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Espagne : Pour échapper à la justice, condamnez le juge ![♫ ♫]

 

http://www.google.com/hostednews/afp/media/ALeqM5hlDAG2CWLnOyzfGpDvKI7sUpoXpg?size=l

 

 

La Canaille relaie une pétition pour exiger que la justice espagnole mène à son terme la traque contre les crimes du franquisme.


Voici les liens pour avoir son texte la pétition ici,

Les auteurs ont mis un site en route  : le texte de l'association et la revue de presse ici .


 

L'enjeu est de taille. C'est comme si en France on avait condamné les magistrats instructeurs du dossier Papon pour empêcher que soit connue la collaboration zélée d'une part de la très haute administration mise à l'abri durant un demi siècle par les successeurs de Vichy.  Ils s'agit de crimes contre l'Humanité et donc ne s'arrêtent pas au sud de Pyrénées 


Le juge Garzon, que la réaction espagnole ne pouvait plus hazebroucker comme en France  il encore est possible au pouvoir de le faire y compris par le jeu des promotions obligatoire, a été mis sur la touche par des mesures juridiques que tous les démocrates contestent.


Jean Ortiz cadre le débat.


 

C'était couru d'avance; le juge Garzón a été tué professionnellement au terme d'un procès cousu de fil blanc et rose. Neuf juges unanimes, et tous n'étaient pas de droite, lui ont interdit d'exercer sa profession pour avoir "violé" le secret des conversations entre avocats et prévenus emprisonnés, dans le cadre du plus grand scandale politico-financier qu'ait sans doute connu l'Espagne: l'affaire Gürtel. Des millions d'euros de détournements, de pots de vin, de commissions... Un scandale de financement illégal d'élus de premier plan et de dirigeants du parti conservateur (aux actuels relents néo-franquistes), le Parti Populaire.

La pratique d'écoutes avait pourtant été validée par le procureur. L'un des accusés les plus emblématiques, l'ex-président de la Communauté valencienne (Francisco Camps), présenté par les médias progressistes comme un ripoux cinq étoiles, flambeur et condescendant, a été blanchi par un "jury populaire"... valencien. Le juge Garzón, qui a le premier instruit cette trame gigantesque de corruption a, quant à lui, été condamné. "Un mundo al revés". Il sera désormais difficile en Espagne de combattre la corruption. Les jeux étaient faits d'avance, et le rideau de fumée médiatiquement érigé en diversion.

Car c'est en réalité pour d'autres raisons que le juge a été sanctionné... Un deuxième procès l'attendait, ses accusateurs, Mano Limpia et Falange española, deux groupuscules fascistes, dénonçaient la "prévarication" de ce juge tellement gênant, pour avoir, notamment, en octobre 2008, décidé d'enquêter sur la répression franquiste, de la qualifier de "crimes contre l'humanité", donc imprescriptibles, et de mettre en lumière l'existence d'un plan systématique, prémédité, appliqué méthodiquement, d'élimination de l'Espagne républicaine.

Dans son ordonnance de l'automne 2008, répondant à la demande des familles de victimes, des associations mémorielles, Garzón et ses conseillers, les historiens reconnus Julián Casanova, Francisco Espinosa..., évaluèrent à une fourchette comprise entre 100 000 et 150 000 le nombre de républicains "disparus", qui gisent encore dans des fosses communes, et soulevèrent le scandale des enfants volés (30 000) par les franquistes à leurs familles républicaines, pour les "rééduquer". On se souvient qu'un mois plus tard, le juge dut s'auto-dessaisir avant de l'être par Tribunal Suprême et la "Audiencia Nacional". Le franquisme, encore enkysté dans l'appareil judiciaire, réagit à la hauteur de la menace présumée. En réalité, depuis longtemps, les deux grands partis politiques majoritaires ont des comptes à régler avec le juge, et une sorte de consensus s'est créé pour sa mise à mort professionnelle.

Ouvrir les dossiers des disparus, des enfants volés, des "crimes contre l'humanité" du franquisme, c'est selon la rapporteuse spéciale de l'ONU sur l'indépendance des juges et des avocats, Gabriela Knau, "être cohérent avec les obligations de l'Espagne d'enquêter sur les violations des droits de l'homme selon les principes du droit international". Cela suppose donc de remettre en cause la loi "d'auto-amnistie" et d'impunité de 1977; elle verrouille tout jugement contre le franquisme, et perpétue la "transition sans rupture", la pseudo-réconciliation sur la base de l'oubli imposé.

Parti Populaire et PSOE (Parti socialiste ouvrier espagnol) ont compris que la démarche de Garzón mettait en cause toute l'architecture d'une "transition" frelatée, d'une démocratie bancale, qu'ils ne veulent pas remettre en question. On sait que les secteurs économiques dominants, la finance, les tortionnaires, beaucoup de juges, de militaires, d'évêques, se sont convertis à la démocratie en une nuit. Ce qui m'a frappé en Andalousie, lorsque nous avons ouvert la fosse commune de Santaella, c'est que nombre de dirigeants socialistes d'aujourd'hui, sont issus de familles de "vainqueurs", qu'ils ont tourné la page du franquisme sans vraiment la lire, et que les "intérêts créés" font que la "classe politique" ne veut ni vérité, ni justice, ni réparation pour les victimes du franquisme. 300 000 familles républicaines ont été spoliées de leurs biens; ils ont enrichi le patrimoine de banques, de grands propriétaires, de caudillos phalangistes, etc. Toucher à "la transition consensuée" peut aboutir, et les uns et les autres n'en veulent à aucun prix, à contester le système économique et la légitimité d'une monarchie, enfantée par le dictateur, qui voulait laisser "tout bien ficelé".

Jean Ortiz, Universitaire

http://www.lexpress.fr/medias/1675/857718_des-partisans-du-juge-garzon-se-mobilisent-pour-reclamer-le-droit-a-la-justice-pour-les-victimes-du-franquisme-le-13-janvier-2012-a-madrid.jpg

 

Certes et les Basques qui ont subit la répression de l'état espagnol ne porte pas Garzon dans leur coeur. Mais la question qui est posée est simple : la droite espagnol, le capital l'église, les piliers de la monarchie bénéficieront-ils d'un traitement politico-juridique de faveur ? 


Garzon, juge a instruit contre l’ETA, les GAL, mais aussi contre Pinochet, il a enquêté sur les scandales financiers du PSOE de Zapatéro et du PP d'Aznar, à toute cette délinquance financière et immobilière en col blanc. S'il s'en était tenu qu'aux premiers il serait adulé mais pas touche aux autres d'où la mise à la trappe.

 

Pour info la condamnation de Garzon a créée de l'enthousiasme dans les milieux politico-corrompu qui outre le champagne, la semaine dernière ont sabré les manifestants à coup de matraques.

 

les godillots du Caudillo rêvent de reprendre du service.

 

Le fascisme en Espagne c'est cela : 

http://static.ladepeche.fr/content/photo/biz/2012/01/27/201201271718_zoom.jpg

 

 

 


 

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