Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

les cautions du colonialisme

A propos d'un voyage officiel,

dans des territoires

dont l'annexion

est dénoncée par l'ONU

les cautions du colonialisme

Anne Hidalgo maire de Paris part en voyage officiel en Israël.

Au programme, parmi diverses étapes et au moment où le ministre de la justice du gouvernement de Tel Aviv propose l'elimination du peuple palestinien, une réception par le gauleiter de Jérusalem installé par les forces d'occupation.

Jean Claude Lefort député honoraire, ancien élu du Val de Marne vient de rendre public une protestation que Canaille le Rouge considère comme un devoir moral de rendre public et à faire partager :

Lettre ouverte à Anne Hidalgo, maire de Paris

 

Madame la Maire de Paris,

 

C’est avec une consternation certaine et un effarement proche de l’absolu que j’ai pris connaissance de votre programme lors de votre déplacement en Israël et dans les territoires palestiniens occupés.

 

Je ne retiendrai que deux points majeurs qui alimentent ma réaction : votre dîner sous l’égide du maire de Jérusalem et votre participation à une réunion avec Benjamin Netanyahu.

 

Tout d’abord il y a un repas à l’invitation du maire de Jérusalem. Comme vous le savez certainement,Jérusalem-Est est illégalement annexée. Il en résulte qu’il ne saurait y avoir de "maire de Jérusalem" qui soit légitime. Dit autrement, en participant à une initiative sous son égide, c’est l’annexion illégale de la partie palestinienne de la ville, annexion condamnée par la communauté internationale, que vous avalisez !

 

Ce n’est pas rien. Vous participez ainsi à donner un blanc-seing à l’occupation israélienne et vous tournez le dos à tout espoir de paix avec les Palestiniens en leur signifiant que Jérusalem est une ville israélienne.

 

C’est une aberration politique contraire au droit et à la paix – mais c’est pourtant votre choix, un choix que je souhaite vous voir modifier.

 

Cautionner les idées de Netanyahu

 

Et puis il y a votre rencontre avec Benjamin Netanyahu. Vous participerez, avec le Premier ministre israélien, à un colloque sur l’antisémitisme. En soi personne ne peut s’opposer à votre participation à un tel colloque. Le problème c’est qu’il n’y a pas de question "en soi" en Israël.

 

Pour Netanyahu, l’antisémitisme, c’est clairement toute critique de la politique que mène son gouvernement. Pour lui, Israël est le pays du "peuple juif" et donc il considère, comme il l’a fait à Paris à l’occasion des terribles événements survenus en France au mois de janvier, que les juifs de France doivent aller vivre en Israël et non pas rester en France alors que comme tous les citoyens français ils font pleinement partie de notre République.

 

Votre présence à ses côtés va cautionner ses "conceptions" et ce n’est pas neutre, tout au contraire.

 

Un gouvernement extrémiste

 

De plus, il vient de former son gouvernement. Après avoir, durant la campagne électorale, déclaré qu’avec lui réélu "il n’y aura jamais d’Etat palestinien" et que "la colonisation continuera", il vient de former un gouvernement extrémiste en adéquation avec ses dires.

 

Et, de fait, on apprenait le 9 mai que son gouvernement avait donné son feu vert à la construction de900 logements pour des colons à Jérusalem-Est, rongeant encore et toujours plus toute idée de paix. Et il s’est entouré, au gouvernement, de personnages dont il est impossible de ne pas rappeler les intentions.

 

La ministre de la Justice, Ayelet Shaked, a déclaré qu’il ne "fallait pas tuer seulement les terroristes palestiniens mais tous les Palestiniens qui sont nos ennemis" tandis que le ministre de l’Économie, Naftali Bennett, a déclaré son opposition absolue à l’existence de tout l'Etat palestinien nonobstant le fait que pour lui, "tuer des Arabes" ne lui pose aucun problème.

 

Quand au ministre de la Défense, Moshe Yaalon, il promet de tuer davantage de Palestiniens et n’écarte pas l’idée d’utiliser l’arme atomique contre l’Iran pour lui réserver le sort d’Hiroshima et de Nagasaki.

 

Vous admettrez que tous ces actes et ces paroles sont odieux et tournent absolument le dos à la paix.

 

Des risques d'instrumentalisation

 

Sous une apparence de voyage "équilibré", vous allez finalement fermer les yeux sur tout cela qui est aussi contraire aux valeurs dont vous vous réclamez.

 

Vous allez vous placer, que vous le vouliez ou non, dans le camp des faucons et des racistes car vous allez les cautionner par votre présence à leurs côtés. Vous allez vous situer hors le soutien au droit et à la justice. Quoi qu’il en soit de vos dénégations éventuelles, c’est bien ce que vous allez faire !

 

Ce n’est pas acceptable et cela ne pourra que nuire à la paix car vous allez valoriser ceux qui y sont hostiles.

 

C’est pourquoi, sur ce second point aussi, je vous demande de vous reprendre et de ne pas accepter cette instrumentalisation au profit de l’extrême droite israélienne. Méfiez-vous de cette politique par laquelle vous serez inévitablement utilisée.

 

Dans l’attente,

 

Je vous prie de croire, Madame la Maire, en l’assurance de volonté de paix et de justice pour les peuples du Proche-Orient.

 

Jean-Claude Lefort

Député honoraire

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
R
Après la photo sur les murs de l'Hôtel de Ville de Paris au temps où Delanöe en était maire, du soldat franco-israëlien prisonnier en territoire palestinien où il ne s'était pas rendu pour y faire du tourisme et en revanche aucune du jeune franco-palestinien prisonnier dans les geôles de cet état si juste et si droit-de-l'hommiste, voire même des déclarations honteuses de ce même Delanöe justifiant sa non intervention envers ce jeune français prisonnier en déclarant que "Israël était une démocratie" et qu'en quelque sorte le sort de ce jeune homme n'était pas si terrible que cela, rien n'a changé, nous sommes dans la continuité du soutien au sionisme-fascisme.
P
Étant engagé à l 'AFPS nous partageons l'indignation de Jean-Claude Lefort. Décidément ils ne sont pas à un reniements près.<br /> Amicalement,<br /> Philippe BRODBECK