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Dossier amiante seconde partie

 

http://www.lepoint.fr/images/2012/02/12/casale-monferrato-amiante-italie-proces-502811-jpg_343760.JPG

Suite de la revue de presse commencée  ici  Amiante dossier de presse

LA PRESSE DE LA MANCHE

04/02/2012

Journée mondiale de lutte contre le cancer
Un diagnostic accéléré du cancer de la plèvre

Depuis environ trois ans, un dispositif international de diagnostic a été mis en place à l'initiative de professeurs du CHU de Caen. Il permet de diagnostiquer un cancer de la plèvre en vingt minutes lorsqu'il fallait cinq mois auparavant.

On l'appelle aussi mésothéliome pleural. C'est une forme de cancer quise développe dans 80 % des cas chez les hommes exposés à l'amiante. Mais il touche également des femmes qui n'y ont pas été exposées. Pourquoi le développent-elles ? Les spécialistes s'interrogent encore sur ce point. Cela reste malgré tout un cancer assez rare, avec 825 nouveaux cas en France chaque année.


 Il y a en fait plusieurs structures de diagnostic. Dans les années 90, le professeur Françoise Galateau-Sallé, responsable du service anatomopathologie, participe à mise en place de Mésopath, un réseau de quinze experts français. Il permet d'uniformiser les pratiques de prélèvement et les pratiques anatomopathologiques. Le professeur de Caen met également en place une procédure de certification commune à tous les praticiens de France, ce qui facilite les échanges.


En treize ans, 2506 cas ont été diagnostiqués sur le territoire, dont 256 en Basse Normandie.


En 2006, Mésonat est créé par le CHU de Caen. C'est un registre des différentes formes de mésothéliomes pleuraux. Il est rendu possible par les travaux d'unification de références fournis par Mésopath. Rapidement, grâce au large panel de population représentée, ce système devient l'un des plus importants registres des mésothéliomes pleuraux au monde.


Dans cette dynamique, en 2009, le CHU de Caen prend part à la création d'un centre international d'excellence
 Mésopath-lm@ec. Soutenu par l'INVS et le Collège américain des pathologistes, le centre rassemble 37 experts, dont des Américains, Japonais, Canadiens, Australiens et plusieurs autres de toute l'Europe. C'est une extension internationale du réseau Mésopath français.


C'est sur l'initiative du professeur Françoise Galateau-Sallé qu'est créé le logiciele@pathologie
 IM@EC mis en place pendant l'été 2011. Ce système permet de numériser les échantillons de prélèvements des patients. Ce qui donne des lames de tissus virtuelles permettant l'échange rapide d'avis et de diagnostics entre les trente-sept experts.


Selon le professeur Françoise Galateau-Sallé, grâce à ce dispositif « En 2011 près de 1200 personnes qui présentaient un cancer pleurai potentiel ou une forme complexe de cancer ont été soumises au processus de diagnostic international. »


Chaque échantillon doit être diagnostique par trois experts mimum avant de pouvoir donner un agnostic fiable. Les plus courts délais de réponse sont de l'ordre de vingt minutes, les plus longs de trois jours. Une avancée énorme quand on sait qu'il fallait 177 jours auparavant pour parvenir au même résultat.


Marie SCHIEWE

 

 

La DEPECHE.FR
08/02/2012

 

Fumel. Nouvelle mobilisation contre l'amiante

 

L'assemblée générale du CERADER rassemblera près d'un demi-millier d'adhérents au centre culturel fumélois


Forte de plus de 400 adhérents à ce jour, l'association CERADER 47 Bassin Fumélois lutte dans l'action pour éradiquer le fléau de l'amiante, faire avancer la prévention au travail et dans la vie, en informer la population et défendre les exposés et victimes qui, localement, trouvent un support chaque lundi soir à la permanence de l'union CGTiste au 86 de la rue Léon-Jouhaux dans la côte de Fumel. Faire le point

Depuis le début de l'affaire de l'amiante, les métallos fumélois ont réclamé à la Carsat (ex-Cram) le recalcul du montant de leur allocation amiante Acaata devant le Tass (tribunal des affaires de Sécurité sociale) d'Agen où ils ont obtenu gain de cause en première instance mais la Carsat a fait appel de cette décision initiale alors que les camarades habitant dans le Lot, indemnisés pour certains, se voient réclamer les montants perçus.

Parallèlement, une autre procédure, dite d'indemnisation du « préjudice d'anxiété », a été instruite aux prud'hommes par les mêmes plaignants contre l'employeur de la période référencée dans le « plan amiante » (les AGS, par défaut, se substituant à Sadefa, défaillant). Or, à la suite d'un report demandé par la partie adverse, l'affaire est repoussée à une date ultérieure non précisée.

Rien n'est simple et traîne en longueurs procédurières. C'est pour cela que ce vendredi 10 février, à 18 h, au centre culturel Paul-Mauvezin, l'assemblée générale du CERADER aura beaucoup d'importance pour faire le point en présence du cabinet d'avocat Teisonnière et d'un représentant de l'association nationale ANDEVA

 

 

SUD OUEST
10/02/2012

Par Marie Gascon
L'amiante, leur lutte

Des malades soutenus par le Cerader présentaient leur dossier hier à Périgueux


René Vincent, le président du Cerader Dordogne : « Si les chefs d'entreprise voient qu'ils sont poursuivis, ce sera le moyen pour qu'ils organisent enfin la protection des salariés. »


Malgré les conditions météorologiques, les deux bus affrétés par le Cerader (l'association d'aide aux victimes de l'amiante), qui ont relié Bergerac à Périgueux, hier en début d'après-midi, étaient pleins. Des malades et leurs familles ainsi que d'anciens salariés venus en nombre pour soutenir les six victimes de l'amiante qui présentaient leur dossier au tribunal des affaires de Sécurité sociale de Périgueux.

Il y avait le cas d'Alain Boulin. Ce Périgourdin de 61 ans est atteint d'un cancer pulmonaire. Il travaillait pour la société Veritas et sa mission consistait à vérifier les installations électriques. « Il croisait l'amiante un peu partout dans les fonderies, les hauts-fourneaux, les papeteries, les chaufferies de lycées », explique René Vincent, le président du Cerader Dordogne. « Il était en contact direct, et sans protection, avec des cellules de transformateurs où se trouve en quantité importante de l'amiante brûlé, ou encore des chemins de câbles qui en contenaient, assure encore René Vincent. Il n'a reçu aucune information là-dessus. »
Décision en délibéré
Guy Lepitre venait lui demander réparation pour les lésions et épaississements pleuraux dont il est atteint. « De 1965 à 1994, il a travaillé chez ArcelorMittal dans la Loire et a été exposé à l'amiante pendant toute sa carrière », indique le Cerader.
Décisions du tribunal sur ces deux cas ont été mises en délibéré. Quatre nouveaux dossiers ont également été présentés par l'association, mais leur examen a été renvoyé au 10 mai. Il y a ceux de Pascale Bergère et Jean-Jacques Gueguen, deux anciens de la Poudrerie de Bergerac. « Nous avons déjà beaucoup parlé de l'entreprise Sotech/Lescaut, précise-t-on au Cerader, car les salariés avaient la particularité d'aller faire des chantiers dans des sociétés où les matériels et les équipements contenant de l'amiante étaient monnaie courante. » Il y a aussi celui de Gérard Laugier, qui a été exposé, non à l'amiante, mais à la silice, en travaillant pour la Somafer.
82 personnes décédées

Enfin, il y a le dossier du Périgourdin Jean-Louis Chuche. Cet ancien employé d'Eurovia est décédé le 19 mars, à 53 ans, des suites d'un cancer broncho-pulmonaire. Pour toutes ces personnes, le Cerader demande la reconnaissance de leur maladie professionnelle et/ou la reconnaissance de la faute inexcusable.

« Cela permet aux malades ou à leur conjoint, si la personne est décédée, d'obtenir des indemnités financières. Mais en entamant systématiquement des procédures juridiques, notre objectif est de pouvoir un jour obtenir que les responsables, chefs d'entreprise, soient jugés au pénal », explique René Vincent. « Cela n'est encore jamais arrivé en France. »

Autre intérêt selon lui : « Si les chefs d'entreprise voient qu'ils sont poursuivis, ce sera le meilleur moyen pour qu'ils organisent enfin la protection de leurs salariés par rapport à l'amiante. »

En plus de dix ans d'existence, le Cerader Dordogne a constitué 280 dossiers d'anciens travailleurs malades de l'amiante. Parmi eux, 82 sont décédés, pour une moyenne d'âge de 63 ans. « Ces chiffres parlent d'eux-mêmes. La moyenne d'âge est particulièrement peu élevée », constate René Vincent.

 

 

20 MINUTES
07/02/2012

 

Les amiantés du Tripode exigent de l’État qu'il tienne sa promesse

 

« L'attente est l'un des moyens les plus efficaces pour démobiliser les gens. Il y a clairement une volonté de l'Etat d'enterrer les dossiers ». Près de sept ans après la destruction du Tripode à Nantes, les 1500 agents encore en vie et ayant travaillé dans ce bâtiment administratif bourré d'amiante ont réclamé hier le suivi médical qui leur a été promis. « Après s'être battu pour l'avoir, chaque agent a enfin reçu l'an dernier un courrier de son administration leur indiquant une convocation imminente pour une visite médicale suivie d'un scanner. Mais, depuis, plus de nouvelles! Nous voulons qu'un comité de pilotage interministériel se réunisse au plus vite et nous dise concrètement quand vont se dérouler les visites », exige l'intersyndicale des « amiantés ».


Près de 250 agents ont déjà bénéficié d'un scanner sur la base du volontariat. « On y a constaté 5 % de plaques pleurales et des syndromes respiratoires accrus. Ces résultats ont généré des demandes de reconnaissance de maladies professionnelles. Est-ce pour cela que l'Etat garde le silence? » L'intersyndicale réclame aussi le classement symbolique du Tripode en site amianté. « Seul ce classement permettrait aux gens malades de partir en pré-retraite amiante. » F.B

 

 

 

LE TELEGRAMME
10 février 2012

Côtes-d'Armor
Amiante. Deux ex-salariées attaquent Chaffoteaux

Atteintes d'un cancer, deux anciennes salariées de Chaffoteaux ont attaqué leur ex-employeur au tribunal de Saint-Brieuc. Le jugement est attendu début avril. D'ici là, d'autres ouvriers victimes de l'amiante pourraient les imiter.

Les similitudes sont frappantes. Odile et Françoise, 54 ans toutes les deux, sont entrées chez Chaffoteaux à quelques mois d'intervalle, en1976 et1977. Vingt ans plus tard, après avoir travaillé des années au milieu de poussières d'amiante, les deux femmes ont appris qu'elles étaient atteintes de la même maladie: un cancer broncho-pulmonaire. Quant à leur taux d'incapacité permanente, il est strictement identique: 67%. «Et nous avons la même cicatrice», ajoute Françoise qui, comme Odile, s'est fait enlever un «bout du poumon». Désormais obligées de passer un scanner de contrôle tous les six mois, les deux anciennes ouvrières ont décidé d'attaquer leur ancien employeur, «pour faute inexcusable». Hier, elles ont donc passé l'après-midi dans la salle d'audience du tribunal des affaires sanitaires et sociales de Saint-Brieuc. «C'est terrible d'être obligées de se justifier de quelque chose que nous avons subi», déplore Odile.

«Je n'ai pas choisi d'être malade à 50 ans»

À la barre, Me Quinquis, habitué de ce genre de dossier (son cabinet défend les victimes de l'amiante depuis vingt ans), déroule les arguments. Il y a d'abord la Caisse primaire d'assurance-maladie qui a conclu, après enquête, à des maladies professionnelles. Il y a également ces plaques pleurales, «marqueurs incontestables de l'exposition à l'amiante», présentes sur les corps d'Odile et Françoise. Il y a, enfin, la liste des entreprises ouvrant droit à l'allocation amiante, sur laquelle figure Chaffoteaux pour la période 1958-1996. «Ces deux femmes souffrent d'une pathologie gravissime et, aujourd'hui, elles ne sont pas sorties de la maladie», rappelle l'avocat. Sa consoeur de la partie adverse insiste, elle, sur le fait que les deux anciennes ouvrières ont fumé pendant des années et que leur maladie s'est déclarée très tôt. «Alors que les cancers liés à l'amiante apparaissent plutôt vers 60 ans ou 70 ans». «Moi, je n'ai pas choisi d'être malade à 50 ans», riposte, furieuse, Françoise, soutenue par une quinzaine d'anciens collègues.

«Il va y avoir d'autres dossiers»


Vers 17h, après s'être entendus signifier par la présidente du tribunal que le délibéré sera rendu le 5avril prochain, tous ressortent de la salle d'audience. Le moment choisi par Me Quinquis pour glisser un message aux anciens ouvriers. «Il va y avoir d'autres dossiers. Ce qui est important, c'est d'être groupés.Lorsque vous apprenez que vous ou l'un de vos anciens collègues est malade, vous disposez d'un délai de deux ans. Après, il est trop tard pour saisir le tribunal». Et à en croire les bénévoles de l'Andeva (Association nationale de défense des victimes de l'amiante), les jugements risquent de se multiplier dans les mois et les années à venir dans les Côtes-d'Armor. «Ici, les gens ne sont pas encore autant informés que dans le Finistère. Mais entre Chaffoteaux, le Joint Français et les Forges et Laminoirs, des milliers de salariés ont été exposés à l'amiante».

Julien Vaillant

OUEST FRANCE

 

07 février 2012

 

Les espoirs déçus des « amiantés » du Tripode

 

L'intersyndicale était, lundi matin, devant des agents qui ont travaillé dans les locaux du Tripode.


Le suivi médical des agents exposés à l'amiante ne s'est pas concrétisé.« Veut-on enterrer le dossier ? » interroge l'intersyndicale.

Il y a de l'amertume et de la colère dans le ton des syndicalistes du Trésor public, de l'Insee et des Affaires étrangères. L'impression de ne pas peser bien lourd face à l'inertie de leur administration. Et une interrogation. « Sommes-nous confrontés à un calcul aussi sordide que cynique : pas de suivi médical, pas de pathologies, et donc pas d'indemnisation ? »

 

Lundi matin, l'intersyndicale organise une réunion d'information devant des agents « inquiets ». Ces fonctionnaires ont travaillé dans les bureaux du Tripode, dans l'île Beaulieu. Floqué à l'amiante, l'immeuble a été détruit le 27 février 2005. Actif ou retraités (60 %), 1 500 fonctionnaires restent concernés par les suites éventuelles d'une exposition à l'amiante. Marqué d'avancées et de reculs, leur combat dure depuis plus de trente ans.

 

Interpeller les candidats

 

En septembre, ils ont reçu une lettre du secrétaire général de Bercy annonçant des visites médicales, et les invitant à y répondre. « Nous pouvions espérer, enfin, un déblocage de décisions qui remontent à 2009... Depuis il n'y a eu aucune convocation. Rien, c'est le vide total. Une fois encore, l'affichage n'est pas suivi d'effet. C'est comme si on voulait enterrer le dossier, nous décourager. Faire attendre, c'est le meilleur moyen de démobiliser les gens », affirment les représentants de quatre syndicats (CFDT, CGT, FO, Solidaires).

 

L'intersyndicale demande l'organisation, très rapidement, d'un comité de pilotage interministériel. « Il faut qu'en haut lieu, on arrête de se renvoyer la balle, et qu'on nous dise comment va s'organiser concrètement le suivi médical. »

 

Elle va aussi interpeller candidats à l'élection présidentielle et parlementaires. « Nous voudrions qu'ils s'engagent sur le classement du Tripode comme site amianté. Cela garantirait l'accès à la préretraite amiante, et faciliterait le suivi médical. »

 

Enfin, l'intersyndicale entend bien marquer le septième anniversaire de la destruction de l'immeuble.

 

À sa manière, c'est-à-dire à l'extérieur des locaux, et de façon symbolique.

 

« On ne se bat pas seulement pour les anciens occupants du Tripode, font remarquer les syndicalistes. « Derrière, c'est le dossier de l'amiante en France, une question en recul aujourd'hui. Il n'y a pas de volonté de clore le dossier dans de bonnes conditions. Le Tripode est un symbole. »

 

Marc LE DUC

CORSE MATIN

09 février 2012
 
 
Amiante: le respect des règles en débat devant la justice


C'est ès qualités qu'un inspecteur du travail a déposé, devant la chambre civile du tribunal de grande instance de Bastia, un recours en référé contre un projet immobilier à Bastia. Un projet de construction de trois immeubles dans le quartier de l'Annonciade sur des terrains amiantifères, ce qui est d'ailleurs le cas de la quasi-totalité de la vallée du Fango.

Cette caractéristique, étant donné les risques que fait peser l'amiante sur la santé, implique de la part des constructeurs qu'ils prennent des mesures de prévention vis-à-vis des ouvriers devant travailler sur le chantier.

L'inspecteur du travail Patricia Burdy a ainsi assigné la SCI (société civile immobilière), maître d'ouvrage du projet de résidence « Mandevilla », dont les travaux, aujourd'hui suspendus, devaient débuter le 1er février, car elle considère qu'il y a, malgré les obligations édictées par le code du travail, des « absences et des insuffisances dans le plan général de coordination ». Un document où doit être évalué le risque amiante et où doivent être inscrites par le maître d'ouvrage les sujétions qui s'appliqueront aux entreprises devant intervenir sur le chantier. Lors de l'audience d'hier, présidée par Françoise Bardoux, et durant laquelle le TGI a examiné cette action au civil, l'inspectrice du travail a expliqué avoir saisi le tribunal au regard de la prévention des maladies professionnelles liées à l'inhalation d'amiante lors des travaux de terrassement qui doivent ici durer au minimum six mois. « Le premier coup de pelle dans les roches va dégager des fibres d'amiante », souligne Patricia Burdy, en montrant à l'appui de son argumentation des photos du site où doit avoir lieu le chantier.

La fonctionnaire de l'unité territoriale de Haute-Corse de la Dirrecte* pointe également du doigt « le non-respect par le maître d'ouvrage de l'obligation qui lui incombe à savoir de prévoir toutes les sujétions liées aux risques encourus par les ouvriers. Il doit ainsi mettre en œuvre un système de prévention qui doit être adapté aux besoins de chaque entreprise et qui doit harmoniser les plans de sécurité des différents intervenants. »
« Or, par exemple, les vestiaires de décontamination sont certes prévus dans le plan mais, en l'état actuel, ils ne répondent pas encore aux caractéristiques nécessaires. »

L'inspecteur du travail demande par ailleurs que le maître d'ouvrage effectue des mesures tests afin d'analyser le taux de fibres d'amiante qui pourront être présentes dans l'air au moment des travaux et qu'il les transmette au tribunal dix jours avant le début du chantier.

Jugement mis en délibéré au 15 février

Patricia Burdy a rappelé que cette procédure judiciaire, fait rare, « vise non pas les entreprises qui vont intervenir sur le chantier mais le maître d'ouvrage ». Et a ainsi « valeur d'exemple car les maîtres d'ouvrage ont trop souvent tendance à transférer leurs responsabilités sur les entreprises ».

« Cette procédure est peu utilisée et si elle l'est ici, c'est parce qu'il y a un danger évident et manifeste et un caractère d'urgence résultant de l'existence de ces risques. »

Le but de ce recours est donc « d'obtenir un maximum de garanties pour que ce chantier se déroule en toute sécurité ».

Représentant les intérêts de la SCI « Mandevilla », Me Jean-Pierre Poletti a fait part, sur la forme, du mea culpa de son client dans la mesure où celui-ci « reconnaît ne pas avoir communiqué les documents requis ». Et affirmé que « le chantier ne débutera pas tant que ces documents n'auront pas été donnés ».

Son démarrage est donc différé pour une durée pour l'instant inconnue mais l'avocat fait remarquer que son client, qui, au regard de cette procédure inhabituelle, fait figure de « promoteur pilote », « aimerait disposer du temps suffisant pour pouvoir s'organiser » et ce, en raison de l'impact financier de ce retard.

Dès lors, Me Poletti a proposé au tribunal d'interdire le démarrage du chantier jusqu'à ce qu'il soit autorisé par une ordonnance de référé lors d'une prochaine audience où l'avocat reviendra avec les documents demandés. Ce qui pourra donner lieu à un débat entre les parties sur « le caractère pertinent ou non » de ce recours de l'inspection du travail dont le positionnement,souligne-t-il,est parfois extrêmement strict ». L'inspecteur du travail a accepté cette proposition tout en émettant des réserves.

Le tribunal de grande instance, dont l'audience a été suivie avec intérêt par une représentante de l'association de protection de l'environnement U Levante, rendra sa décision le 15 février.

* Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi.

 

 

L'AISNE NOUVELLE

09 février 2012

Une nouvelle étape dans leur combat

Les anciens salariés de Nexans et Essex qui réclament des indemnités s'étaient rendus une première fois devant le conseil des prud'hommes le 15 septembre dernier.

CHAUNY - Les anciens salariés de Nexans et d’Essex sont ce matin devant le conseil des prud’hommes pour demander des indemnités.

Leur action fait suite à leur licenciement et à leur exposition à l'amiante. L'audience de conciliation ayant échoué le jeudi 15 septembre, ce sont désormais les avocats des trois parties qui vont plaider devant les juges des Prud'hommes de Laon.

L'avocat des ex-salariés de Nexans et Essex Me Philippe Brun va contester les faibles mesures qui ont accompagné les licenciements abusifs des 220 salariés de Nexans - «L'entreprise a manqué à ses obligations en matière d'indemnités et de reclassement interne et externe, elle est très loin du minimum légal » - et des 100 employés d'Essex, il invoquera aussi le « préjudice d'anxiété », compte-tenu que beaucoup d'entre eux ont été exposés à l'amiante durant leur carrière : « là-aussi, les deux entreprises n'ont pas respecté la loi sur le suivi médical et les indemnisations des salariés exposés. »

La bataille des arguments

« Les Essex sont attendus à 9 heures et les Nexans à 10 h 30, ce sera l'heure des plaidoiries. C'est pourquoi je vous demande de me fournir tous les justificatifs et autres attestations de travail ou non et d'exposition à des produits dangereux, comme l'amiante », avait demandé le 15 septembre Me Nathalie Campagnollo, associée de Me Brun. Pour les deux avocats, le dossier ne présente pas de difficultés particulières, mais c'est sans compter la défense des deux puissants groupes industriels, rompus à ce genre d'exercice : « Nexans et Essex ont parfaitement rempli leurs obligations, au-delà des mesures prévus dans le code du travail...»
Le combat ne fait que commencer, le jugement sera vraisemblablement rendu au printemps, avant très certainement un renvoi devant la cour d'appel d'Amiens.

 

ESPACE INFIRMIER.COM

 

Amiante à l’hôpital : l’inquiétude couve toujours à l’AP-HP


Quelques mois après la mise en examen de plusieurs anciens responsables de l’hôpital Saint-Louis pour mise en danger de la vie d’autrui, blessure et homicide involontaires, l’AP-HP a demandé, début janvier, sa mise en examen, afin d’avoir accès au dossier en cours.


Début janvier, l’AP-HP a demandé sa mise en examen en tant que personne morale, dans l'enquête ouverte en 2008 sur les conséquences sanitaires de la présence d'amiante dans les hôpitaux parisiens. Etonnant ? Pas tant que ça. D’une part parce que, si elle est acceptée par la juge d’instruction chargée de l’affaire, cette demande permettra en effet aux Hôpitaux de Paris d’avoir accès au dossier. D’autre part, parce qu’une mise en examen « en tant que personne morale » engagerait la responsabilité éventuelle de l’institution plutôt que celle de ses directeurs. « L’avantage de cette stratégie, c’est que les sanctions pénales des personnes morales sont quasiment inexistantes », remarque Michel Parigot de l’Andeva (Association nationale des victimes de l’amiante), ancien conseil des syndicats dans l’affaire de l’amiante. « Cela ne fait pas l’ombre d’un doute, continue-t-il, à l’AP-HP, il y a eu des retards pour protéger les salariés, comme c’est le cas malheureusement dans beaucoup d’autres bâtiments publics ou privés. » La direction de l’AP-HP estime de son côté qu’elle « a entrepris le maximum de ce qu’elle pouvait faire, dans le respect des contraintes qui s’imposaient à elle », faisant notamment référence au plan d’action visant à garantir la maîtrise du risque, adopté à l’unanimité en 2005 par le Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de l’institution.

Les représentants des salariés dénoncent l’omerta
C’est suite à la plainte déposée en 2007 par la CGT de l’hôpital Saint-Louis pour manquement de la direction à ses obligations de désamiantage qu’une instruction judiciaire a été ouverte en 2008 par le pôle de santé publique du Tribunal de Grande Instance de Paris. Les CHSCT locaux ayant alerté sur la présence d’amiante dans d’autres hôpitaux, la juge a étendu son enquête à l’ensemble des établissements de l’AP-HP. Au début du mois de janvier dernier, d’autres mises en examen de directeurs étaient pressenties. « Mais on ne sait pas qui, quant et comment », déplore Nathalie Marchand, secrétaire général du CHSCT de Saint-Louis. « C’est l’omerta la plus complète dans cette affaire, nous demandons en vain des informations », s’indigne une représentante des salariés au CHSCT central. Le directeur des ressources humaines de l’AP-HP, Christian Poimboeuf, a beau assurer « qu’il n’y a plus aucun risque amiante dans les établissements », l’inquiétude est là. Et l’objectif du lancement par l'AP-HP, à l’automne dernier, d’un vaste audit sur l’amiante, officiellement pour s’assurer du respect du plan d’action de 2005, laisse certains songeurs.

132 victimes de la fibre cancérigène
Une nouvelle enquête de la DGOS est par ailleurs également en cours sur l’ensemble des établissements de la FHP, visant à dénombrer le nombre total de victimes. A l’heure d’aujourd’hui, d’après la direction de l’AP-HP, le nombre de victimes de l’amiante à l’AP-HP se chiffre à 132 personnes. Mais les maladies liées à la fibre cancérigène pouvant apparaître trente à quarante ans après l’exposition, certains craignent que le chiffre ne gonfle dans les années à venir. De nombreux autres hôpitaux français sont d’ailleurs concernés par l’amiante. Selon la dernière enquête de la DGOS sur le sujet, plus de soixante établissements avaient enregistré en 2005 des déclarations de maladies liées à l’amiante. Parmi eux : le CHU de Caen, l’un des hôpitaux alors les plus amiantés du pays. Là encore, une information judiciaire a été ouverte fin juillet 2009 contre x, pour mise en danger délibérée de la vie d'autrui. Affaire à suivre…

Joëlle Maraschin

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