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Le Mur

Au mur disait le capitaine
La bouche pleine et buvant dur
Au mur
Qu'avez-vous fait ?
 
J-B Clément 
Le Mur

Les murs ; le Mur.

 

 

C'est fou comme ce mot porte à la fois signification et tragédie dans l'Histoire.
Il y a celui de Berlin de Palestine ou de Californie qui marquent physiquement les séparations des hommes entre eux. Celui des lamentations, celui de l'argent, celui d'incompréhension qui passent par des croyances des états de fait ou des idées.


Et puis il y a celui des Fédérés qui porte souvenir d'un de ses massacres dont la bourgeoisie aussi apeurée qu'arrogante sait faire usage pour maintenir coûte que coûte (rarement expression ne sera si juste) ses privilèges. Par tous les moyens, y compris en faisant feu sur son peuple.


À Paris, les murs, c'est une vieille histoire : "les murs murant Paris rendent Paris murmurant", Paris de la bourgeoisie d'avant 89 râlant contre la fiscalité monarchique. Arrivée aux affaires et ses commis au pouvoir, elle s'accapare murs et propriété foncière et idéologique, les remodèle à coup d'Hausmann nommé pour cela baron pour y faire à l'aise donner la troupe... Contre ceux qui lui ont servi de marchepied pour accéder au pouvoir.


La bourgeoisie tient les murs ? Qu'importe le peuple reprend à son compte, venant de Bordeaux, la barricade.


Contre la barricade précaire, la troupe aux ordres use du mur.


Dans le mur et son usage sonne l'urgence, la série. C'est le cas, encoléré, de le dire, comme ces maisons qui enrichissent les proxénètes bien en cour dans les salons où sont donnés les ordres de fusillades : c'est l'abattage.


Mais le mur des fédérés comme l'Affiche Rouge fera symbole et retournera l'image au point de faire d'un lieu de supplice un lieu non pas de pèlerinage, mais d'affirmation de la continuation d'un combat.


C'est ce samedi, à 14h30.


Alors que les premières cerises se pavanent hors de prix sur les étals des marchés, une nouvelle fois les révolutionnaires et ceux qui portent le souvenir du premier gouvernement du peuple pour le peuple par le peuple vont se retrouver au mur et concluront l'assemblée par une de ces toujours magnifiques Internationale. En mémoire de ceux anéantis par cette bourgeoisie qui à jamais affublé de son qualificatif de versaillaise va marquer son ignominie de classe, et pour dire la certitude que les idées de la Commune triompheront.


Dans ce moment où le débat pour savoir qui la bourgeoisie tolère au panthéon de ses grands hommes, finalement les interdits de séjour, les racailles, les canailles, ceux qui murmurent et a-cappella font monter le son des voix à en casser les murs ont le leur, pas une ancienne église défroquée, un lieu au cœur de leur histoire.


Adossé à Belleville, regardant la Bastille et le faubourg St marceau, au cœur du pays des gens de rien et de la solidarité qu'ils animent et qui les protège, le mur des Fédéré, son salpêtre, ses pierres qui se disjoignent, entouré des sépultures et cénotaphes de tout ce que compte la mémoire du camp des traqués, réprimés assassinés combattant pour la Liberté, se dresse pour le rappeler à ces minables gens de peu, ceux-là qui font tirer sur les immenses gens de rien.


D'Odessa à Souge, de la Butte Rouge à Fourvière, de Satory à Cayenne ou Nouméa, de 1871 à 2014, que tout ça n'empêche pas Nicolas qu'la Commune n'est morte.


Ce samedi le mur accueillera racaille, canaille leurs frères et cousins d'ici venant d'ailleurs: les amis de la liberté et de l'égalité, le rendez-vous de la fraternité.
Canaille le Rouge évidement en sera.

Je vous met en lien la p@ge que Roger a luiaussi consacré au mur et son histoire.http://www.le-blog-de-roger-colombier.com/2014/05/samedi-24-mai-montee-au-mur-des-federes-paris-14h-30.html

A coup sûr, vous ne serez pas surpris de savoir que Canaille le Rouge aime bien 

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