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Et l'acier fut une fois encore trompé. Arcelor Florange ; la colère

 

 http://blogs.lexpress.fr/pantheon-foot/wp-content/blogs.dir/923/files/2012/12/Florange-lanuit.jpg

      la nuit tombe sur Florange mais les sirérurgistes gardent la lumière sur leur casque



Mittal avec l'aide du pouvoir vient de sceller la fin des hauts-fourneaux de Florange.


 

Deux ans d'une lutte intense pour leur survie.


 

Des formules qui paraissent à l'emporte pièce mais qui ne sont que l'aboutissement de l'expérience. Les agences donnent en vrac les réactions : 


 

« C’est la mise en bière de la filière liquide », (Frédéric Weber, FO), avant de s’engouffrer avec ses collègues dans le vaisseau amiral du sidérurgiste, dans la vallée. Jean-François Marchal (CGT) gronde contre ce gouvernement « qui a abandonné Florange à des financiers ». Walter Broccoli (FO) tempête : « Mittal, ses 16 milliards dans sa poche, on va les lui faire cracher pour l’emploi. Ne lâchons rien ! »

 

Un mot d'ordre fait l'unanimité : « Hollande n’est pas le bienvenu ».

 

Venu chercher des voix, une fois élu comme le premier Sarkozy venu il les laisse tomber après avoir fait allégeance au Medef et à l'UIMM.


 

Le "CE solennel" du jour dure à peine une heure. Le temps pour les représentants des salariés de rejeter à nouveau, d’une seule voix, le plan industriel d’Arcelor Mittal, - déjà largement critiqué par le rapport de l’expert du CE pour son manque d’anticipation d’une éventuelle reprise de la demande.


 

Une prise parole pour acter leur refus mais Mittal sait qu'en plus d'avoir L'UIMM et le Medef avec lui il n'aura pas le gouvernement en face bien au contraire et le PS va semer le doute et la résignation pour le laisser agir, Berger va tenter de tordre ses troupes.


 

De retour au siège local du groupe, plus que de l'émotion lourde. « C’est une page qui se tourne Même la direction l’a reconnu. On perd les derniers hauts-fourneaux de Lorraine. C’est une journée de deuil » , souffle le délégué FO, demandant une minute de silence à ses camarades. Oui, il enterre.


 

Les de Wendel, Schneider et autres ne fréquentent pas pôles emplois, leur mobilité est choisie et non contrainte. Ils sont inconnus sur les listes du secours pop ou du restau du cœur. Ils sont toujours généreux donateurs du secours catholique, coorganisateur du téléthon, soutien du club de foot. Mais les premiers à embaucher des vigiles pour protéger les destructeurs de l'outil industriel de la volonté de le maintenir de ses vrais défenseurs : les sidérurgistes.


 

Intelligence du Capital, ils ont pressé le citron et jugé bon quand les gérants loyaux sont aux manettes de purger le circuit et de partir. La filière acier s'est fait sponsoriser fiscalement, subventionner deux fois, renflouer par la collectivité pour préserver les caisses quand elles commençaient à s'assécher par les ponctions des actionnaires avant que de rebond en rebonds Mittal viennent finir la curée. A chaque fois les socialistes se sont couchés devant les exigences des maitres de forges.


 

Même pour l'avenir immédiat, malgré les promesses -quel crédit leur accorder ?- les craintes restent vives.

 

Avant l’audition de Lakshmi Mittal par l’Assemblée nationale, certains souhaitent que les élus posent la question d’un éventuel « plan B » du groupe sur la filière packaging, au-delà des cinq prochaines années bordées par l’accord avec le gouvernement. Aucun qui ne sursaute pour penser qu'un plan B sous-tend que le A en était un. Oui s'il s'agit de gaver l'actionnaire proprio, non s'il s'agit d'une solution industrielle.


 

Une seule question n'arrive pas à percer : existe-t-il une solution industrielle durable dans le cadre de cette société.


 

À défaut de prise immédiate sur la stratégie industrielle, et alors que s’ouvre la négociation sociale, les syndicalistes pointent la responsabilité historiques des choix politiques dont ceux des titulaires actuels des manettes, le PS, ses dirigeants locaux et nationaux dont ceux issus de Lorraine (insuffisamment mouillés selon La Canaille) avec au premier rang, normal, Zapatayrault et, surtout, Blummollet.

 

C'est le délégué FO qui craque : « On a été trahis ». Il « met en garde (une nouvelle fois comme FO depuis 60 ans) contre toute nouvelle fausse promesse ». Il dit pressentir que François Hollande pourrait revenir en Lorraine « en s’appuyant sur un hypothétique projet de recherche sur de l’acier propre. Mais regardez ce qu’il est advenu d’Ulcos ! Hollande n’est pas le bienvenu pour l’instant »...pour l'instant. Pour l'instant ? 


 

Il parait que Blummollet craindrait de voir graver son nom sur une plaque similaire à celle de Sarkozy à Gandrange. Comme si cela lui faisait peur. «La plaque serait prête. Même promesse non tenue, même punition. Aujourd’hui, on parle de moralisation de la vie politique, qu’ils se l’appliquent à eux-mêmes » , s’empourpre encore le syndicaliste. Rouge au cœur ou rouge au front ? 

 

Ce bout de marbre noir planté dans la pelouse est-il la seule possible quintessence unique de la colère ouvrière ?


 

A ce compte autant aller travailler jusqu'à la fin pour Mittal avec un bandeau blanc pour dire qu'on est pas content.....cela économisera à Mittal d'embaucher des vigiles.

 

Il serait étonnant que cela soit la piste que prendront les sidérurgistes de la CGT. On peut sans hésitation leur faire confiance.

 

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