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La CGT et le 25 mai

exit le 8 mai et donc le 27

La CE confédérale

parle du 9 et du 25

Le 26 octobre 1948 à Anzin, la troupe traverse les corons pour aller investir le dernier puits occupé par les mineurs grévistes

Le 26 octobre 1948 à Anzin, la troupe traverse les corons pour aller investir le dernier puits occupé par les mineurs grévistes

Canaille le Rouge a eu le regard attiré par une présentation sur le site de la CGT d'une déclaration produite après la CE confédérale du 6 mai et mise en ligne durant le pont du 8 mai.

Regettons, venant de la CE, plus de mobilisations pour un 9 mai sans signification profonde et l'absence d'expression de la CGT autour du 8 mai surtout dans un moment de remontée des fascismes dans cette Europe dont nous parle le communiqué de la CE.(http://www.cgt.fr/La-CGT-appelle-a-porter-la-voix-du.html)

Ce p@pier ne portera que sur cette introduction tant la suite découle de ces deux premiers paragraphes et veux éclairer la déclaration de la CE.

Cette page vaut interpellation fraternelle des membres du CCN et nul doute qu'il sera possible de faire qu'ils puissent l'avoir en main.

Le texte sur le site commence ainsi :


En ce 9 mai, déclaré « Journée de l'Europe », la CGT rappelle que l'Europe fut bâtie, au sortir de la 2nde Guerre mondiale sur la paix et la coopération entre les peuples. Elle déplore qu'aujourd'hui, cette conception fondamentale soit battue en brèche par des gouvernements européens influencés par les objectifs de libéralisation des marchés et appelle à porter la voix du progrès social lors des élections du Parlement européen.
Dans une déclaration adoptée par sa Commission exécutive confédérale, mardi 6 mai 2014, la CGT estime en effet que les questions sociales doivent être au cœur des débats européens, notamment au moment des élections européennes, dont le 1er tour aura lieu le dimanche 25 mai prochain. Elle y appelle l'ensemble des salariés, des retraités et des privés d'emploi à se saisir de ces questions pour porter la voix d'une autre Europe sociale qui refuse leur mise en concurrence et l'opposition entre les peuples.

 

Ce n'est pas la vérité et le dire ainsi traduit soit une ignorance profonde de l'histoire, soit une volonté politique. 

Ce qu'on appelle Europe aujourd'hui n'est pas né à la fin de la Guerre. 

La victoire sur les puissances de l'axe, en Europe le nazisme et une grande part des fascismes (l'Espagne et le Portugal ont été curieusement épargnés), a été suivi de la mise en place d'institutions de paix et de coopérations entre les peuples au plan mondial autour de l'ONU et sa déclaration, l'UNESCO et toutes leurs déclinaisons, OMS, UNICEF etc.

En Europe ce qui se construit, comme par hasard après les premières grandes répressions anti-ouvrières d'après-guerre, outre le contournement des principes fondateurs de l'ONU, c'est la CECA (communauté européenne charbon acier) qui va réorganiser durablement la liquidation des mines, singulièrement en France, le pillage colonial et le soutien à des régimes sanguinaires dans les colonies (dont l'apartheid en Afrique du Sud- charbon, le néocolonialisme en Maurétanie - acier) ou équivalent.

Cette "Europe" là, c'est la monté en puissance du capital dépossédé de ses biens quelques années plus tôt pour fait de collaboration avec le nazisme, relevant la tête à partir d'une reconstruction portée par des capitaux anglo américain d'un pôle allemand de l'industrie et la casse en France de ses atouts industriels.

Dès le départ, la CGT a combattu ces politiques dans l'intérêt de la classe ouvrière française et des peuples colonisés.

Ceux qui ont construit cette CECA autour de R.Schuman sont historiquement les recyclés du pétainisme et de la collaboration, les résurgences du CGPF et de l'UIMM de Pucheu et consort.

Pour preuve qu'il n'y avait rien de social mais que du mercantile, le premier nom après la CECA sera "Marché Commun" objectif capitaliste est exclusif. D'entrée, les textes s'attaquent aux lois sociales qui entravent ce marché. 

Après la CECA et le marché commun  viendront dans l'ordre la "CEE" (communauté économique européenne) qui deviendra "CE" pour masquer la dimension économique (lire profits) de l'objectif et maintenant Union Européenne pour imposer le cadre institutionnel rejeté par les urnes en 2005. 

Durant tout ce temps, la CGT s'opposera avec une argumentation depuis bien tombée en désuétude à mesure des reculs idéologiques et abandons de repères dans l'organisation.

La CGT de Frachon puis de tous ses successeurs jusqu'au référendum de 2005 lutterons contre la renaissance des compromis de la collaboration et leurs avatars.  

2005 marquera la forfaiture institutionnelle que les démocrates n'auront de cesse de dénoncer.

Il est donc faux d'affirmer que ce qui est appelé Europe s'est construit sur une volonté de paix et progrès social d'autant plus qu'elle était outil de guerre froide et de tension et d'entrée s'est inscrite dans la politique des blocs et l'OTAN.

Au point que c'est cette question de l'OTAN qui fera que De Gaulle y sera longtemps réticent et que c'est pour cela que la droite le lâchera pour avoir les coudées franche et engager à partir de 1969 l'accélération dans l'intégration.

Toutes les politiques poursuivies dans le cadre des institutions capitalistes de l'UE ne font que semer de la misère et de la guerre. Rappelons qu'il est impossible réglementairement de changer ses statuts. La CGT a-t-elle intérêts à s'engager sur ce terrain ? 

Tout ce qui précède n'est pas un point de vue mais des faits que les archives de la CGT et sa presse, à disposition de tous les membres de la CE confédérale, peuvent consulter et ainsi mieux maitriser une histoire de notre maison qui semble leur échapper. Sinon à quoi servirait d'avoir à la CGT un Institut d'Histoire Sociale dont les historiens par ailleurs vantent la qualité des travaux et la richesse de la documentation ?

À partir de là, appeler à se mobiliser pour participer à un scrutin pour des institutions construites sur une forfaiture est un débat qui n'est pas celui que canaille le Rouge propose dans ce courrier.

Par contre demander que les arguments qui permettront aux syndiqués de se prononcer ne soient pas pipés voire consciemment tordus est une exigence que le CCN peut manifester et statutairement imposer.

Les bientôt quarante années de cotisations sur ses cartes puis ses carnets pluriannuels autorisent Canaille le Rouge à demander à la direction confédérale quels objectifs elle poursuit en dédouanant ainsi les auteurs de 60 années de régression, répression sociale et de démissions sur leurs valeurs affichées ; pour soutenir quelles forces politiques la direction de la CGT semble vouloir emmener les salariés ?

C'est d'un autre débat qu'il s'agit de mener où la pratique démocratique impulsée dans les luttes doit être la règle au sein de l'organisation sous peine, en imposant des décisions non-conformes aux analyses et choix de congrès, de créer des fractures qui deviendraient irréductibles.

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