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15 décembre

http://www.crdp.ac-creteil.fr/cmsj/images/stories/resistance/2011-1_lematin-avisexecution-15121941.jpg

c'était 70 ans près les massacres de la Commune.

15 décembre 1941.

Il y a aujourd'hui juste 70 ans 

540ème jour de l'occupation.

Deuxième rafale des grandes fusillades d'otages par les troupes d'occupation ET l'aide de l'administration française. Le beau texte de Roger Colombier sur son blog ce jour éclaire cruement cette réalité : [lisez en cliquant iciPapon n'est pas une vile excroissance mais un rameau bien vert d'une pratique politique, et l'actualité 70 ans plus tard montre que l zèle...

 Le Mont Valérien entre dans l'histoire des grands lieux de répression par la porte sanglante ouverte après l'exécution de J Bonsergent fin 1940 puis  Châteaubriant en octobre 41.

Une politique terroriste pour faire baisser les yeux et courber l'échine.

Figure emblématique de la résistance communiste, Gabriel Péri député d'Argenteuil, grand Journaliste éditorialiste de l'Humanité pourfendeur des traitres de Munich après l'abandon de l'Espagne tombe sous les balles nazies et sous les applaudissements de Vichy. Il fait partie d'une "sélection" de 75 retenu pour l'exemple et la vengeance.

75 assassinés retenu sur critères convergents : "communistes ou anarchistes", et/ou "juifs" disait l'ordre de désignation.

Juste pour oxygéner nos mémoires, et prendre la mesure des temps, deux textes d'Aragon liés indéfectiblement à ces fusillades:


 


Ballade de celui qui chanta dans les supplices

 

Et s'il était à refaire
Je referais ce chemin
Une voix monte des fers
Et parle des lendemains

On dit que dans sa cellule
Deux hommes cette nuit-là
Lui murmuraient "Capitule
De cette vie es-tu las

Tu peux vivre tu peux vivre
Tu peux vivre comme nous
Dis le mot qui te délivre
Et tu peux vivre à genoux"

Et s'il était à refaire
Je referais ce chemin
La voix qui monte des fers
Parle pour les lendemains

Rien qu'un mot la porte cède
S'ouvre et tu sors Rien qu'un mot
Le bourreau se dépossède
Sésame Finis tes maux

Rien qu'un mot rien qu'un mensonge
Pour transformer ton destin
Songe songe songe songe
A la douceur des matins

Et si c'était à refaire
Je referais ce chemin
La voix qui monte des fers
Parle aux hommes de demain

J'ai tout dit ce qu'on peut dire
L'exemple du Roi Henri
Un cheval pour mon empire
Une messe pour Paris

Rien à faire Alors qu'ils partent
Sur lui retombe son sang
C'était son unique carte
Périsse cet innocent

Et si c'était à refaire
Referait-il ce chemin
La voix qui monte des fers
Dit je le ferai demain

Je meurs et France demeure
Mon amour et mon refus
O mes amis si je meurs
Vous saurez pour quoi ce fut

Ils sont venus pour le prendre
Ils parlent en allemand
L'un traduit Veux-tu te rendre
Il répète calmement

Et si c'était à refaire
Je referais ce chemin
Sous vos coups chargés de fers
Que chantent les lendemains

Il chantait lui sous les balles
Des mots sanglant est levé
D'une seconde rafale
Il a fallu l'achever

Une autre chanson française
A ses lèvres est montée
Finissant la Marseillaise
Pour toute l'humanité

Louis Aragon

 

Rappelons que ce chant à la vie et à la liberté, lors de la parution de "La Diane française" fut dédié par Aragon à Honoré d'Estiene d'Orves et Gabriel Péri, à Gilbert Dru de la JEC et GuyMoquet de la JC.


La Rose et le Réséda

Celui qui croyait au ciel 
Celui qui n'y croyait pas 
Tous deux adoraient la belle 
Prisonnière des soldats 
Lequel montait à l'échelle 
Et lequel guettait en bas 
Celui qui croyait au ciel 
Celui qui n'y croyait pas 
Qu'importe comment s'appelle 
Cette clarté sur leur pas 
Que l'un fût de la chapelle 
Et l'autre s'y dérobât 
Celui qui croyait au ciel 
Celui qui n'y croyait pas 
Tous les deux étaient fidèles 
Des lèvres du cœur des bras 
Et tous les deux disaient qu'elle 
Vive et qui vivra verra 
Celui qui croyait au ciel 
Celui qui n'y croyait pas 
Quand les blés sont sous la grêle 
Fou qui fait le délicat 
Fou qui songe à ses querelles 
Au cœur du commun combat 
Celui qui croyait au ciel 
Celui qui n'y croyait pas 
Du haut de la citadelle 
La sentinelle tira 
Par deux fois et l'un chancelle 
L'autre tombe qui mourra 
Celui qui croyait au ciel 
Celui qui n'y croyait pas 
Ils sont en prison Lequel 
A le plus triste grabat 
Lequel plus que l'autre gèle 
Lequel préfère les rats 
Celui qui croyait au ciel 
Celui qui n'y croyait pas 
Un rebelle est un rebelle 
Nos sanglots font un seul glas 
Et quand vient l'aube cruelle 
Passent de vie à trépas 
Celui qui croyait au ciel 
Celui qui n'y croyait pas 
Répétant le nom de celle 
Qu'aucun des deux ne trompa 
Et leur sang rouge ruisselle 
Même couleur même éclat 
Celui qui croyait au ciel 
Celui qui n'y croyait pas 
Il coule il coule et se mêle 
À la terre qu'il aima 
Pour qu'à la saison nouvelle 
Mûrisse un raisin muscat 
Celui qui croyait au ciel 
Celui qui n'y croyait pas 
L'un court et l'autre a des ailes 
De Bretagne ou du Jura 
Et framboise ou mirabelle 
Le grillon rechantera 
Dites flûte ou violoncelle 
Le double amour qui brûla 
L'alouette et l'hirondelle 
La rose et le réséda 

                             Louis Aragon.


 http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/4/4b/Schneeglocken.jpg/250px-Schneeglocken.jpg

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