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Va-t-il falloir mettre les personnels des hôpitaux en réanimation ?

Un état des lieux alarmant,

connu par un pouvoir

qui poursuit la casse

sanitaire et sociale.

Va-t-il falloir mettre les personnels des hôpitaux en réanimation ?

Au moment où la Cour des Comptes rend un rapport accablant sur la situation dans les hôpitaux (situation dont la dite cour, de par ses injonctions permanentes à tailler dans les budgets pour réduire "les coûts" (lire effectifs et lits disponibles de toutes natures) porte une immense part de responsabilité.

Au moment où les pouvoirs qui rayent d'un trait de plume ce qu'ils disent ne pas pouvoir donner d'un claquement de doigt.

Au moment ou nous apprenons que depuis le début de la crise sanitaire, CE gouvernement continue de fermer les lits de suite et, en IDF, "périconfinée" pour adopater la demande de soin à "l'offre disponible", aucune création de lit en réa de mars 2020 à mars 2021. 

Au moment où l'hospitalisation privée (qui ainsi se gave sur le dos de la sécu) récupère les opérations et actes lourds que l'hôpital public doit renoncer à réaliser pour tenter de faire face à l'urgence sanitaire , 

Pluôt que de disserter sur d'autres exemples, cet article de ce 20 mars 2021 dans le Télégramme de Brest qui fait diapason pour scander la marche funèbre de la santé en France :

Nous sommes au bord de catastrophes humanitaires parmi les personnels des hôpitaux - toutes fonctions - avec une situation gravissime pour les soignants, amplifiée par les pratiques "manageriales" impulsées par le ministère et ses ARS déclinées violement dans certains établissements.

Risque grave généralisé pour le personnel : c’est la conclusion de l’expertise, réalisée par un cabinet indépendant, sur le centre hospitalier de Guingamp. Un établissement endeuillé par le suicide de trois agents entre juillet 2019 et février 2020.

Le personnel de l’hôpital de Guingamp va mal. Très mal même, d’après les conclusions de l’expertise réalisée par Catéis. Après plusieurs mois d’enquête, ce cabinet spécialisé dans les risques psychosociaux vient de présenter son rapport à la direction de l’établissement (*) et aux syndicats. La conclusion est sans appel : le risque grave généralisé est avéré. « On parle de mal-être, de dépression, de burn-out et cela peut aller jusqu’au suicide », expose une représentante du syndicat Sud.

 

L’enquête du cabinet Catéis a justement été déclenchée après les suicides d’un infirmier et d’un infirmier anesthésiste, en juillet et octobre 2019. Quelques mois plus tard, en février 2020, l’hôpital guingampais - dans lequel travaillent plus de 1 000 personnes - était de nouveau endeuillé et traumatisé, après qu’un cadre se soit donné la mortUn décès qui a conduit à l’ouverture d’une enquête de gendarmerie, toujours en cours.

« Le travail ne doit pas tuer »

« La souffrance du personnel est considérable. Actuellement, j’ai deux collègues en très grande difficulté, susceptibles de passer à l’acte. C’est insupportable. Le travail ne doit pas tuer », s’alarme une représentante du personnel, militante à la CFDT.

Depuis plusieurs années, les trois syndicats de l’établissement (CFDT, CGT, SUD) alertent leur direction sur la fatigue psychologique et physique des agents, sur les conditions de travail dégradées et les dizaines de milliers d’heures supplémentaires dues. Ils dénoncent également le « harcèlement et la culpabilisation » des personnels paramédicaux (aides-soignantes et infirmières), régulièrement appelés sur leurs temps de repos pour remplacer des collègues absents. Autre sujet de tension : la précarité d’une partie du personnel, dans un hôpital où près de la moitié des 17 sages-femmes de la maternité sont par exemple contractuelles. (souligné par CleR)

Le mirage d’un nouvel hôpital

Énième difficulté qui pèse sur le moral du personnel : « la recherche permanente d’économies », alors que le déficit structurel de l’hôpital s’élève à 3 M€. Un trou en partie dû à un recours massif à l’intérim médical. Car l’hôpital guingampais peine à recruter des médecins. « Début juillet, nous risquons de nous retrouver avec un seul médecin anesthésiste, alors qu’il devrait y avoir quatre », s’inquiète le militant de Sud, pointant « l’extrême précarité du plateau technique, du bloc opératoire et de la maternité ».

À ce contexte déjà lourd s’ajoute un climat social tendu entre la direction et les syndicats. Et ce n’est pas forcément le projet d’hôpital flambant neuf qui va apaiser le climat. « Un nouvel hôpital, c’est entre 150 M€ et 300 M€. Mais pour réduire les risques psychosociaux et le recours à l’intérim, stopper le harcèlement téléphonique et en finir avec les heures supplémentaires, il faut embaucher 40 personnes à temps plein. Cela coûte 1,20 M€. Mais notre direction nous dit que c’est trop cher pour nous », conclut, désabusé, le militant de Sud.

 

 

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