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Ah c'que c'était bien avant !

ou comment construire

une pensée réactionnaire

Ah c'que c'était bien avant !

Comme c'était bien avant les Encyclopédistes et les Lumières

Un débat se dessine sur les réseaux sociaux à partir de découvertes qui pourtant sont évidences : ceux qui ont construit les ruptures antérieures l’avaient fait avec le patrimoine de leur réalité sociale et les idées et pratiques de leur temps. La question est-elle de condamner ce qu'ils disent au nom de ce qu'ils furent ou de mesurer ce que malgré ces pesanteurs ils ont permis de faire bouger ?

Les hommes des Lumières, les Encyclopédistes n’étaient pas des extra terrestres et tous étaient issus des catégories sociales qui les avaient éduqués et formés à les perpétuer mais qui, à un moment donné, vivaient une telle contradiction que l’expression de leurs idées les mettait en opposition avec ce que leur état social créait de condition à leur existence.

Esclavagistes, racistes, patrons, exploiteurs, sexistes, rentiers tout ce que leurs écrits vont aider à engager de combat pour les subvertir était leur fond social, leur rapport à l’humanité. Point de rupture pour tous, la liberté de conscience contre la religion et l’absolutisme qui se confortaient dans le maintien des critères énoncés ci avant.

Pour faire confortablement devant son clavier le procès des hommes des Lumières et de ces Encyclopédistes qui tous étaient révolutionnaires dans ce qu’ils poussaient à la subversion de l’existant pour un autre ordre économique social et politique, n'est-il pas pour le moins prétencieux et n'exige-t-il pas plutôt à bien de re-contextualiser la période où ils vivaient et ce que fut leur apport, pas pour en faire l’horizon indépassable de la transformation révolutionnaire, sinon tous les conservatismes vont se frotter les mains.

De même que la démocratie athénienne (qui sert de référence à la vie politique et aux débats d’actualité) n'avait de démocratie que le nom ; elle gardait l'esclavage, institutionnalisait l'exclusion du suffrage universelle toutes les catégories populaires et interdisait (déjà) la citoyenneté à toutes les Athéniennes, ne pas regarder à quel moment les lumières et les encyclopédistes interviennent et pour dire ce qui fait rupture avec le féodalisme et l’absolutisme va bientôt conduire au nom de la pureté des idées à faire regretter le numéro 11 de chez Louis aux fragances de cage de fer, les dragonnades du numéro 14 et les pratiques de droit divin ou les bûchers de l’inquisition que la cohorte des références anté, inter ou successorales à ces deux autocrates avaient entretenus.

Dire que ce qui fait bouger est pire que l’existant ou ne vaut pas mieux est le principe même de la pensée réactionnaire (ne changeons rien) ou l’excuse à toutes les dérives construites sur la fatalité des choses (suivez mon regard vers les roses crépuscules qui tentent désespérément de maquiller l’horizon déclaré indépassable du marché).

Les Communards comme les Sans-culottes n'avaient pas aboli la peine de mort. Ils l’ont même utilisé pour se défendre des massacreurs (la première terreur est blanche, les massacres versaillais) comme les bolchéviks se sont défendus des armées blanches et de l’interventionnisme des puissances occidentales. En France le procès permanent contre Robespierre par tous les conservatismes est la pierre angulaire de l'édifice réactionnaire. C'est ce qui permet aux assassins de présenter les révolutionnaires comme des brutes sanguinaires. Ces Révolutionnaires, face à la déferlante, Faut-il les renier? Fallait-il qu’ils tendent leur profil gauche au sabre des massacreurs ?

Venant de ceux qui traitent de l'appellation générique de « stalinien » quiconque révèle les passés vichyssois des uns ou des autres est pour le moins fort de café. Venant de ceux qui se laissent brouiller l’horizon pour les contraindre à mieux rester l’arme au pied cela demande informations, aides et pour certains des éléments d’instruction dont ils ont été privés pour leur interdire d’y réfléchir.

Et pourtant il semble bien que d’aucuns ne faisant aucun effort pour s’affranchir de la pensée dominante et aider leurs semblables à s’en extraire, pour montrer qu’ils sont comme maintenant les autres en arrivent à démontrer qu’ils sont devenus…comme les autres.

On ne construit pas de ruptures efficaces avec les matières vermoulues de la consolidation de l’état existant.

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