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25 mai : plutôt que faire la leçon

 

il vaudrait mieux

regarder les choses

et enfin

réfléchir

à partir d'une analyse

de classe

de la

crise

25 mai : plutôt que faire la leçon

Sans doute plus par dépit que par réflexion quelques militants K-O debout devant le résultat pourtant prévisible de la mascarade de ce 25 mai ont choisi une drôle de thérapie pour sortir de leur sidération.

Celons eux, les 25% du f-haine seraient dû aux abstentionnistes comme si les rivières débordaient à cause de la sécheresse. Comme si un votant de moins avait donné une voix de plus au parti fasciste. C'est une analyse à la foi puérile et dangereuse pour qui veut trouver une issue à la situation de crise politique dans laquelle notre pays est immergé et que les politiques suivies attirent vers le fond.

Ce n'est pas le peuple qui se trompe. Ce sont ceux qui prétendent savoir à sa place et qui ne lui offrent que des impasses, qui permettent ainsi à l'obscurantisme et la haine de présenter ses égouts comme une piste parmi d'autre.

Puéril parce que cela ne résiste à aucune analyse sérieuse sauf à postuler au départ que ces bulletins qui sont absents des urnes par principe leur seraient dédiés, qu'ils appartiendraient à ceux qui se les attribuent par ce grand postulat politique "nous sommes les meilleurs".

Meilleurs que qui ? Meilleurs que quoi ?

En s'inscrivant dans la course aux strapontins du capital toutes les listes ont accepté les règles de cette UE que notre peuple vomit. La démagogie du f-haine, reprenant et tordant ce que les forces historiquement contre l'Europe du capital ont abandonné, à d'autant mieux fait le reste que la campagne médiatique n'a fait que les valoriser et que P"c"F et FdG n'ont fait campagne que sur le rempart au dit f-haine et non contre l'existence de cette UE que notre peuple a rejeté en 2005. 

Jusqu'à la direction de la CGT qui s'est mise en campagne pour faire voter pour une institution qui fabrique du chômage à flux tendu, désertifie le paysage économique et industriel, organise la casse des granties collectives et des conquêtes sociales.

Dans une société régie par les critères du marché, en politique, c'est comme dans le commerce :
Quand les gens ne veulent pas, ne peuvent pas, où ne trouve pas le modèle qui leur plait, ils n'achètent pas et n'entrent dans aucune boutique.

Canaille le Rouge est bien obligé d'utiliser ce type de comparaison puisque TOUS les candidats en concourant acceptaient le principe de la concurrence libre et non faussée de cette UE qui lamine les repères et abrase les droits sociaux de chacun des peuples de son espace impérial. 

Mais comme à la foire de Paris, on ne peut choisir que si on accepte de payer son billet d'entrée. Hier 6 Français sur 10 ont refusé de âyer le billet d'entrée.

Oui, un reproche puéril mais aussi dangereux parce que reposant sur un postulat redoutable : ne compte dans le rapport de force que ceux qui ont participé à ce sinistre "jeu sans frontière". Ceux qui rejettent le jeu et ses règles seraient donc des citoyens de seconde zone ? Indignes de l'intérêt que "ceux qui savent" leur portent ? 

Dangereux aussi parce que devant un corps enfiévré, ils s'en prennent au thermomètre en le fracassant pour mieux refuser de combattre les causes de l'infection, voire en maltraitant les parties saines en se repliant sur la partie contaminée.

Le problème, pour eux, c'est ce que montrent les chiffres : ce qui fait le score du f-haine ce ne sont pas les voix qu'il a obtenues, non, c'est que sa visibilité est due à l'effondrement des autres. Ce qui fait la visibilité du Ventoux, d'un terril ou de la cathédrale de Chartres, c'est la plaine qui les entoure.

Que la droite classique engluée dans ses affaires en paie la note ? Normal. 

Que le PS soit sanctionné ? On a envie de dire enfin et il ne paie pas assez cher. 

Mais que ceux qui donnent des leçons au nom de principes politiques qui font sigle mais ont disparu des programmes, projets ou propositions, au point de faire campagne pour faire élire un président à ce machin au main des patrons que le peuple rejette ? Le peuple leur a dit basta.

Cela montre la ligne de cassure entre "ceux qui savent" et ceux qui mesurent combien les précédents, au mieux, n'ont rien compris, ou plus certainement pour des raisons en grandes parties alimentaires leur tournent le dos.

Reste la question de l'issue.

Pour cela il faut revenir sur la nature de la crise : celle d'un système et de son mode de production. Toute solution qui lui laisse de l'espace est condamnée à voir la gangrène progresser. Pour en sortir, il est indispensable d'en décontaminer la société. Et cela porte un nom : supprimer l'exploitation capitaliste qui porte germes et principes.

C'est à cela qu'il faut s'atteler.

Partons du constat que 9 électeurs sur 10 ont par abstention ou vote rejeté l'abîme fasciste. Que 7 sur 10 rejettent les pistes libérales et ultra libérales. C'est avec eux qu'il faut construire. Mais cela demande que ceux qui viennent d'être ainsi désavoués par le refus de les accompagner aient la modestie d'enfin écouter une autre musique que leur pipeau.

Et si ces premières réactions devaient se confirmer, à partir du constat de leur refus d'écoute, imbus de leur supériorité pourtant malmenée, s'ils ne rentrent pas dans le rang, il faudra faire sans eux et sur certaines questions, à coup sûr, faire contre eux tant ils sont embernicqué sur le granit rose de la social-démocratie.

Parmi les illusions à abattre, celle-ci qui monte déjà : le gouvernement n'a rien compris.

Si, il a compris et sait ce qu'il fait. Il applique la feuille de route que le capital lui a passée. L'UMP et le PS sont les deux faces d'un même outil et c'est parce qu'ils font cette politique et qu'il n'y a pas de riposte de classe que l'outil ouvre le boulevard au f-haine.

C'est parce que la "gôche de la goache" ne combat qu'une seule face qu'elle est impuissante.

Allons jusqu' retourner le compliment si aimablement envoyé dès hier soir : c'est l'absence de riposte de classe et anticapitaliste par ceux qui prétendent l'incarner qui fait ce différentiel faisant grossir le f-haine.

La séquence du 25 mai est l'explosion au milieu de la société française d'une imposture en cascade : un F-haine qui subordonne la souveraineté populaire à des critères antipopulaires et nationalistes. Des Libéraux qui pour libéraliser attentent aux libertés sociales et syndicales, des socialistes qui depuis il y aura 100 ans fin juillet ont fait le choix du capital et de la guerre, des communistes qui ont décidé de rouvrir la plaie de Tours pour se recoudre à coup de désistements systématiques à ceux qui avaient trahi l'espoir et entrainé les peuples dans toutes les guerres du 20ème siècle et maintenant du 21ème.

Tels les architectes italiens spécialistes de la construction de tours penchées, tous bâtissent et regardent si et comment elles vont tomber. Une semble rester debout ? Tout faire pour ne pas compromettre les équilibres.

Laissons les à leurs fausses équerres. Il faut construire d'aplomb et solide.

C'est le défi qui s'ouvre devant nous. Et la seule solution pour cantonner la haine, le capital et son exploitation qui lui servent d'engrais.

 

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