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Au pays de Papon

le Lifarland

le Lifarland


La saison 2014-2015 de l'Opéra de Bordeaux fait dans le délicat et la dentelle :
Dans la ville qui vit le procès (certes vite affadit) des bourreaux d'Oradour, celui du procès de cette saloperie de Papon, celle des arrestations et déportation de Vichy, des fusillades de Résistants, la direction de cette vénérable institution, certainement en souvenir de ces pôv's gens si injustement persécutés par les éléments d'une guerre qui a coup sûr les dépassaient, rend un hommage à Lifar.

Serge Lifar danseur chorégraphe franco ukrainien nazi était-il sans talent ? Assurément non mais Arno Brecker tout aussi nazi aussi à quand une rétrospective au Trocadéro ?, Dassary avait une magnifique voix de pétainiste faut-il y dédier un studio à Radio France (Guitry est déjà de trop).

Lifar, luic'est une autre pointure : le Déat du Chausson, le Doriot du tutu, le Papon de l'école de danse, le svoboda du pas de deux. L'homme qui c'est précipité pour accueillir Hitler, le louis Renault de la danse, l'étoile du nazisme culturel (si tant est que les deux termes puissent cohabiter) en fuite à Monaco en aout 44, il sera réintégré de force en 47, la date n'est pas innocente, malgré une grève très dure des techniciens et agent de plateau de l'Opéra (pour en savoir plus lire "quand l'Opéra entre en Résistance -l'Oeil d'Or éditeur).

Durant les deux années commémoratives des combats pour extirper la bête nazie n'y avait-il d'autre programmation possible que de rendre hommage au supporter des fusilleurs de Souges ?
Pour ne pas en rajouter (et La Canaille le concernant dispose de munitions incontestables, voici ce qu'en dit Wikipédia, le plus souvent très mesuré quand il faut stigmatiser les comportements de ce type : 

Nommé maître de ballet de l'Opéra de Paris, de 1930 à 1944, Il devint l'une des « vedettes » de la vie culturelle et mondaine parisienne, où officiers allemands et collaborateurs se côtoyaient.

Il s'engagea dans une amitié avec le sculpteur allemand Arno Breker. Il félicita l'Allemagne après la prise de Kiev.

Anticommuniste et antisémite, il entra en correspondance avec Goebbels, qu'il rencontra ensuite dans le Paris occupé afin de tenter de jouer un grand rôle dans l'administration de l'Opéra de Paris, qui resta géré par Jacques Rouché.

Il fit des tournées en Allemagne et de surcroît vécut avec l'une des « comtesses » de la Gestapo, Sonia Olinska (de son vrai nom Irène Blache), espionne de la Gestapo

Est-ce une lubie de La Canaille ? Toujours Wipedia :

"Tout au long du conflit, Radio-Londres avait fustigé Lifar et sa collaboration avec l'occupant, lui promettant la mort. Inévitablement, à la Libération, il fut, sans autre forme de procès, licencié de l'Opéra et rayé à vie des scènes nationales. Il se cacha dans Paris chez plusieurs amies ballerines. Une instruction judiciaire fut ouverte afin d'examiner sa conduite, qui se termina par un non-lieu ; il avait entre-temps échappé à l'arrestation."


Vous ne trouvez pas curieux cette façon de commémorer la victoire sur la bête ?
Cela dit vu qui est Lifar, à coup sûr que Fabius sera à la première.

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