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Point d'étape pour réfléchir

Pas de conclusion en bas de la page,

juste un peu de débroussailleuse. 

Point d'étape pour réfléchir

Certes un texte au volume conséquent, mais une actualité lourde en est la cause.

Poser des idées pour qu'elles soient débattues, approuvées ou contrées, enrichies.

Il n'est pas bouclé tant son sujet, réaction à chaud, demande d'y revenir dans la durée.

Quelle que soit l'appréciation à porter sur les tenants et aboutissants d'un événement, sauf à jouer la politique de l'autruche il y a nécessité de prendre le temps de regarder ce qui l'a produit, ses racines, les conditions de sa construction. Qui y participaient, qui ne s'y est pas associé et les arguments de chacun. Ce qu'ils portaient  et rejetaient et examiner sans concession les (ir)-responsabilités partagées au regard de cette situation.

Pas un coup de tonnerre dans un ciel sans nuage, la résultante dans le moment d'une accumulation de choix.

Expression de la crise du capital et du besoin pour un pouvoir et un état à son service d'en faire payer le prix aux catégories populaires, le gouvernement a besoin à la fois de tenir ses engagements européens (pour notre réflexion en gardant en mémoire le rejet majoritaire de 2005), de libérer les profits des grands groupes, voire les booster par la fiscalité et d'orienter les budgets publics dans le cadre impératif pour le gouvernement de tenir sa place dans le dispositif impérialiste (budget des armées et commandes au complexe militaro-industriel).

Ces bornes posées, une seule piste possible : user de la fiscalité indirecte par les impôts impopulaires (TVA, TIC-TIPP etc.)pour faire rentrer les montant des crédits pour cela nécessaire, ne pas toucher aux profits, tout en calant des budgets sociaux d'austérité. C'est pour tenir ses choix sa seule variable d'ajustement.

Des choix qui laminent le pouvoir d'achat des salaires et des pensions de retraites, qui poussent au démantèlement des outils amortisseurs des effets de la crise que sont l'ensemble des services publics structurant la cohérence sociale et les capacités économique du pays.

Cela implique l'obligation simultanément de mobiliser la plus grande part possible du PIB pour abonder les profits (CICE, niches fiscales, exonérations du paiement de la part socialisée du salaire) et d'appliquer une politique d'hyper austérité sociale pour servir la rente et le capital par l’organisation de l'intensification de l'exploitation et la transformation du "coût" des politiques sociales en gisement de profit permis par leur privatisation.

Les conditions sont réunies pour qu'une mesure telle que l'augmentation des prix du carburants puisse avoir un effet détonateur d'une colère dont toutes les racines sont politiques et où l'absence durable de combat politique contre le capital ouvre l'espace à toutes les pistes régressives antidémocratiques pour permettre au capital d'arrive sans obstacle à ses fins.

Premier constat : alors que les racines de cette colère sont des choix politiques qui au départ ont poussé à réagir des catégories sociales intermédiaires et pour beaucoup non salariés (agriculteurs, commerçants, profession libérales, " auto entrepreneurs " refusant le statut de salariés) , c'est principalement à la CGT que s'en sont pris ceux qui exigeait que celle-ci les rejoignent, stipulant que ses organisations et militants devaient tels les bourgeois de Calais  arriver sans sigle ni signe d'organisation.

Second constat. Hors les présomptueux précédents, ceux qui ont été les plus virulents contre le mouvement syndical sont ceux qui, parce que fortement politisés pour certains depuis des années et orphelins de l’organisation qui aurait du mener ce combat politique, se sont retournés vers l'organisation syndicale la sommant de mener un combat où pourtant le plus souvent très isolée, celle-ci avance des revendications et propositions lesquelles buttent sur le rapport des forces dont l'individualisme est point d'appui pour permettre au patronat de pouvoir y résister. La désertion des forces politiques pointées comme étant la "gauche", leur faillite dans l'affrontement idéologique permettant au capital d'avancer sans opposition politique voire même y ayant gagné d’inadmissibles appuis au sein même du camp de ceux qui se parfumaient de le combattre.

L'inexistence de l'outil politique nécessaire pour cela pointe la responsabilité de ceux qui l'ont mis en ruine pour le reformater en machin tiédasse de protestation devant les effets du système mais ne voulant plus le détruire.

Il y a des chiffres. Et plutôt que de les tordre pour justifier les choix de chacun, mettons à plat les données en intégrant comme ancrage et rappel le référendum de 2005, date pivot du rejet du traité européen par notre peuple, et la forfaiture des hors-sols qui a gravé durablement cette défiance populaire face " aux politiques ".

Notons donc : 800 000 signatures appelant à venir manifester. 50 000 le matin, puis au soir de la journée environ 300 000. Une couverture géographique incontestable avec des participations plus ou moins denses selon les régions. On ne peut pas ne pas en tenir compte.

Autre données une tentative de prise en main du mouvement parfois plus que réussis par les forces d'extrême droite, de la droite de moins en moins conventionnelle en particulier là ou l'ex FN relooké R-Haine fait ses résultats électoraux les plus fort. Les mots d'ordre nationalistes, anti-arabe (pétrole) antisémite (capital) anti-migrants etc. étant par eux instillés dans les cortèges et banderoles comme en témoignent reportages photos et vidéos.

Arrive une question que peu tente de prendre frontalement et qui sert de levier idéologique à toute l'opération.

L'absence de point d'appuis pour riposter à ces pratiques conduit à laisser un champ libre pour instrumentaliser cette colère, instrumentalisation permise par les replis des uns et où d'autres s'étant déconnectés du réel, restent tétanisées devant cette offensive idéologique. 

Derrières ces images et prises de positions, transpire un débat de fond où tout à la fois se mêle la peur et la haine du peuple mais aussi le besoin de s'abriter derrière lui et d'user de sa colère.

Le peuple au travers des mots et leur usage est à la fois paravent ET/ou chargé de tous les maux.

Suite logique de l'opération, Se disant du camp progressistes, les mêmes qui reprochent leur absence en novembre 2018 aux organisations syndicales calées sur une analyse de classe sont ceux qui glosent sur le thème " l'extrême droite est mise en place par le vote ouvrier " (propos à chaque fois démenti preuves en mains ici depuis des années).

Quand la montée des mécontentements pousse à la mise en place de barrière idéologique anti émeute où le terme populisme est repris en boucle par tout ceux qui voudraient vêtir d'une défroque fascisante ceux qui n'en peuvent plus de leur politique, ils se trouvent ces alliés qui au nom d'une surprenante pureté idéologique enfourchent les mêmes haridelles.

Avec une idée gonflée de suffisance : le peuple, géniteur porteur contaminé de ce " populisme ", serait donc intrinsèquement dangereux , à contenir voire au prix de mesures antidémocratiques que seul les élites ayant distance pourrait être en droit de penser et d'imposer.

Il faut le dire clairement, le populisme n'existe pas. Il s'agit de l'appartement témoin du fascisme ordinaire qu'il convient de qualifier comme tel et d'extirper et briser cette mortaise qui voudrait lier le peuple à l’idéologie qui tend à son asservissement.

Dans ce pays, il est maintenant considéré comme sport national le fait de maquiller l’extrême droite avec ce qualificatif de populiste pour instiller, tel vaccine, l'idée que par nature le peuple serait consubstantiellement LE porteur et LE responsable de l'idéologie qui n'a de cesse de le réprimer et martyriser.

La mise en scène du débats politiques poussée par des scénaristes rompus aux ficelles du métiers, s'il n'y a pas un rapide et puissant sursaut  va produire une récoltes de fruits vénéneux au goût fangeux. La dernière quinzaine est à ce titre exemplaire , et elle ne touche pas que la Droite et son extrême.

Comment ne pas manifester sa surprise quand venant de militants ayant mené toute leur vie combat pour l'émancipation du peuple, le mots populisme est utilisé sans retenue par ceux la même qui savent rappeler les racines historiques du " Front National " de la Résistance au fascisme, ou encore que "national socialisme" est tout sauf socialiste et essentiellement de ce nationalisme qui lui même est antagonique au concept de Nation telle que créée par la Révolution française ?

Devant ce paysage à la Dürer, la haine bottée embusquée peut ainsi se frotter les mains tant, alors qu'elle est aussi en délicatesse, le déplacement des projecteurs lui dégage le chemin et lui sert la soupe.

En affichant cet état des lieux, Canaille le Rouge mord-il le trait ?

A lire la presse, à voir ce qui passe dans l'accélérateur de particule que sont les réseaux sociaux, à coup sûr hélas non !

Les coïncidences calendaires étant ce qu'elles sont, comment ne pas noter que depuis deux ans chacun des moments drainant une hyper-médiatisation de ces dénonciateurs de populisme, surgit comme réplique structurée, pare feu des ébranlements  pouvant mettre le système si ce n'est en péril au moins en difficulté ?

Comment ne pas voir que " l'heure de pointe de ces  crises " et ses éventuelles répliques correspondent à chaque fois à un temps forts du mouvement social contre le patronat et son pouvoir, mouvement ainsi passé aux oubliettes au plus grand bonheur du Medef et ses acolytes. 18 octobre et 17 novembre étant modèle caricatural du processus. Et en notant que l'usage du procédé n'est pas l'exclusivité de la droite extrême. 

Se révèle ainsi un des ressorts utilisés par les hors sols pour laisser ces illettrés, puérils, feignants, qui coûtent, ces envoyés au diable par les caciques de la Social démocratie, ravalés aux rang de spectateurs, interdits de dire leur mots sauf à échéances définies et calibrées (dates, fond et formes).

Pour s'en sortir, ce sinistre théâtre doit cesser.

Tant côté cour que côté jardin les premiers prix du conservatoire de science po, les metteurs en scène de l'ENA, leurs figurants, les éclairagistes choisis par le Medef, l'UE installée dans les cintres maîtrisant les décors. Devant la peur du hochet brun qu'ils agitent il est de bon ton, Chœur de fond de scène, d’appeler à se réfugier dans les plis de leurs toges.

Une des clés ouvrant l'issue est de casser les tréteaux et renverser les décors. Et d'isoler tout ceux qui se griment pour entrer en scène. La politique et l'avenir, ce n'est ni Cyrano, ni Lorenzaccio ou le Cid. Mais savoir apprécier le théâtre, l'aimer permet de démasquer les Tartuffe, les Topaze et autres Iago.

L'urgent est de détourner la tête de ce théâtre qui vise à rendre irrésistible l’ascension des Arturo UI.

A suivre...

 

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R
je suis globalement d accord avec ton analyse sauf lorsque tu cherches a tout prix a exonerer la confede CGT car les faits sont tetus et d apres mes renseignements les derniers CCN precedents le 17 novembre ont ete animes car malgre les demandes de delegues porte parole de la base la direction ne propose que des journees d action saute mouton programmees deux mois a l avance et donc deconnectees de la realite du terrain , la reunion du CCN faisant suite au 17 a donc mis en
difficulte la direction qui a essuye les reproches a mes yeux justifies de ceux qui demandent en vain depuis des mois une action nationale pour la defense du pouvoir d achat permettant de coordonner les nombreuses actions locales .
Mis en difficulte MARTINEZ vient d ailleurs de changer de discours en reconnaissant que l action des gilets jaunes etait justifiee , il faut dire qu il a eu connaissance qu une vingtaine d UD et que de nombreuses Ul avaient appele a manifester soit au cote des gilets jaunes soit en organisant des actions paralleles , alors il me semble que la CGT doit etre presente dans toutes les lutte concernant la defense du pouvoir d achat en elargissant le champ des revendications notamment les salaires les retraites les minima sociaux .
la CGT dout egalement cesser de justifier son absence par la presence du RN ( d ailleurs peu visible ) car ce n est pas parceque le RN dit que la mer est bleue que nous devons dire qu elle est blanche ...
a propos du referendum de 2005 rappelons que le FN avait egalement appele a voter NON ce qui n avait pas fait renoncer le PCF mais avait deja suscite des debats dans la CGT dont la direction s appretait a appeler a voter OUI !!!
sans faire de raccourci facile j en deduis neanmoins que l on peut effectuer un parallele avec la situation actuelle ou la direction de la CGT tente de minimiser le mecontentement pour refuser d organiser des actions pour refuser la politique de MACRON aux ordres de l UE , mais comment mordre la main de ceux qui vous nourrissent via la CES et ses genereuses subventions ...
RIchard PALAO