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Touthenmakron subit la colère guyanaise

devant la colère d'un peuple 

un prince qui cultive mépris et suffisance

Touthenmakron subit la colère guyanaise

Acte1 - folklore néo colonial :

Comme un roi thaumaturge, il a ponctué son lent cheminement par des haltes au contact des habitants, s’arrêtant pour caresser les joues et les cheveux des enfants, pour les serrer contre son cœur ou pour faire d’innombrables selfies, sous le regard du préfet en grande tenue blanche et des chefs coutumiers, torse nu et coiffés de plumes. (le Monde)

Intermède :

Entre ridicule et suffisance obscène, le pharaon dans ses oeuvres : 

Le chef de l’Etat a ainsi accepté de dialoguer avec l’habitant d’une maison délabrée dont la façade avait été recouverte de palissades par la municipalité, désireuse d’embellir le quartier où le président devait prononcer un discours.

« Amenez-moi le propriétaire ! », a donc lancé M. Macron à un journaliste du Kotidien, qui lui faisait remarquer que ledit propriétaire était « vexé »


 

Acte 2 : la colère

A la frontière fluviale avec le Surinam, au cœur de la forêt amazonienne  « Bienvenue M. le président, nous sommes dans une situation déplorable », « Nous sommes en souffrance », lit-on sur des pancartes brandies au passage de l’imposante délégation officielle.
 

De Retour à Cayenne,devant les choix du princident de la monarblique, le ton monte.

Réclamant un rendez-vous avec le chef de l'Etat, les manifestants se sont ensuite rassemblés devant la préfecture où ils ont écarté une première série de barrières pour se rapprocher du bâtiment.

Une marche à l'appel du collectif a rassemblé plus d'un millier de personnes à Cayenne, jeudi après-midi. Les manifestants ont demandé le respect des accords signés avec l'ancien gouvernement à l'issue du mouvement de grogne de mars-avril. 

L'Elysée a proposé un rendez-vous vendredi matin aux manifestants, mais ces derniers ont refusé, réclamant de voir le chef de l'Etat dans la soirée. Ce dernier avait une réunion de travail avec les élus de Guyane avant de se rendre à un dîner républicain à la résidence préfectorale.

C'est ensuite que les événements ont dégénéré. Les gendarmes mobiles (les bleus arrivent bien plus vites que les subventions) se sont déployés dans la ville,notamment aux abords du commissariat, où des jeunes venus de quartiers défavorisés, souvent encagoulés, ont commencé à lancer des cocktails Molotov. Des poubelles ont notamment pris feu. Les forces de l'ordre ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène.

Au passage chacun pourra noter qu'avec insistance la presse parle plus du "chef de l'Etat" que du Président de la République.

Touthenmakron subit la colère guyanaise

Acte 3 - Suite de la visite, les masques tombent :

Touthenmakron  "a assuré que, sur les 3 milliards évoqués dans les accords de Guyane du printemps 2017 (un plan d’urgence de 1,08 milliard et des demandes complémentaires de 2,1 milliards d’euros), plus d’un milliard serait effectif. D’autres projets « réalistes » pourront être financés, sous la houlette du préfet."

Demander une route ou un hôpital relève donc de l'irréalisme pour le factotum du Medef.

Ce rejet par le Président de la République de l'égalité républicaine qui ne surprendra que ceux qui n'ont pas perçu la réalité coloniale des DOM TOM éclate avec toute la suffisance monarchique du Pharaon de la rue St Honoré : ce ne sont pas les élus qui décident mais le Préfet et si des crédits sont débloqués pour un stade de foot, pour les routes et l'Hôpital, ce sera peau de balle. (notons que pour cette visite l'hélico n'était pas un luxe, c'est le seul moyen sauf la pirogue pour y accéder.

Pour Maripasoula, M. Macron a notamment annoncé des crédits pour un lycée et un stade de foot. Mais assumé le fait qu’il n’y aurait ni route (Cayenne-Maripasoula) ni hôpital. « Je ne vais pas vous mentir », a-t-il répété, assurant qu’il refusait de faire de la « démagogie ». « Les engagements pris seront tenus. Pas plus, pas moins », a-t-il résumé.

 

Il n' a pas encore d'épilogue mais la suite telle que la rapporte le Monde est éclairante :

"Pas de quoi circonscrire la colère du collectif Pou Lagwiyann dékolé (« Pour que la Guyane décolle », en créole) qui manifestait au même moment dans les rues de Cayenne. Porteur du mouvement social qui avait paralysé la Guyane au printemps, le collectif plaide pour des « conditions de vie égales à l’Hexagone » et réclame le respect des accords d’avril.

Il demandait aussi à être reçu par Emmanuel Macron, qui a fait savoir au dernier moment qu’il était prêt pour une rencontre, le lendemain. Lui qui espérait ménager un effet de surprise, soignant du même coup son profil de président n’ayant pas peur d’aller au contact (même rugueux), il s’est vu opposer une fin de non-recevoir de la part de Pou Lagwiyann dékolé, qui exigeait de le voir dès jeudi soir. « Macron n’a pas conscience de ce qui se passe en Guyane, déplore le porte-parole du collectif, Davy Rimane. Il se rend dans la ville la plus enclavée de Guyane en hélicoptère ! A quel moment va-t-il comprendre notre quotidien ? »

Commencé dans le calme, avec des slogans criés (« Fier d’être guyanais ! »,  « Collectif déterminé »), des chansons et des drapeaux guyanais, agités dans la moiteur de Cayenne, la manifestation a dégénéré à la nuit tombée, aux portes de la préfecture. Déterminés à en découdre, plusieurs dizaines de manifestants, excités et déçus de ne pas rencontrer M. Macron – en train de dîner au même moment à la résidence du préfet, après avoir reçu une délégation de maires guyanais –, ont tenté d’enfoncer les barrières qui protégeaient le bâtiment officiel, contraignant les CRS à répliquer à coups de gaz lacrymogènes.

« On essaie d’appeler au calme, mais c’est compliqué, reconnaît M. Rimane. Le peuple est excédé et le président Macron lui répond par le mépris, par des gaz lacrymo ! » Des violences et des échauffourées se sont poursuivies une grande partie de la nuit, à quelques heures des annonces présidentielles en faveur de la lutte contre l’insécurité, l’immigration illégale et l’orpaillage clandestin. Maniaque du contrôle, Macron se serait bien passé de ces débordements, qui viennent  écorner les images soignées de Maripasoula, montrant un président empathique et à l’écoute des Français qui souffrent. Mais, comme le répétait son prédécesseur à l’Elysée, rien ne se passe jamais comme prévu.


 

Nous assistons peut-être à la première phase d'une lutte d'un peuple pour gagner sa souveraineté.

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