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Signes des temps

Tristes temps

les fricoteurs politiques, H Daumier 1850

les fricoteurs politiques, H Daumier 1850


 

De nombreuses organisations professionnelles ou territoriales de la CGT tiennent dans le moment leur congrès statutaire.

Pas question pour Canaille le rouge de porter appréciation sur l'organisation de leurs travaux, son UD, sa FD et la confédé lui donne en la matière de quoi à réfléchir, débattre voir à réagir si nécessaire.

Par contre ce qui attire l'attention, nouveauté à forte résonance dans la tradition républicaine, dans tous ces congrès, les personnels politiques habituellement citoyennement conviés et présents n'ont pas été invités et s'ils le sont, hésitent à se déplacer.

Parfois le maire de la ville congrès fait une fugace apparition et psuittt, parti ;"excusez moi j'ai du travail" comme si celles et ceux qui sont dans la salle étaient là pour bronzer.

C'est un signe qui n'est pas anodin. Venant des organisateurs, si cela était le fait d'une lecture (discutable) de la Chartes d'Amiens, on pourrait le tenter de le comprendre. 

Mais non, c'est tout simplement la marque du divorce entre le monde du travail et ceux qui se parfument de le représenter pour ensuite, le plus souvent, le mieux tromper. Les délégués de ces congrès ne le supportent plus.

Comment tenir congrès (toujours fort cher) dans une ville dont le député maire vote à tour de bras la casse des droits sociaux, y liquide les services publics (Hôpitaux, Transports urbains, SNCF), refuse de municipaliser l'eau, privatise la restauration scolaire etc ?

Peut-être -certainement- faudra-t-il mieux y regarder pour savoir où venir tenir ce type de réunions statutaires ? c'est une qestion.

Faut-il y inviter des forces politiques locales qui furent pré-supposées alliées et qui se révèlent alliées, certes, mais du patronat ? C'est la question.

Que nous en soyons arrivé là n'est pas réjouissant. C'est plus qu'un signe de défiance, c'est une alarme stridente pour le mouvement ouvrier et démocratique.

L’absence d'outil politique pour les travailleurs les laissent désarmés devant un patronat qui entre à l’Élysée comme dans un moulin quand ceux qui y ont installé son locataire sont reçus à coup de CRS.

Que les deux partis politiques qui ont été créés historiquement entre autre par la volonté de syndicalistes révolutionnaires de la CGT en 1905 (unification du congrès du Globe et SFIO), de même en 1920 (congrès de Tours pour la SFIC qui deviendra PCF) après la première trahison majeure des premiers en 1914, montre la profondeur et la nature de classe de ce divorce.

Ne reste massivement organisés dans ces deux organisations, si tant est que le terme reste approprié tant l'évaporation les frappe, que des militants retraités, des jeunes préposés à être colleur d'affiches ou les dirigeants, sortis de l'ENA de science Po, la filière des porte sacoche des "Zen place", produisent une caste qui recrutent parmi ceux qui ont fait un métier de l'engagement citoyen au point de léviter au dessus des réalités. C'est la nomenklatura matinée de népotisme à cuisses de coq et crête rose.

Disons-le sans hésiter, ce divorce est prononcé au tort total de la partie hors sol et politicienne.

Quand les forces sociales actives d'un pays ne partagent pas, c'est que le brouet proposé en partage ne convient pas, surtout quand les patrons de la petite entreprise de ceux qui en ont fait métier ne connaît pas la crise et se gavent des meilleurs morceaux.

Il va être plus qu'urgent que le monde du travail se construise un laboratoire qui ne soit pas dédiée à la cuisine électorale et à l'art d’accommoder ses restes.


 


 

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