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Parce que ce débat est trop important pour ne pas lui donner toutes les pièces dont il a besoin...

... Déclaration de la CGT

du Ministère de l'Intérieur :

Parce que ce débat est trop important pour ne pas lui donner toutes les pièces dont il a besoin...

Après la réunion à dominante factieuse du 19 mai, les syndicats CGT du Ministère de l'Intérieur ont rendu publique la déclaration suivante : 

Non, toute la CGT du Ministère de l’intérieur n’a pas appelé à se joindre au rassemblement « citoyen » organisé ce 19 mai, en soutien à la police républicaine.
 
Il ne nous appartient pas de commenter les appels à y participer, y compris par le syndicat CGT Intérieur-Police. Cependant et afin d’éviter tout amalgame nous souhaitons succinctement expliquer notre position.
 
Bien évidemment, en tant qu’organisation syndicale et nous dirions même simplement en tant qu’êtres humains, nous compatissons sincèrement avec les familles des victimes de collègues morts dans l’exercice de leurs missions. Il ne sera jamais acceptable pour la CGT de mourir au travail. C’est vrai pour les 11 policiers et gendarmes concernés par cet événement tragique en 2020, d’après les chiffres officiels, mais également pour les 176 morts d’accident du travail rien que dans le secteur du BTP en 2019. Pourquoi cette comparaison ? Parce que pour la CGT Préfecture de Police, la vie d’un salarié à la même valeur quel que soit son secteur d’activité. Mais alors nous direz-vous, pourquoi un gouvernement si prompt à rendre hommage aux policiers morts victimes de leurs devoirs, à grand renfort de déclarations et de « larmes de crocodiles », et parallèlement si muet sur les autres secteurs ? D’ailleurs, n’est-ce pas ce même gouvernement, certes dans la continuité des politiques menées depuis des décennies, qui continue à détruire le code du travail protecteur pour les salariés avec notamment en point d’orgue la suppression des CHSCT ? Pourquoi un ministre présent dans un rassemblement syndical, une première dans l’histoire de la république, accompagné d’un Préfet de Police devenu symbole de la répression contre les mouvements sociaux ? Sincère compassion ou récupération politique intéressée ?
 
Car oui, en termes de récupération, ce rassemblement du 19 mai a été le théâtre de tous les « excès ». Il ne manquait quasiment aucun parti. Alors peut-être que les motivations de certains étaient sincères…mais tout de même, ouvrons les yeux !!!!
 
Un appel à un rassemblement « citoyen » pour soutenir la « police républicaine » à l’initiative des syndicats représentatif dans le secteur. Très jolie formulation sur le papier, mais qui ne résiste pas au poids de la réalité. Des syndicats de police « républicains », qui n’ont eu de cesse de critiquer et attaquer la justice, rompant une fois de plus avec le sacro-saint principe de séparation des pouvoirs dans la république ? Des demandes de durcissement des peines à destination des auteurs d’attaques de policiers, avec notamment l’instauration de peines planchers alors même que déjà testés ces principes n’ont aucunement réduit les exactions ? Quels sont finalement les véritables objectifs de ces organisations ? L’instauration d’une police ayant tout pouvoir, intouchable, au service des plus puissants ? Sont-ils aussi aveugles pour nier la subjectivité et l’homogénéité de la police permettant ainsi la légitimation de tous les dérapages ? Que doivent comprendre les dizaines de milliers de citoyens gazés, blessés, morts lors de contrôle ou de manifestation du fait même des interventions policières ? Ce sont cela les valeurs « républicaines » défendues par ces syndicats ? Les médias mainstream s’étonnaient hier d’avoir finalement vu peu de citoyens lors du rassemblement, arguant que les parisiens avaient préférés la réouverture des terrasses au soutien de leur police. Il se pourrait que la police, devenue une force autonome et non contrôlée, ait creusé un fossé d'incompréhension avec une large partie de la société, notamment au sein des couches populaires. Au royaume des aveugles les borgnes sont rois ! Ces médias nous croient atteint du syndrome de Stockholm ?
 
Alors bien évidemment, pour la CGT Préfecture de Police le niveau de conscience actuel de l’humanité nécessite le maintien d’une police pour protéger les plus faibles, comme un tiers nécessaire. Nous sommes loin de pouvoir tous individuellement nous auto-limiter, condition sine qua none à la suppression de toute force de police. Pour autant, la montée en puissance de cette institution dotée de prérogatives excessive, peut devenir un danger pour la démocratie et le mouvement social dans son ensemble. C'est la raison pour laquelle, nous ne saurions partager la vision manichéenne et corporatiste de ces syndicats policiers et prétendons défendre encore une analyse éclairée et raisonnée sur des missions de la police assujetties à une éthique de service public et sur une place démocratiquement maîtrisée de cette institution dans la société.
 
Analyser la violence que sous le prisme des idéologies sécuritaires, c’est vouloir effacer des symptômes sans s’attaquer à la maladie. Car la première violence subie par nombre de citoyens, c’est bien la violence sociale résultant des politiques libérales mises en œuvre depuis des décennies. Bien entendu il existera à ce stade toujours des voyous et brigands mais n’oublions jamais que l’augmentation des violences et du climat d’insécurité prospère sur le terreau de la misère sociale. Ainsi défendre une police qui jusque à preuve du contraire participe activement à défendre les intérêts particuliers des classes dominantes contre le reste de la société, lors des mouvements sociaux sans analyse, ni autocritique, c’est faire le choix de justifier la répression.
 
L’article R 434-14 du code de sécurité intérieur de la police nationale dispose que la police est au service de la population. Gageons que le soutien populaire tant demandé prendra forme lorsque cet article deviendra réalité.

Ce texte, outre sa contribution aux débats d'actualité, a le mérite de tenter d'ouvrir des pistes sur ce que devrait être l'organisation institutionnelle d'un pays voulant se sortir des emprises du capital et de ses outils de coercition. L'exercice est trop rare pour ne pas être souligné.

Qu'il soit porté par ceux qui au sein même de l'appareil d'Etat ont pour mission d'assurer la sécurité des habitants de notre pays démontre un courage politique qui fait défaut aux forces politiques qui se parfument d'être porteuses des capacités prendre en main les rennes du char de l'état... mais au sein d'une simple alternance par pour une alternative.

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