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Trois mois...vous n'allez pas en faire un fromage

 

Aux dernières nouvelles,

Balkany, Tapie, Sarkozy, Cahuzac etc.

se portent bien

 

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Les faits tels que rapportés par le journaliste du quotidien du très gouvernemental radical de gôôôche ministre Baylet, avec un style qui incite à la vindicte et à la sanction mais y transpire aussi les raisons  :

Un jeune marocain de 22 ans, en situation irrégulière sur le territoire français depuis trois jours , a été jugé hier par le tribunal correctionnel pour avoir volé une bûche de fromage de chèvre au magasin Aldi, avenue de Lardenne, à Toulouse. Mercredi, le jeune homme «qui n'avait pas mangé depuis trois jours» s'est rendu accompagné d'un complice dans ce supermarché. Imitant des clients lambda en train de faire leurs courses, les deux jeunes ont subtilisé une bûche de fromage de chèvre. Cette entourloupe n'est pas passée inaperçue aux yeux du vigile qui a décidé de les intercepter avant qu'ils quittent le magasin. Le premier larron a réussi à prendre la fuite tandis que le deuxième a été rattrapé par le gardien de sécurité. C'est alors que le jeune prévenu s'est rebellé et a commencé à frapper le vigile avec ses poings dans le torse après l'avoir mis au sol avec une balayette. L'agent de sécurité a réussi à maintenir le jeune homme jusqu'à l'arrivée des forces de l'ordre. Dans le box, le complice est absent. C'est la première fois que je vole...», se défend le seul prévenu par le truchement d'un interprète. «J'ai fait ça pour manger. J'avais faim, cela faisait trois jours que je n'avais rien avalé». Patrice Michel, procureur de la République requiert à l'encontre du jeune prévenu au casier vierge, 5 à 8 mois de prison ferme assortis d'un maintien en détention. La défense de Me Durand Cécile s'attache aux risques pris par son client pour rejoindre l'Europe et sur la peur de devoir retourner dans son pays d'origine. Finalement, le tribunal a condamné le jeune adulte à 3 mois de prison avec maintien en détention.

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Souvenir d'école, comme ça, en passant, ce texte de victor Hugo :

Hier, 22 février, j’allais à la Chambre des pairs. Il faisait beau et très froid, malgré le soleil et midi. Je vis venir rue de Tournon un homme que deux soldats emmenaient. Cet homme était blond, pâle, maigre, hagard ; trente ans à peu près, un pantalon de grosse toile, les pieds nus et écorchés dans des sabots avec des linges sanglants roulés autour des chevilles pour tenir lieu de bas ; une blouse courte et souillée de boue derrière le dos, ce qui indiquait qu’il couchait habituellement sur le pavé, la tête nue et hérissée. Il avait sous le bras un pain. Le peuple disait autour de lui qu’il avait volé ce pain et que c’était à cause de cela qu’on l’emmenait. En passant devant la caserne de gendarmerie, un des soldats y entra et l’homme resta à la porte, gardé par l’autre soldat.

Une voiture était arrêtée devant la porte de la caserne. C’était une berline armoriée portant aux lanternes une couronne ducale, attelée de deux chevaux gris, deux laquais en guêtres derrière. Les glaces étaient levées mais on distinguait l’intérieur tapissé de damas bouton d’or. Le regard de l’homme fixé sur cette voiture attira le mien. Il y avait dans la voiture une femme en chapeau rose, en robe de velours noir, fraîche, blanche, belle, éblouissante, qui riait et jouait avec un charmant petit enfant de seize mois enfoui sous les rubans, les dentelles et les fourrures.

Cette femme ne voyait pas l’homme terrible qui la regardait.

Je demeurai pensif.

Cet homme n’était plus pour moi un homme, c’était le spectre de la misère, c’était l’apparition brusque, difforme, lugubre, en plein jour, en plein soleil, d’une révolution encore plongée dans les ténèbres mais qui vient.

Autrefois le pauvre coudoyait le riche, ce spectre rencontrait cette gloire ; mais on ne se regardait pas. On passait. Cela pouvait durer ainsi longtemps. Du moment où cet homme s’aperçoit que cette femme existe tandis que cette femme ne s’aperçoit pas que cet homme est là, la catastrophe est inévitable.

Victor HUGO, Choses vues, 1888

Hugo parle 22 fevrier 1846, deux ans avant la révolution de 48.

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