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Et si on parlait -toujours et encore - service public SNCF ?

 

A l'ouest rien ne va plus

Et si on parlait -toujours et encore - service public SNCF ?

C'était le 10 décembre.

Les petits fours en uniformes et les plateaux de gendarmes colonel en tête attendaient qui le sous-préfet et sa suite, qui les non-invités qui avaient des choses à dire,

Le Directeur régional de la SNCF, ce Ferrand dont il faut faire en sorte que Ferrand sorte, des Zélu.e.s en brochettes et des notables plein les rames arrivant de Quimper et de Brest et se croisant, voie unique oblige, en gare de Chateaulin.

Une belle palanquée de cheminots et d'usagers, un dimanche d'avant fête à 14 h 00, c'est pas mal, n'étant pas invitée aux festivités s'était quand même présentée à plus d'une centaine pour protester contre une réouverture au rabais : plus d'agent en gare pour vendre des billets et renseigner les usagers, le client n'ayant qu'à se débrouiller. 

Moins d'un mois plus tard une légitime mauvaise humeur justifie la colère des cheminots et porte l'exigence des moyens d'un vrai service public.

Ouest-France rarement à la pointe du combat revendicatif en parle de cette façon :

À Châteaulin, la gare rénovée manque de services
  • Jean-Louis Nanot, devant la borne peu pratique de la gare de Châteaulin. | Ouest-France

Philippe Attard.

Pas de toilettes, une borne au fonctionnement ésotérique, un guichet fermé. Malgré plusieurs millions d'investissement, la gare rénovée de Châteaulin souffre d'un réel manque de contact.

Jean-Louis Nanot n'en revient toujours pas. Vendredi, il amène sa fille de 16 ans à la gare de Châteaulin. « Voilà trois jours qu'elle préparait son après-midi avec ses copines »,raconte-t-il.

Ce jour-là, manque de chance, ou plutôt trop de chance. C'est le jour de l'inauguration des travaux de la quatre voies à Châteauneuf-du-Faou.

La ministre chargée des transports, Élizabeth Borne, vient tout spécialement en train de Brest, accompagnée des présidents et vice-présidents du conseil régional, du maire de Brest François Cuillandre. À la gare l'attendent Gaëlle Nicolas, maire Les Républicains de Châteaulin et Richard Ferrand, député La République en Marche, tous deux conseillers régionaux.

Borne compliquée

« Il y avait des gendarmes partout, raconte Jean-Louis Nanot, 64 ans, de Brasparts. On était arrivés à se renseigner sur internet, où l'on avait trouvé une certaine variété de prix, sur plusieurs sites. Le prix moyen s'élevait à 9 €. »

La gare fraîchement rénovée n'a déjà plus de guichet. Après la rénovation de la ligne ferroviaire Brest-Quimper, la SNCF a décidé de supprimer le guichet, et le service commercial. Une borne bleue a été installée dehors, contre la façade.

Pas abritée

Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle souffre de nombreux manques. D'abord, elle n'est pas indiquée. Grande comme une petite armoire, elle permet d'obtenir les billets sur les lignes de TER bretonnes.

« Il ne faut pas qu'il pleuve car elle n'est pas abritée, fait remarquer Jean-Louis Nanot. Et s'il y a du soleil, on ne voit rien sur l'écran. Je plains les personnes âgées. »

Quant à la manipulation, mieux vaut ne pas arriver deux minutes avant l'arrivée du train, ce qui arrive parfois quand on est à la bourre.

Montre en main

Car montre en main, pour quelqu'un qui n'est pas familier de cette machine, mais tout de même habitué à l'usage du smartphone, il faut au moins six minutes. « Mais aussi, il faut une carte bancaire, souligne Jean-Louis Nanot. Et aujourd'hui, ce n'est pas toujours le cas, surtout pour les gens en difficulté financière. »

Quant aux personnes handicapées, pas sûr qu'elles arrivent à lire ce qu'il y a sur l'écran, incliné pour une personne debout.

« Ne parlons pas des personnes âgées. La mollette qui sert à choisir son parcours, avec les gares d'arrivée, celles de départ, et surtout les tarifs, avec les nombreuses cartes, c'est pas de la meilleure lisibilité. »

Différences de tarifs

Mais la surprise est arrivée tout à la fin : le prix. « Ma fille en a eu pour 13,50 € ! Alors qu'en bus, ça lui aurait coûté deux euros. Est-ce bien normal ? »

Côté SNCF

Du côté de la SNCF, on assure que les tractations pour trouver un lieu de vente de billets en ville à Châteaulin n'ont pas abouti. Impossible, comme à Concarneau, d'y installer des bornes, avec un commercial, dans les locaux de l'office du tourisme : celui-ci, implanté aux halles de Châteaulin, n'est pas ouvert toute l'année.

Les négociations avec une agence de voyages privée, n'ont pas abouti non plus. Même si un conseiller est là pour guider les gens, de 8 h 15 à 12 h 45 et de 16 h à 18 h 45, est-ce bien suffisant ? « Il n'est pas là le dimanche et les jours fériés. Comment fait-on ces jours-là, alors ? Et en dehors de ces horaires ? » questionne Jean-Louis Nanot.

La réponse est en suspens. Tout comme celle des toilettes, remplacées parfois par celles de la salle de sport qui se trouve juste en face. Décidément, à Châteaulin, sur ce coup-là, la SNCF, comme la Région, principal financeur de la rénovation de la gare, n'ont pas joué leur meilleure carte.

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