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Sémantique (2) : "individus"

Façon d'aborder

des questions

graves

à partir de mots

Sémantique (2) : "individus"

Cela commence de façon grave: un crime : un viol.

 

Les autorités judiciaires décident de mesures d'enquête.

 

Normal.

 

La police organise une collecte massive d'ADN. 

 

La procédure pose problèmes, il faudra venir y voir, tant nous nous dirigeons sans y paraitre, comme avec les syndicalistes vers l'organisation d'un fichage biologique de masse pour le moins très discutable, même si la recherche d'un salaud criminel demande d'y consacrer des moyens d'enquêtes importants. Glaciale cette la petite phrase de la substitut du proc "ceux qui ne seraient pas d'accord seront suspect".

 

Mais là n'est pas ce qui fait sur le moment sursauter Canaille le Rouge.

 

Ce qui fait plus que tiquer c'est la façon dont la ou le journaliste rend compte de cette enquête:

 

 

Puique viol il y a, les personnes de sexe mascuin sont assez normalement sur la liste des recherchés.

 

Là où s'insinue une question pas si subsidiaire que cela, c'est dans la formulation qui suit telle que portée dans la presse locale :

 

"La collecte concerne 31 enseignants, 475 élèves et 21 individus du personnel technique ou extérieurs, présents le jour des faits". 

 

Rien ne vous choque ? Il y a des enseignants, des élèves... et des individus.Pas des personnels mais "du personnel", massifié dépersonnalisé pour en faire des individus, pas des agents, des salariés, non des "individus" qui pour ceux-là sont dès lors totalement déshumanisés.


Ces derniers, banalisés dans leur statut social, marqués sexuellement mais différenciés des premiers cités : celui qui balaie la cours ou fait la plonge à la cantine, pardon au restaurant scolaire où déjeunent enseignant et élèves se trouve ainsi catégorisé "individus",considérés comme extérieurs à la communauté scolaire.


Des individus qui disposent certes d'un vestiaire mais circulent, ombres anonymes dans les couloirs et certainement, comme les artistes bénéficient, intermittents de la vie scolaire", d'une entrée séparée signe manifeste de l'apartheid social.


Vraisemblablement que proviseur, surgé, conseiller d'orientation sont des femmes sinon le terme d'individu ne serait pas pertinents pour le ou la journaliste.


Voilà où conduisent inhibitions, formatisation des esprits autour de repères de classe instillé dès l'enfance. Cette hiérarchisation des normes sociales qui fait disparaitre du paysage cette partie de la population qui n'a ni représentation sociale sauf hordes vitupérantes sous leurs banderoles, plus de statut social (enseignants, lycéens et... individus) et explique qu'ils n'aient plus besoin de représentation politique, au mieux d'un avocat durant une éventuelle garde à vue, si par chance l'avocat(e), comme le rapporte Médiapart, ne se fait pas baffer par un représentant de l'ordre.


Il y a les discernables sociologiquement et la masse des individus.

 

Entretenir cela est tellement dans l'ordre des choses que cela parait normal.


C'est aussi de cela dont le capital a besoin pour maintenir appuyé son talon de fer sur le cou de ceux qui ne doivent pas regarder autour d'eux, pour cela, certains journalistes font partie de la confrérie des intermittents de la déontologie... façon Pujadas.

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