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1er Mai, Alsthom, 25 mai

1er Mai, Alsthom, 25 mai

A propos d'Alsthom, Thierry Lepaon vient de défendre une idée sur laquelle il faut débattre pour la rendre la plus efficace possible :
"Nous évoquons une entrée de l'Etat dans le capital", a déclaré Thierry Lepaon, interrogé au sujet d'une éventuelle nationalisation temporaire du groupe français, dont une partie de l'activité est convoitée par le géant américain General Electric. "C'est un investissement, a-t-il déclaré. La question est de savoir si la France dispose encore d'un État stratège."

Rappelons d'abord que la prise de contrôle non pas par l'état, mais par la nation est une disposition constitutionnelle et que Th Lepaon est fondé de la proposer.

L'idée d'un contrôle publique en soit est une bonne idée. Mais l'expérience récente montre que si cette idée n'est pas bordée par des garanties qui ne peuvent être réelles sans une intervention des travailleurs et de leur représentation, elle ne sert pas à grand chose.


L'état vient d'entrer dans le capital de PSA au point de lui avoir dédié un de ses ténors comme président de son conseil de surveillance. Cela a servi à légitimer la fermeture d'Aulnay en faisant croire que cette entrée de l'état était une garantie d'avenir.

Pour le numéro un de la CGT, "le fait de faire rentrer des capitaux étrangers éloigne les centres de décision." Il a dénoncé le fait que "les salariés découvrent heure par heure quel peut être leur sort. On veut que les salariés soit informés Ce n'est pas le cas depuis une semaine, et cela sème une dose d'angoisse.Précise-t-il. Ce n'est donc pas seulement a part de public et le poid des voix au CA qui compte mais le statut des salariés de ces entreprises. Muets et dépendant du bon vouloir de l'Etat ou citoyen acteurs avec la reconnaissance de leur droit concret et total d'intervention.

Deux questions sont écartées du débat qui donne aussi une légitimité à l'intervention publique française et doivent donner à réfléchir à ses formes.

Ce n'est pas faire affront aux bureaux d'étude d'Alsthom que de dire que la livraison de toute la recherche fondamentale et une grande partie de ses applications à une entreprise qui de publique a été privatisée en emportant ce patrimoine, financé sur argent public, a été un coup de maitre du Capital.

Notons aussi que la privatisation d'EDF GDF et celle que tentent de mener le pouvoir à la SNCF ainsi que les positionnements des conseils régionaux pour affaiblir la part du "client" SNCF face au marchand Alsthom renforce la possibilité des choix capitalistiques et sur ces deux points le gouvernement est muets et à "gôche" les propositions -quand il y en a- sont ridiculement restrictives au point de ne pas entamer le pouvoir du capital.

Finalement le but de l'opération capitaliste du Kronkodile d'Alsthom, c'est de garder les marchés technologiquement captifs mais de délocaliser les sièges sociaux pour fiscalement maximaliser les profits (d'où l'acceptation massive des actionnaires). C'est une machine à fabriquer de l'évasion fiscale qui pour partie légitime la proposition du SG de la CGT. Mais pour partie seulement.

Parce que l'état entré dans le capital, reste entière la question des choix et modes de gestion et donc la place des salariés dans l'espace décisionnel de leur droit d'intervention sur les choix comme acteurs majeur.

Cette question n'est pas une lubie soudaine de Canaille le Rouge. En ce moment où cela se bouscule frénétiquement devant les caméras pour prétendre être dépositaire des principes du CNR, rappelons simplement cette déclaration :



"La France est résolue à de profondes transformations et elle veut faire de sorte que, demain, la souveraineté nationale puisse s'exercer entièrement sans les pressions corruptrices d'aucune coalition d'intérêts privés". 

 

Ou encore ce passage : 

 

"La France veut que cesse un régime économique dans lequel les grandes sources de a richesse nationale échappent à la nation, où les activités principales de la production et de la répartition se déroberaient à son contrôle, où la conduite des entreprises excluait la participation des organisations de travailleurs et techniciens dont cependant elle dépendait."



Ce texte n'est ni de Marcel Cachin dans une fête de l'Humanité à Garches, ni de Benoit Frachon dans un meeting en 1936. C'est un discours qui date du 03 novembre 1943. Il a été prononcé par un certain Charles De Gaulle lors de la mise en place du comité français de libération nationale à Alger.

Au final si cette mesure, la prise de contrôle des industries et activités économiques stratégiques et ou en situation de monopole est la bonne voie, ne pas y joindre la place et le rôle des salariés d'abord, et des usagers ensuite conduira à un renflouement momentané ou à une échappatoire mais pas à une réponse anticrise.

Donc l'idée de Th. Le Paon est bonne. Reste à lui donner le souffle et la voilure indispensable. S'y engager lèvera nombre d'interrogation sur la volonté ou pas du syndicalisme à faire débattre et agir, construire des solutions qui répondent aux attentes des salariés sans dédier à d'autres le soin de les penser à leur place. Cela ne surprendra pas les canaillophiles, Canaille le Rouge pousse dans ce sens.

La volonté des actionnaires d'Alsthom de s'en aller vers d'autres horizons, jumelée aux ponctions financières et technologiques qu'ils ont opérées dans la richesse nationale depuis au moins deux décennies justifient un transfert de propriété vers la propriété publique. Les rentes versées légitimant que ce transfert se fasse sans indemnité. Et si le système américain est si séduisant, rien n'empêche les dits actionnaires d'aller voir si le soleil est plus chaud là-bas.

A coup sur ce ne sont pas les victimes des charrettes de licenciements appelés "plan sociaux" qui ont sévit dans les usines du groupe qui iront exiger qu'on indemnise les actionnaires eux qui ont subi la liquidation de leurs emplois sans ou avec si peu d'indemnités pour garantir les rentes de ces derniers.

Mais, il y a là un point décisif, ces mesures pour constitutionnelles et légales qu'elles soient en droit français sont interdite par les traités de l'Union Européenne. Donc il faut choisir la souveraineté ou la soumission. Aller voter le 25 mai revient à donner un blanc-seing aux actionnaires d'Alsthom et aux eurocrates et à tous ceux qui s'alignent sous les ordres d'un starter pour courir dans une course dont l'emploi industriel, les outils technologiques de nos services publics sont dans le collimateur pour permettre aux grands monopoles privés de se tailler des rentes sur les abandons qu'ils veulent nous imposer.

Mener de front la bataille pour qu'Alsthom et son patrimoine industriel, ses ouvriers techniciens et ingénieurs, ceux des cadres qui n'ont pas l'esprit de soumission au capital ou l'œil fixé sur l'horizon du lucre intègre un secteur industriel national à construire et rejeter le scrutin du 25 mai comme moment de cette exigence par rejet de cet Union Européenne.

Le moyen d'exprimer l'exigence d'une vraie souveraineté pour de vraies coopérations.

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