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Intermittence et transformation.

Intermittence et transformation.

Cette question de l'intermittence est au cœur des débats qui taraudent les conditions sociales de la création artistique et culturelle dans notre pays.

Le syndicalisme en défendant au quotidien le droit à vivre de toutes celles et tous ceux qui participent à l'existence du droit à la culture et son expression est dans son rôle et les actions revendicatives ont sur ces p@ges un soutien permanent.

Canaille le Rouge le renouvelle à l'occasion de l'action de Toulouse où la mobilisation a conduit à l'annulation d'un concert où Kessler* le liquidateur des garanties sociales trouvait le moyen de se pavaner alors qu'il est fer de lance de la lutte contre l'intermittence.

Ce qui fait bouillir La Canaille, c'est la déclaration du premier responsable du P"c"F à l'occasion du Printemps de Bourges : « Il n'y a pas de spectacle vivant, pas de culture, sans intermittents ».

C'est oublier un peu vite que l'intermittence n'est pas une avancée mais un rempart.

Si le rôle du syndicalisme est de défendre les conditions sociales des salariés, le rôle d'une force politique qui se prétend porteuse d'un projet politique, un projet et pas un état des lieux, c'est de sortir de la logique contrainte par un système qui ne vit que de la précarité et de l'exploitation.

Or, l'intermittence pour garantie à défendre qu'elle est aujourd'hui n'est que cette garantie précaire.

Ce propos de ce Laurent fils de son père est aussi aberrant que pour un communiste de considérer le statut de salarié comme l'aboutissement de l'émancipation humaine. C'est considérer que Francis Fukuyama a raison quand il théorise sur le capitalisme est la fin de l'Histoire cela rejoint la doctrine pécéefienne de ne plus exiger la suppression de la propriété privée des moyens de production de d'échange.La culture en matière d'échange ce n'est pas rien. La liberté de création est antinomique au privilège de confiscation privative de sa production.

Qui peut admettre que la précarité du statut d'intermittent imposé dans un rapport de force contraint il y a quelques années par la contre-offensive du capital et l'accord de la social-démocratie est une situation stable et d'avenir ?

Dire que le spectacle vivant et la culture ont besoin de précarité pour vivre n'est que la reprise de l'antienne aussi vulgaire que réactionnaire affirmant que c'est la misère qui fait la grandeur de l'Art. Outre que cela est révélateur de tous les conservatismes, quand on entend ce genre de propos dans la bouche des titulaires à l'année des loges à l'Opéra, et des parasites des verniossages, on s'indigne. Quand c'est le dirigeant du parti de Roger Desormière, d'Irène Joachim et d'Elsa Baraine, celui des compagnons de route de la Culture et de ses Etats Généraux des années 80, c'est consternant.

Les créateurs ont besoin d'espace sécurisé pour créer pas de précarité ou d'une dépendance à un mécénat qui les soumet au bon vouloir des spoliateurs de la richesse collective et (ou) de celle que cette même création produit.

Là aussi il y a besoin de démasquer les faux nez et d'affirmer un projet communiste face aux pourvoyeurs de rentes, aux actionnaires de la FNAC et autres ou aux aspirateurs des finances publiques.

Qu'on puisse mettre en vente un festival commeBourges sur le marché sans que les dizaines de milliers de spectateur montent aux rideaux est la démonstration de la perversion du système jusque dans les plis les plus cachés de la logique de la société qui lui sert de cadre et des reculs idéologiques qui le permet.

*La Presse : 
Un concert de l’Orchestre de Paris à Toulouse a été annulé suite à une action de la  Coordination des intermittents et précaires de la région Midi-Pyrénées. Les protestataires se sont enfermés dans la salle afin de rendre impossible l’accès au concert qui a été annulé.
A la lecture des dépêches, il apparaît que les intermittents voulaient interpeller Denis Kessler, vice-président du Medef et président du Cercle de l’Orchestre de Paris.
À Toulouse, deux cents intermittents du spectacle ont investi vendredi en début de soirée la Halles aux Grains, salle municipale de concerts et spectacles, où était programmé un concert de musique classique dans la soirée, a-t-on appris de source policière et auprès des intermittents.

La Coordination des intermittents et précaires de Midi-Pyrénées a expliqué dans un communiqué que le concert était organisé par l'association du "Cercle de l'orchestre national de Paris" dont le président, Denis Kessler, est l'ancien vice-président du Medef".

Rassemblements et actions à Paris, Rennes, Lorient, Strasbourg
Plus tôt dans la journée de vendredi, à Paris, environ deux cents intermittents se sont rassemblés place de la République en début d'après-midi autour d'une banderole où était inscrit : "Ça sent le Gattaz : ça va péter." (Pierre Gattaz est le président du Medef, ndlr).
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