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Pédocriminalité, séisme idéologique et mutisme officiel.

 

Quand l'épiscopat piétine

la République et ses lois.

Pédocriminalité, séisme idéologique et mutisme officiel.

En guise de chapot, cette déclaration du ministre de l'intérieur en place à l'occasion du débat parlementaire sur la loi traitant du "séparatisme"

«Nous ne pouvons plus discuter avec des gens qui refusent d’écrire sur un papier qu’ils sont parfaitement compatibles évidemment avec les lois de la République, que la loi de la République est supérieure à la loi de Dieu»


Imaginez que le président de la ligue de football ou de tennis déclarent que les règlements de leur fédération internationale sont supérieurs aux lois fiscales de la France et ainsi couvre les fraudeurs usant des paradis fiscaux.
Inconcevable ?

Imaginez que durant un prêche religieux un prédicateur d’une des versions du livre commun des religions dominantes assure que le respect des dogmes du livre et de leurs rédacteurs est supérieur aux lois du pays où il entend de gré ou de force les faire appliquer.
Tout aussi inconcevable ?

C’est pourtant ce que vient de déclarer le président de la conférence des évêques de France. 
Parlant du "
 secret de la confession ", après la révélation publique le 5 octobre de la dimension des crimes sexuels taraudant son institution, il a déclaré " il est plus fort que les lois de la République ". Notez au passage la stigmatisation es qualité de cette dernière.

Pour limiter les dégâts que son propos va déclencher, vite un contre-feu. Il ne parle que de l’exercice de cette pratique pour les enfants (il ne dit pas les mineurs.) et évacue la question des adultes coupables.

Deux jours après la publication du rapport Sauvé au lendemain de cette déclaration publique, c’est silence radio du côté de la place Vendôme, idem à Beauvau pourtant légalement chargé de superviser dans le cadre laïc des lois de la République. Redisons-le, l’article 40 du CdPP ne semble pas soulever de réflexe de ce côté là.

La seule réaction de l’Élysée, le 06 octobre, à propos du rapport de la commission dont le Président "salut la responsabilité " réside dans ce propos sibyllin : "Je souhaite que ce travail puisse se poursuivre dans la lucidité et dans l’apaisement".

Pourtant, tous les juristes le savent, toutes les personnes gravitant autour de situation concernant juridiquement des mineurs le savent, l'article 434-3 du code pénal indique que "le fait, pour quiconque ayant connaissance d'agressions ou atteintes sexuelles infligés à un mineur de ne pas en informer les autorités judiciaires ou administratives ou de continuer à ne pas informer ces autorités tant que ces infractions n'ont pas cessé est puni de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende". Il indique également que "lorsque le défaut d'information concerne une infraction commise sur un mineur de 15 ans, les peines sont portées à cinq ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende".

Ce qu’à juste titre les autorités répriment, demande renforcement de l’arsenal en s’adossant à des forces politiques maniant l’exclusion et la stigmatisation le plus souvent raciste ne serait-il pas applicable dans les mêmes termes à la partie idéologiquement dominante dans la société française ?
La loi de 1905 passée aux oubliettes ?

Avec la dimension du crime – au total plus de 300 000 victimes sur 70 ans – chacun peut le mesurer, nous sommes devant un séisme sociétal qui devra conduire à ce que la justice s’applique sans faiblesse contre l’institution et ses animateurs à tout niveau de responsabilité.

Il serait bien du point de vue de l’exercice de la citoyenneté de montrer combien dans les périodes de crise politique, sociale , depuis Cyprien le saint carthaginois du 3e siècle et son "hors de l’église point de salut" jusqu’à nos jours, les actes et positionnement idéologique de la haute hiérarchie ecclésiastique s’est toujours révélé être du coté des responsables des turpitudes et a usé de son poids idéologique pour ne pas devoir assumer ses responsabilités.

"Point de salut" disait Cyprien, mais plein de salauds. 

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