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6 juin 44, qui a débarqué ?

Qui

est resté

au

chaud ?

6 juin 44, qui a débarqué ?

70 ans qu'au matin du 6 juin, sous mêmes uniformes, des soldats noirs de peau ou très basanés en première ligne,encadrés par des officiers au teint plus clairs, accompagnés de Canadiens de toutes extractions et couleurs, de quelques Français qui piaffaient d'impatience de revenir à la maison, avec plusieurs milliers d'autres jeunes Anglais et soldats des dominions, précédaient une seconde vague de GI's plus présentables parce que plus (on n'ose pas écrire "mieux" mais c'était le critère) blancs.

Par unité de mille, ils étaient fauchés par les armées nazies, Wehrmacht et SS de toutes provenances, armée Vlassov et autres.

Si ceux qui sont tombés là, comme pour les survivants morts en masse plus tard, jusqu'à l'Elbe, doivent recevoir la reconnaissance du peuple français, on ne peut pas en dire autant de ceux qui dans les corridors de Wallstreet ou de la City (ceux de Paris prennaient massivement les eaux à Vichy) sont prudemment restés loin de la ligne de front à compter les profits engrangés à coopérer jusqu'en fin 43, voire pour certains 45, avec l'industrie concentrationnaire au point d'y avoir des usines et succursales jusqu'à l'entrée des camps.

Honneur donc à ces 300 000 gamins américains qui d'Utah Beach ou Guadalcanal jusqu'au cœur de fascisme sont tombés dans la lutte contre les forces de l'axe au même titre qu'il faut saluer la mémoire des 21 000 000 soviétiques dont 11 millions de soldats de l'Armée Rouge , les partisans, les populations massacrées par les forces nazies, de tous ces Résistants et partisans qui ont pris une part décisive à l'anéantissement du fascisme.

Par contre, ne pas avoir la mémoire courte pour ceux qui reprochent à l'URSS d'être entrée tardivement en guerre quand eux-mêmes attendront plusieurs mois après juin 41 pour la rejoindre (et encore à cause d'un jeu d'alliance suite à l'agression du Japon dans le Pacifique). 

Qui sait qu'en novembre 42 les USA disposaient d'un ambassadeur en poste à Vichy ? (William D. Leahy 1941- mai 1942 puis S. Pinkney Tuck jusqu'en novembre)...Un an après Châteaubriant, 5 mois après la rafle du Veld'hiv co organisés par Berlin et vichy et dont les plus solides des déportés non exterminés à l'arrivée rejoindront les esclaves livrés à l'industrie Allemande et ses partenariats américains jusqu'au 8 mai 45.

Eh oui canaillophiles, sans que cela ne diminue l'héroïsme et le courage des débarquants le 6 juin 44 au matin, il faut rappeler que les mêmes qui en 2013-14 exigent des certificats de vertu de la SNCF avaient ambassadeur à Vichy et Berlin quand les états toujours reconnus par Washington fusillaient Semard et torturaient à mort Wodli, quand l'état français guillotinait Catelas.

Pendant ce temps, Général Electric qui veut racheter Alstom bisnessait avec la perste brune*, IBM peaufinait ce qui ne s'appelait pas encore ses logiciels en créant la première base de données de masse informatisée restée dans l'histoire sous forme de tatouage sur le bras gauche coordonné à une fiche anthropométrique mécanisée.

C'est pour cela que mesurer ce que fut l'anéantissement du nazisme qu'à l'aune des états, de ramener qu'à des conférences (Téhéran, Yalta, Alger etc.) sans parler des peuples est une escroquerie morale : C'est le peuple américain qui poussera à lutter contre les alliés du capital américain, pas Wallstreet.

C'est le peuple soviétique, ceux des pays sous le joug nazis qui réinventeront les partisans qui avaient battu les armées napoléoniennes, les partisans qui Italiens, Grecs Yougoslaves, comme les Francs-tireurs reprendront le flambeau allumé en France par ceux de Garibaldi contre les prussiens en 1871.

Cela ne retire rien à ceux qui le 6 juin 44 sont venus porter le coup décisif à la brute nazie à l'ouest bien au contraire, mais là encore, il s'agit des peuples.
C'est le peuple français qui construira sa résistance pour prendre une part décisive à la libération du Pays, pas les fondateurs de l'Union Européenne, ramassis de pétainistes comme R.Schumann voire Mitterrand et de dignitaires nazis outrageusement blanchis dans le sillage d'Adenauer.

Par un de ces spectaculaires rétablissements ont il a le secret, le Capital tente aujourd'hui de se présenter comme le héros du combat antifasciste et antinazi rappelons simplement ces deux citations : 

Harry Truman, 1941 : " Si l'Allemagne gagne, nous devons aider la Russie et si la Russie gagne, nous devons aider l'Allemagne, afin qu'il en meure le maximum de chaque côté."

Henry Ford : "Ni les Alliés, ni l'Axe ne devraient gagner la guerre. Les USA devraient fournir aux deux camps les moyens de continuer à se battre jusqu'à ce que tous deux s'effondrent."

 

Voila pour les chefs d'états présents sur les côtes normandes qui éclaire bien la nature de la commémoration de ce 70ème anniversaire. Derrière le protocole et la glorification du passé, le monde des oligarques traders, spéculateurs et exploiteurs de l'Empire continue ses dégats. De Kiev  au Pays Balte, en Hongrie il réinstalle les nazis au pouvoir en Europe, les aident à croitre sur le reste du continent, il finance les dictatures contre les peuples à travers la planète.

Le 6 juin 44, c'est le monde de Davos qui debarquait pour prendre la relève de celui que les peuples faisait céder.

Le 6 juin 2014 c'est le même non anéanti qui avec Davos travaille à sa revanche.

Derrière, toujours le même hydre systémique : le  capitalisme.

*'une grande partie des sociétés US ont carrément collaboré avec Hitler, et pas seulement au début de la guerre : Du Pont, Union Carbide, Westinghouse, General Electric, Goodrich, Singer, Kodak, ITT, JP Morgan...nous rappelle Jacques Pauwells -Big business avec Hitler éditions Aden, 2013.
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A
Merci pour toutes ces précisions Aline