public pour leurs familles leurs enfants montre à la foi le terrain de lutte qu'elles ont choisie : la contestation frontale d'une organisation politique au service des affairistes de la rente et des mafias qu'ils génèrent, et montre aussi la forme de rassemblement hors des appareils compromis et ceux qui ne proposent pas d'alternative tant ils accompagnent ou sont soumis au partisans de l'alternance.

 

Restons mesuré. Si une hirondelle ne fait pas le printemps surtout si elle est vue en décembre. Son existence rappelle qu'il existe autre chose que l'hiver social et politique.

 

Certes, la demande d'un plan Marshall pour les citées fait partie des pertes des repères tant ce genre de solutions a montré ses conséquences néfastes. Mais l'exigence de mesures fortes, spécifiques qui répondent à la détresse installée volontairement par 50 ans de pratiques dont le grand banditisme est plus la boussole que l'appel à l'intervention citoyenne est un signe fort, positif. C'est là que réside l'espoir.

 

Ces premiers milliers d'habitants des quartiers nord de Marseille ont manifesté, ce samedi 1er juin, pour dénoncer la violence qui frappe les cités et exiger des mesures concrètes, immédiate pour cette partie de la ville dont la misère à des causes, dont les causes la gangrène sont depuis des années dénoncées. Les agences parle d'un "défilé très bon enfant mais emprunt de gravité. Les parents d'enfants victimes de règlements de comptes ouvrant la marche".

 

Les paroles (La Canaille n'a pas entendu la musique, seule la presse écrite à rapporté) de ce qu'en guise de coup d'envoi de la manifestation les mères de famille de la cité La Savine ont chanté) sont belles et forte. Un texte qu'elles avaient composé :

"Ils n'ont jamais eu de travail, ils ne savent même plus sourire. Il n'y a même plus d'espoir dans leurs yeux si grands. Les enfants de nos quartiers embarqués sur un navire qui n'a plus ni voile ni avenir attendent le vent..."

 

Plus préoccupé par les jeux de tripot que se joue l'UMP avec ses primaires- non pas parisienne mais de la bourgeoisie des beaux quartiers de la capitale (ce n'est pas la même chose)- la presse ignore ce qui se passe aujourd'hui à proximité du vieux port.

 

Le Monde rend compte ainsi :

"Porte-parole du Collectif du 1er juin, Yamina Benchenni a résumé la philosophie de ce mouvement : "On ne veut plus pleurer, on ne veut pas plier. On veut s'organiser pour que les choses changent véritablement". Les mères de famille et les adolescentes composaient l'essentiel de la marche, les jeunes arborant des banderoles : "Font Vert, stop à la violence" ou énumérant simplement les noms des cités.

"LA MARMITE BOUILLAIT DEPUIS UN MOMENT"

Le Collectif du 1er juin s'est structuré depuis la fusillade de la cité Les Bleuets, un mercredi en milieu de matinée. Le 13 mars, sous les yeux des habitants et des enfants de la tour K, deux jeunes hommes ont été assassinés à la kalachnikov et un troisième blessé. "La marmite bouillait depuis un moment, explique un militant. Les mamans disaient qu'il y en avait assez de pleurer dans les marches blanches et qu'il fallait faire quelque chose".

Les mères de famille du collectif se connaissent pour s'être fréquentées tout au long de la scolarité de leurs enfants. Elles sont rejointes par des militants associatifs, directeurs de centres sociaux, éducatrices dont certaines, telle Yamina Benchenni, avaient pris part à La Marche pour l'Égalité et contre le racisme de 1983. Une plateforme de vingt-trois propositions concrètes se bâtit à partir de multiples rencontres et réunions.

Dans le sillage de la souffrance née de la mort violente de garçons souvent très jeunes s'exprime "un sentiment de ras-le-bol des réponses pas du tout adaptées "à des questions comme le chômage, le décrochage scolaire, la formation. "Il y a quelque temps, raconte Fatima Mostefaoui, j'apprends qu'il reste huit places en formation Greta au lycée Diderot. J'y emmène deux jeunes intéressés. Mais il faut passer par la mission locale. Les obstacles administratifs ont fait qu'un des jeunes a abandonné le projet, le second est en prison".

 Important ce paragraphe qui fait l'architecture d'un mouvement qui s'assemble et peut porter loin mais sans l'éclairage de Rouge Midi, nous passerions à côté de l'essentiel : un mouvement qui a des racines et qui contre vent magouilles et marées continu de s'ancrer :

 

"Pour celles et ceux qui l’ont vécu, on se serait cru il y a 10/20 ans en arrière, quand le comité chômeurs mobilisait pour la prime de Noël, les transports gratuits, le logement, l’emploi ou autre revendication populaire. Mêmes quartiers, même diversité, même exubérance tout à la fois grave et joyeuse et…souvent mêmes manifestantes accompagnées de leurs enfants qui prennent aujourd’hui le relais. Ce n’était donc pas une première comme disent certains."

L'article du Monde nous précise :

        Accueillis dans les rangs de la manifestation, les élus ont été invités à ne pas occuper le "carré de tête" réservé aux mères de famille et à ne pas porter d'écharpe tricolore. Le clientélisme est dénoncé par le collectif comme un mal endémique des quartiers nord. "Pour voir leur demande de logement avancer, certaines familles seraient prêtes à aller coller des affiches", raconte Yamina Benchenni, selon laquelle "on est pris en étau. D'un côté on a le clientélisme, et de l'autre le Front national qui a déjà proposé des milices. Si on dénonce l'un, ça fait monter l'autre".

La condamnation récente de Sylvie Andrieux, députée (PS) de ces quartiers, pour avoir détourné des subventions du conseil régional à des fins clientélistes illustre "ce que nous vivons au quotidien". Les jeunes y ajoutent leur écœurement d'avoir vu "se gaver" les policiers de la brigade anti criminalité nord dont une vingtaine sont mis en cause pour corruption, vol et trafic de stupéfiants.

Débutant par "Nous souhaitons", les vingt-trois propositions du collectif ont été remises à l'issue de la manifestation aux préfets à l'égalité des chances, Marie Lajus, et de police, Jean-Paul Bonnetain.
La principale demande vise "la mise en place d'une instance officielle de dialogue et de travail permanent au plus haut niveau""Ni victimes, ni complices, nous souhaitons être des acteurs de notre avenir" ont expliqué les membres de la délégation.

Certaines demandes sont qualifiées d'urgentes comme l'ouverture cet été des piscines, des gymnases, des terrains de sport, la gratuité des transports pour les jeunes pendant les vacances d'été ou encore l'interdiction de vente d'alcool dans les épiceries de nuit, "véritables sas de contamination pour les jeunes". Des mesures sont sollicitées en matière de soutien scolaire, d'égalité face aux services publics entre quartiers nord, pauvres, et quartiers sud, aisés, de réactivation des Points écoute destinés à la lutte contre les toxicomanies, une meilleure prise en charge de la maladie mentale...

Face au constat que "les ados sont durs" et au nombre important de familles monoparentales, le collectif considère que l'ordonnance de 1945 sur la protection des mineurs doit être largement utilisée pour que "les jeunes qui cèdent à l'attractivité des réseaux et en subissent ensuite l'emprise soient protégés et leurs familles soutenues". La promesse est faite de rester mobilisés après cette marche car "la seule intervention répressive et pénale - actuellement en cours dans les différentes zones de sécurité prioritaires - ne peut répondre à la situation, même si elle démontre une certaine efficacité".

Luc Leroux

 

Ce sont parmi eux que vont se tenir les Assises du Communisme. Loin des salles au plafond enluminés des ors du sénat, de ces salles dont ceux qui les fréquentent ne connaissent de "Cité" que le nom de la station de métro pas très loin et du monde du travail que ceux qui passent y les nuits pour y faire le ménage. La Canaille est certains que les Marseillais présent à la préparatoire des assises partageront cet avis.

 

Quelle riche idée ils ont eu de permettre à ce qu'elles se tiennent dans ce terreau là. 


Sans peut-être qu'ils en aient conscience et certainement à coup sur pour un grand nombre des plus jeunes d'entre eux cette journée et ces actions là vont faire plus et mieux que bien des joutes oratoires ou épistolaire à propos des assises du communisme. Ils leur ont donné à la foi le cadre et le coup d'envoi.

 

Pour les participant, et ce sera certainement le cas pour le plus grand nombre d'entre eux, à condition qu'ils s'inscrivent dans les réflexions et débats ce 1er juin où le Peuple donne le là donne la piste.

 

Être communiste en 2013 ce n'est pas dire "venez me soutenir je travaille pour vous" c'est avoir la modestie de se mettre au service de ces actions et non d'aller expliquer à ceux qui les mènent le pourquoi ils ont raison de les mener. Ils le savent déjà.  Construire le communisme d'aujourd'hui c'est mettre à disposition ses compétences pour se défendre et les défendre face çà ceux qui maitrisent les leviers et en usent comme outils et réseaux de domination. Faire connaître ce que font les habitants des quartiers de la misère non comme modèle d'exportation mais comme appel à ce que chacun où il se trouve engage ses combats à partir de ce qui y fait la réalité de la crise et appelle à la combattre. 

Plutôt que laisser seul Julien clerc exploser la sono du cortège chanter à fond les décibels dans des manifs où on convoque, écouter les paroles et... se rendre utile.

 Sans s'emballer et en restant lucide, peut-être bien qu'une suite à La Marseillaise s'est ébauchée ce premier juin après midi : 

Ils n’ont jamais eu de travail 
Ils ne savent même plus sourire 
Il n’y a même plus d’espoir dans leurs yeux si grands 
Les enfants de nos quartiers 
Embarqués sur un navire 
Qui n’a plus ni voile ni avenir 
Attendent le vent 
(...) 
Chez nous la jeunesse succombe 
Là-bas la richesse avance 
Plus vite que la colombe 
Dans un ciel d’indifférence

 

Dit avec d'autres mots, d'autres rythmes mais le même cri de classe que l'Internationale le debout les damnés de la terre ne percute-t-il pas ce "Y en à marre" qui pas qu'à Marseille sillonne de plus en plus fort les cortèges ?

 

 

 

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