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☭ Pour penser l'alternative

et sortir

de

l'impasse

qu(est-ce qui fait la visibilité du sphinx de Gizeh ? qu(est-ce qui fait la visibilité du sphinx de Gizeh ?
qu(est-ce qui fait la visibilité du sphinx de Gizeh ?

qu(est-ce qui fait la visibilité du sphinx de Gizeh ?

Pour que se révèle la capacité d'action de femmes et d'hommes à s'emparer de situations de crise pour ouvrir une brèche émancipatrice encore faut-il qu'ils se donnent les outils pour comprendre les causes de la situation, qu'ils cernent les responsabilités et à partir de ces deux moments de réflexions qu'ils déstabilisent l'équilibre de l'ordre établi et de la fatalité des situations pour partir explorer d'autres pistes qui fassent réellement issue.

Parmi les outils de compréhension, un article dans le Monde Diplomatique de mai* qui à la fois cerne la réalité du vote f-haine sans prisme politiquement utilitariste et la nature de classe de l'abstention grandissante. Une abstention qui, à partir de là, n'est pas un fléau à combattre pour fabriquer du vote utile mais un espace révélateur des impasses politiques et de la façon dont les décideurs politiques fabriquent l'exclusion civique PARCE QU'ILS EN ONT BESOIN, PARCE QUE LE CAPITAL EN A BESOIN.

Ce que ne propose pas l'article et qui demande qu'on y réfléchisse c'est de regarder ce qui fabrique abstention et vote f-haine.

Le sentiment d'impasse dans les formes actuelles de représentation à commencer par le rejet de la droite classique, a ouvert un boulevard à un PS qui, parce que maintenant parti bourgeois au point d'être un refuge de votes conservateurs, s'est empressée de faire ce à quoi il sert : conserver ; à la façon du Guépard : faire croire que tout change pour que rien ne change. A l'image du mauvais sketch de Sarkollande-Blummollet à BFM TV ce mardi. 

Le PS a ainsi semé cette déception qui tourne à un rejet sanction qu'il n'arrive pas à canaliser même en usant du repoussoir d'extrême droite qu'il a créé.

Mais, et ce n'est pas rien dans le paysage politique, et d'ailleurs les études sur les lieux niveau et formes d'abstention le confirment, de même que le sphinx de Gizeh n'est devenu imposant que quand il a été désensablé, la réalité de l'extrême droite en France n'occupe le paysage que par le fait qu'elle ait été décaissée ou, d'un point de vue politique, parce que ceux qui devaient porter la vague émancipatrice n'existent plus en tant que courant porteur et que le reflux a décaissé une réalité réactionnaire de la société française, qui n'a pas grandi mais s'est vu dégagée, et à volume égal (voire en fait moindre –cf l'article du Diplo), parait plus imposante. Les chiffres cités par l'article du Diplo sont à faire connaitre en boucles et à mettre dans les discussions pour tordre le cou aux apparences et aller sur le réel).

Cette émergence de ce sphinx que le PS s'évertue à faire renaitre dès qu'il en a l'occasion est aussi la conséquence de la disparition politique, de par sa volonté d'être comme les autres, du parti qui portait l'idée d'autres choix possible et à construire, volonté qui l'a fait disparaitre balayé avec le sable  et a sorti le conservatisme aussi profond qu'ultra de la chape où le tenait la force d'un mouvement populaire en quête d'émancipation.

En disant cela, Canaille le Rouge sait bien qu'il va faire monter au créneau bien des acteurs persuadés qu'ils participent au combat contre l'extrême droite.

C'est oublier que ce qui fait la force d'un ennemi est souvent qu'il peut se déployer sur nos propres faiblesses. Les élections municipales l'ont montré : si on en reste aux bastions sans occuper la campagne les bastions tombent parce qu'ils ne sont faits que pour retarder l'échéance avant  à terme tomber. L'absence de volonté politique à construire une alternative anticapitaliste crédible par souci de ne pas choquer de faux alliés et part de ceux qui ne pensent l'avenir que dans les fourgons des dominants revient à vouloir faire cuire des œufs à l'eau tiède. Ils pourriront bien avant d'être un jour cuit et chasseront le chaland tant ils pueront à la moindre fêlure de la coquille.

Reste la question : "avec qui construire ?" Avant d'aller plus loin dans cette direction, La Canaille reprend un article du blog de José Fort, journaliste à l'Huma qui certainement ne partage pas forcément tous les points de vue que défendent les p@ges de Canaille le Rouge mais son coup de gueule  éclaire bien le débat :


Avant l'adoption en 1972 du programme commun de gouvernement PCF/PS/Radicaux de gauche et face aux interrogations de militants communistes, Etienne Fajon déclarait : « l'Union est un combat, il faut être unitaire pour deux ». Première conséquence : lors de la campagne législative de 1978, le PS s'attaquait aux députés communistes sortants.

En 1981, il fallait être aussi « unitaire pour deux » en appelant à voter Mitterrand avec pour conséquence la lente chute du PCF et le départ vers les cieux roses d'un ministre d'État communiste (Charles Fiterman).

En 1998, il fallait être aussi unitaire pour deux en ralliant l'équipe Jospin avec comme résultat grâce à l'aide de Robert Hue et d'autres dirigeants communistes la chute cette fois accélérée du PCF.

En 2012, il fallait se débarrasser de Sarkozy. Nous avons joué le jeu avec dans le même temps un accord PS/Verts et la perte de nombreux députés communistes.


José Fort qui poursuit son papier par des considérations concernant le FdG**n'engageant pas La Canaille conclut son papier par cette phrase : 

 

"L'unité ne se construit pas à n'importe quel prix, encore moins avec des gens qui ont pour objectif final votre mort".


Cette dernière phrase mérite non seulement d'être retenu mais d'être inscrite sur les banderoles des manifestations pour toutes les actions se voulant participer à la construction d'une alternative et pour cela rejette le carcan maintenant les alternances où le capital est toujours gagnant.


La question est décisive : c'est pour avoir non seulement travaillé avec mais pour avoir remis le pied à l'étrier à ceux que le mouvement populaire à trois reprises avait mis à la poubelle (45, 48, 68), que le PCF dès 1978 s'est retrouvé rejeté parce qu'associé dans la cause de la situation. L'ancrage local faisait illusion. Mais quand la politique professionnalisée a gagné l'espace de l'engagement militant, le mouvement populaire a rejeté une quatrième fois la totalité du ragout réchauffé des alliances pour sauver des sièges et non pour changer la société. Comme il n'y a pas d'alternative crédible, il ne va plus voter. Voilà comment le sphinx est désensablé.


Les responsabilités étant cernées, reste aussi à éclairer sur les causes profondes de la situation pour permettre de construire des solutions efficaces.


Là encore il faut disposer d'outils d'analyse qui ne soient pas dédiés à conforter l'existant. Alstom ou le prix du gaz dans la dernière période en sont deux exemples flagrants. Face à la gangrène économique de l'ultralibéralisme, ne brandir la nationalisation que comme sanction de mauvais choix sans poser la question de fond de la propriété sociale collective, de la place des producteurs de richesse et de leur libre association pour répondre aux besoins collectifs permet toutes les dérives qui laissent le capital aux commandes. 

 

Ne voir de solution que dans des réorientations au plan de l'UE, sa BCE etc. fabrique des impasses. C'est la théorie des pôles publics qui sont à la solution durable ce qu'un voyage à Lourdes est à la guérison d'un tétraplégique. Inefficace, semeur d'illusion et entretenant le mythe de l'efficacité des solutions du vieux monde.


C'est d'ailleurs singulièrement sur ce point que Canaille le Rouge affirme, pas par haine ou autre rancœur que le P"c"F, maintenant armé de ces seuls outils, parce qu'il redoute d'effrayer le bourgeois, est devenu non pas seulement un frein à l'émancipation, ce qui en soit est au vu de ses principes fondateurs est déjà un constat majeur de l'échec, mais est aujourd'hui un obstacle à l'émancipation parce qu'il propose des pistes qui ne sont que des impasses ou des bretelles de raccordement sur l'autoroute balisé de la gestion dans l'intérêt du capital. Son discours en moins virulent rejoint ceux de Léon Blum en 1936 juste avant la pause ou celui de Guy Mollet en 57 juste avant d'aller rechercher De Gaulle.


Dans la direction de l'ex PCF des années 80, un débat entre initiés, loin des cellules et des sections-surtout celles d'entreprises- avait lieu pour savoir si Tours était l'ouverture d'une parenthèse qu'il fallait –en s'appuyant sur l'aspiration à l'union- refermer ? Nous avons la réponse : la direction du devenu P"c"F, parce qu'elle a fait du marché son horizon indépassable et du capital un outil adaptable et plus un rapport social d'exploitation à éliminer pour émanciper toute l'humanité, à rejoint le clan des obstacles.


La Canaille sait que cela est dur à encaisser pour nombre de ceux qui imaginent le dinosaure pouvoir échapper aux bombardements des météorites. Mais c'est ainsi. S'il n'y a plus de bourreliers tenant boutiques en ville ce n'est pas parce que le métier n'était pas beau, c'est que maintenant ils sont devenus socialement obsolètes et vouloir organiser les transports urbains à partir des bourreliers c'est comme demander au P"c"F de proposer des solutions anticapitalistes : cela freine la politique des transports pour les uns, entrave la capacité à transformer la société le monde avec le second.


Au moment de l'anniversaire de ce bon vieux Karl, plutôt que de le réduire à un espace inscrit sur calicot sorti pour accueillir ceux qui se chargent de l'enterrer, il semble plus utile de continuer à penser le monde et de participer à la fabrication des outils indispensables pour le transformer.

 

* "une autre forme d'expression politique; ce que s'abstenir veut dire" (Céline Braconnier et J-Yves Dormagen le Diplo N° 722 page 1)

**La conclusion du papier de J fort pour ne pas se mettre sous le coup d'un reproche de vision sélective :

Aujourd’hui, l’alliance au sein du Front de gauche est une belle chose sur le papier. Sauf que l’une des composantes, le PG, nous fait avaler encore et encore des couleuvres. Ce que Mitterrand souhaitait réaliser, JL Mélenchon va le conclure comme le démontre l’accord sur les européennes. Il nous aura tout fait : l’insulte (les pleutres), les sale coups aux municipales (à Grenoble et ailleurs), les alliances en sous -mains avec les Verts. Cet homme a une revanche à prendre avec ses anciens amis du PS, avec les communistes car ancien trotskyste et affiche une ambition débordante. Mais, me dira-t-on, il faut bien passer des accords, construire l’unité, éviter la marginalisation. L’unité ne se construit pas à n’importe quel prix, encore moins avec des gens qui ont pour objectif final votre mort

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