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Fichage social et logements policés ou les "faiblesses d'un big brother" pris la main dans le sac [♫ ♫]

 

http://img.clubic.com/01952352-photo-vie-privee.jpg

 


Le syndicat CGT des personnels de l'OPH de Paris réagit aux annonces par la CNIL de la découverte d'une structure interne à l'office organisant des fichages des locataires.


A peine sortie de la glue de la cour des comptes, pan maintenant, la poix de la CNIL. Comme sont nom l'indique, la poix c'est poisseux.


C'est vrai que la CNIL a trouvé de drôles de choses sous le couvercle:


Cela commence benoîtement :

Après enquête, il s'est avéré que des gardiens avaient effectivement accès au "compte locatif" des personnes résidant dans l'immeuble auquel ils étaient affectés, ainsi qu'à des informations relatives aux locataires d'autres immeubles de l'OPH Paris-Habitat. Or, constate la CNIL, "seules les personnes travaillant au sein du service chargé de la gestion locative peuvent avoir accès à ces informations personnelles".


Et puis une accélération :

Les contrôles ont également révélé d'autres "manquements", en l'occurrence la"collecte de données subjectives sur les locataires" ou de "données d'infractions"("alcoolique""violence conjugale""ancien SDF addiction boisson""n'est pas de nationalité française""personne très difficile à vivre, de tempérament agressif et violent très procédurier"). Des informations relatives à la santé des personnes ont même été trouvées : "séropositif""cancer""cardiaque""sous chimiothérapie","Alzheimer""aveugle""maladie de Parkinson""pathologie respiratoire et chronique""dépression hôpital psychiatrique""fils cancer, Mme malade des poumons""cancer des intestins, opération du cerveau".


Fichage illégal structuré autour de critères qui feraient passer la DCRI pour de braves auxiliaires de dames patronnesses.  


Il apparaît donc que pour reprendre les propos de deux présidents successifs de l'office qui s'indignaient que l'on puisse suspecter la vertu de leur pratique sécuritaire, interpellant les administrateurs représentant les salariés parisiens et de l'office : "nous n'avons pas l'intention d'installer la STASI rue du cardinal Lemoine".


Donc pour tenir parole, ils ont à grand frais changé d'adresse.


Il est vrai que choisir les directeurs généraux parmi un viviers de préfets, sur des critères d'efficacité policière ne manquerait pas de conduire à ces limites de falaise ... où l'office vient de déraper.


Toute pratique est aussi révélatrice de la théorie qui la guide.


Dès lors on a les "STASI"   de ses objectifs.


A juste raison les salariés de l'office réagissent : 



 

12 02 03 CGT P OPH 75
La moisson de la CNIL donnera ce vendredi matin des effets évidents dans la presse.
En particulier la Une du Parisien, Europe etc..
Notre syndicat n’a pas manqué de dénoncer les dérives d’une politique largement
inspirée des thèses du “zéro tolérance” de l’avant dernier Grand Maître du GOF, 
thèses trop largement partagées par des membres du PS.
Il faut être clairs, peu d’organisations ont écouté ces dénonciations. Leurs valeurs 
ne semblent pas être les nôtres.
Ce sont pourtant de libertés citoyennes qu’il s’agit, surtout lorsqu’il s’agit des locataires 
du plus grand bailleur de logements sociaux.
Forcément, la CNIL n’ira pas plus loin que de contraindre l’Oph à la destruction des bases
de “confinement” des informations collectées par ses personnels : gardiens ou chargées de 
gestion locatives.
L’attitude adoptée par la nouvelle direction de Paris Habitat consistera bien sûr à ne dénoncer 
que l’insouciance de certaines collaboratrices à noter quelques informations pas du tout anodines.
La CGT a exprimé très tôt son hostilité à l’embauche des 2 spécialistes, membres du GIGN 
à la retraite qui, en plus de venir palper de sympathiques compléments de rémunération 
à l’Oph, sont venus y apporter un savoir faire authentique. Selon l’adage de la précédente 
direction générale, il faut prendre les compétences là où elles se trouvent.
De ce fait la surveillance de la tranquillité résidentielle, la traque des comportements inciviles 
sont du ressort d’une Usine à gaz dont la CNIL n’a soulevé que le bout de la moquette qui 
la dissimule encore. Constatons avec ironie que le secrétaire d’une section socialiste se retrouve  
entortillé dans la mise en place de ces dispositifs.
Car la directrice du service de la Cohésion Locative, s’est montrée fort disserte, dans la présentation 
de son service et de son fonctionnement. Aucun document papier n’a été distribué, aucune 
réponse aux questions d’éthique. Il est sûr qu’un service qui va peut-être s’occuper de fichiers 
et d’interconnexions entre structures sociétales de contrôle social, n’est jamais trop prolixe sur ce 
qu’il ourdit dans le silence requis !...
Lors de la présentation de ce nouveau service aux partenaires sociaux, nous n’avons pas 
été étonné d’entendre, dans l’ambiance, certains d’entre ces derniers parler de constitution de milices...
Il reste que le service de la “Cohésion sociale” établit une fédéralisation des sources 
d’observations, de surveillances sociales. Nos retraités du GIGN sauront forcément privilégier 
des contacts privilégiés avec leurs collègues en activité. Intégrer en outre les autres partenaires sociaux,
c’est forcément favoriser l’élaboration d’un fichage plus pointu des locataires “incivils”.
La question reste pendante : la CNIL a-t-elle enquêté sur la seule plainte émise sur le groupe 
Curial ou bien est-elle allée fureter vers la “Cohésion Sociale” ?
Y aura-t-il une seconde enquête ?
En dernier ressort qui dira si l’activité politique ou syndicale peut-être considérée comme incivile 
par des personnages qui n’ont pas nécessairement le label à le faire !

http://www.francesoir.fr/sites/default/files/dynimagecache/0/4002/2844/0-0-4002-2844-494-351/ascenseur.jpg

 

 

 

La réaction de la direction de l'office, piloté de très près par l'adjoint au maire de Paris chargé du logement est d'une candeur d'autant plus troublante que pas un mot n'évoque la situation des "spécialistes" au CV très marqué, ni à l'inadéquation de leur profil aux objectifs d'un bailleur social : Bizounours au pays de Cand..ide.

"Quelques salariés, dans l'intention bienveillante d'avoir un suivi attentif et adapté, ont cru bien faire en enregistrant (...) des informations données par des locataires qui exprimaient un besoin d'aide sociale. Ces enregistrements, effectués sans qu'aucune instruction n'ait été donnée en la matière, n'avaient pas lieu d'être"

 

Quant à la réaction de l'opposition municipale déclarant :

"il ne s'agit pas de cas isolés mais bien d'un fichage massif et précis des locataires du parc social",

 

La Canaille, frimas aidant en a éternué de rire se rappelant comment la politique de recrutement des gardiens d'immeubles sous Chirac, assorti d'une casse du statut des personnels de l'office pour ne pas passer par les recrutements au sein de la fonction publique territoriale avait fait de ceux-ci les ilotiers, distributeurs de tracts, colleurs d'affiches, chasseurs de rouges et rabatteur de l'UNR puis du RPR. Les luttes des personnels poursuivies sous Tibéri avait imposé des reculs à ces pratiques. 


La Canaille, alors jeune militant de la JC, se souvenant comment dans son 13ème, avec ses potes, il avait mis de la teinture rouge  dans la colle pour que les mains du gardien de sa cité temoignent de la justesse de ces accusations. Le renard de l'UNR y ayant gagné durablement le surnom de Goupil (parce que mains rouges, évidemment)  qu'il conserva même après une mutation précipitée organisée alors par la direction de l'office.


Il est vrai que la droite aux affaires à Paris ne disposait alors pas des facilités de l'informatique maintenant sur le marché.

 


 

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