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Où vont se nicher les réhabilitations sulfureuses (coup de gueule)

70 ans après la défaites des armées nazies

subsiste un grand titre

de presse

né dans la Résistance :

les Lettres Françaises

un des plus grand titre de la presse de la Résistance

un des plus grand titre de la presse de la Résistance

La lecture des Lettres Françaises sont un de ces petits plaisirs qui donnent du punch au plaisir déjà si fort de la lecture.

C'est toujours avec gourmandise que La Canaille attend la livr@ison de l'édition du moment.

Rien que de lire le titre, défile de Jacques Decour à Aragon jusqu'à Ristat, en passant par Paulhan, Morgan et combien d'autres, un kaléïdoscope de ce qu'est depuis plus de 70 années une des pépites de l'intelligence française contemporaine.

Un journal exigeant pour ses lecteurs. Avouons le sans honte, nombre de ses articles ont vu et verront Canaille le Rouge ne pas aller au bout, manquant d'outil pour achever des ascensions parfois ardues.

Une exigeance qui en retour rend le lecteur exigeant.

Un article dans la dernière livraison fait bondir l'auteur de ces lignes.

Une critique d'un livre sur le trio "Casals, Thibaud, Cortot" un trio de musiciens qui va laisser des souvenir lumineux dans l'histoire de la musique contemporaine, mais pour un de ses membres une macule indélébile d'indignité.

Ce qui fait bondir La Canaille et l'epourpre encore plus, ce sont deux phrases. Impossible de les lire sans réagir quand elle sont imprimées sur les pages des LF, ornées de l'histoire du titre.

A les découvrir, quelle monumentale colère aurait certainement piquée Aragon !

Que la photo ci dessous serve de viatique pour explorer la question :

 

 

Michel Tagrine violoniste au Conservatoire

Michel Tagrine violoniste au Conservatoire

Né à Paris Le 26 mai 1922, il était entré dès 1940 dans un groupe de résistance d'étudiants, Violoniste, membre de l'orchestre des Cadets dirigé par Charles Munch, crée par Claude Delvincourt. Michel Tagrine a été tué le 25 août 1944 durant l'insurrection parisienne lors d'une attaque contre la caserne de la place de la République occupée par l'armée allemande. Il était lieutenant FTP-FFI.

 

Ce mois ci, page 10, un article où nous pouvons y lire ces deux phrases :

" L’engagement de Pablo Casals en faveur des républicains espagnols marque la vie du Trio, tandis qu’Alfred Cortot n’est pas indifférent à la drôle de guerre, puis à l’arrivée du maréchal Pétain à la tête de l’État français…"

pour la première et ce :

" (songeons à Prades ou au concours Marguerite Long-Jacques Thibaud, voire les polémiques concernant Alfred Cortot)" pour la seconde.

"Pas indiférent", "polémiques".

Rappelons au passage que Pétain n'a plus droit à ses grades et titres et que le présenter "maréchal" est déjà plus qu'une inconvenance mais une faute surtout dans ces colonnes.

Si l'engagement de Cazals ne pose pas de problème, bien au contraire, si Thibaud co créateur du concour international  Long-Thibaud fait aussi référence, le voile pudique posé sur Cortot mérite qu'on le soulève et qu'on mette un peu de lumière sur le sinistre personnage.

Expliquons nous. Même 70 ans plus tard un salaud reste un salaud.

De même que le docteur Porsche tout excellent ingénieur qu'il fut était un nazi, Cortot tout virtuose qu'il ait été fut un pétainiste notoire du premier cercle et un raciste accompli.

Nombre de thèses savantes, comme des ouvrages de vulgarisation,  des colloques et débats ont établi le rôle de ce misérable, lequel doit rester dans l'histoire comme celui qui aura introduit dans le monde de la musique son célèbre questionnaire(il porte son nom) lequel permettra outre de tenter de souder une profession autour de la collaboration, participera à donner le cadre institutionel pour organiser l'épuration raciste dans les opéras théatres lyriques, les conservatoires et Orchestres.

Avec nombre d'arrestations, déportations, assassinats à la clé.

Claude Delvincourt pourtant homme de droite affirmé, directeur du Conservatoire y verra une telle bassesse que cela le conduira à très vite à être aux cotés d'Elsa Baraine,  Roger Désormière, Irène Joachim, Manuel Rosenthal, Charles Munch,  Henri Duthilleux, Georges Auric et quelques autres pour agir, protéger les persécutés "raciaux" (comme Maurice Frank, Darius Milhaud) écrire et participer à l'édition de "Musicien d'Aujourd'hui" le journal clandestin pour les artistes (compositeurss chanteurs et interprètes) du "Front National des intellectuels" (celui de la Résistance, celui des Lettres Françaises bien sûr) titre clandestin qui en juin 43 appelle à "l'union et action contre les déportations". Cortot est des plus actifs dans le camp de l'Etat français qui charge les trains de la déportation.

Non, Alfred Cortot n'est pas sujet de polémique mais de condamnation et dans la période tout doute profite au négationisme ambiant. 

 

Où vont se nicher les réhabilitations sulfureuses (coup de gueule)

L'attitude de Cortot sous l'Occupation est marquée par une proximité plus que prégnante avec le régime de Vichy : tournées en Allemagne nazie, attitude à l'égard des musiciens juifs. Il sera Conseiller National de Vichy et membre du cabinet d'Abel Bonnard fasciste revendiqué et ministre de l'éducation du gouvernement Laval.
Une collaboration qui ne se fit pas sous la contrainte : 

Arno Brecker, sculpteur favori d'Hitler, lui fera un buste, ce qui dans la période est autre chose qu'une oeuvre de commande.

le Grand pianiste pianiste, Pierre Réach, professeur aux conservatoires de Paris et de Barcelone, professeur Honoris Causa du conservatoire de Shanghai, a propos d'un article un peu trop hagiographique publié dans le Monde au sujet de Cortot écrit en Janvier 2013 dans un "prière d'insérer ":


.... Néanmoins, je me sens dans l'obligation de rappeler ici que c'est la même Yvonne Lefébure qui m'avait raconté ainsi qu'à mes parents la manière dont Alfred Cortot avait renvoyé les étudiants juifs de l'Ecole Normale sous le régime de Vichy, et dans un grand courage décider elle-même de se séparer du Maître qu'elle assistait, et quitter à son tour l'Ecole Normale par solidarité envers ces jeunes malheureux exclus.
Il y a beaucoup d'autres exemples qui sont hélas la preuve indéniable d'un antisémitisme flagrant, et pourtant Alfred Cortot, célèbre qu'il était n'avait sans doute pas beaucoup à craindre de l'Occupant."


Déjà que contre l'avis des artistes et des personnels, parce qu'il était talentueux, le conservatoire de Paris a sulfureusement donné son nom à l'institution, décision plus que contestable, mais de ne pas le voir remis a sa place réelle dans "Les Lettres Françaises" est un affront à la mémoire de la Résistance, en particulier celle de ces artistes qui ont conjugué créer et résister au péril de leur vie contre Cortot et sa clicque.

Comment traquer la bête immonde en 2015, dénoncer ses séides et la laisser vagabonder sans retenue là où elle doit être combattue ?

 

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A
Ma première pensée "l'homme a la mémoire courte"mais nous sommes devant le téléviseur 1914-1945 ils ont fait l'histoire, et mon petit fils me demande pourquoi la croix gammée est interdite et j'ai du mal à trouver les mots adaptés à son âge, à notre histoire, à cette monstruosité...(comment lui transmettre cela ? ) Je ne voudrais pas que l'interdit devienne source d'attirance, j'ai toujours été pour la protection des lieux de mémoire, et si c'est coüteux à maintenir ce n'est rien comparé au passé ou au risque futur car il est vrai que la bête est encore là, tapie ou somnolente toujours aussi venimeuse, il faut l'écraser chaque fois qu'elle pointe sa tête et toujours toujours entretenir la mémoire pour vacciner nos descendants contre de telles idéologies. Aline