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Si le peuple se trompe

il faut le changer

Si les dirigeants le trompent

Faut les excuser

 

Si le peuple se trompe

Ci dessous un article de Jacques Sapir.

 

Pour l'instant, ce papier est certainement ce qui a été produit de plus clair et mesuré sur les légitimités politiques au prise en Ukraine.

 

Compte tenu du rouleau compresseur médiatico-idéologique tentant en France de niveler toutes approches de reflexion, Canaille le Rouge a mis en rouge ce qui semble le plus pertinent dans l'instant de jeter à la face de la filière Fabiusocchio et associés.

 

Pour avoir lu l'article de J-P Pierrot dans "l'Humanité" du jour qui a du publier Jaurès à la consigne de a Gare de l'Est, ainsi que la déclaration du P"c"F du même métal, cela laisse songeur.

 

On trouve  chez Pierrot cette phrase pivot :

L’orientation du nouveau pouvoir de Kiev, non seulement pro-européen – l’Ukraine est évidemment européenne –, mais plus précisément pro-occidental, pro-Otan, et qui accepte 
en son sein des factions nationalistes et d’extrême droite, 
a favorisé dans la population une polarisation autour 
de la Russie, que le Kremlin a évidemment exploitée.(sic)

 

S'agissant de la dimension continentale, s'il s'agit de l'europe façon De Gaulle (de l'Atlantique à l'Oural) regardons y. Mais s'il s'agit de celle qui a armé des épurateurs de l'ex Yougoslavie, celle qui patronne les manifestations d'ancien SS à riga de nouveau à Kiev, celle qui saigne les peuples à coup de Knout depuis leur Troïka, permettez non seulement de ne pas suivre mais de stigmatiser de telles positions et de préferer à coup sûr celle que propose J Sapir. 

La tirade de l'éditoriliste du journal de lagardère fait écho à celle-ci- officielle - du P"c"F :

"Il n’en reste pas moins que la responsabilité des États-Unis et de l’Union européenne dans cette situation est accablante. Ils ont favorisé, en s’appuyant en partie sur l’action factieuse de l’extrême droite ultranationaliste aujourd’hui associée au pouvoir, un processus de déstabilisation du pays décrédibilisant ainsi la « légitimité » des nouvelles autorités politiques qu’ils ont contribué à installer aux affaires à Kiev" (resic)

 

Sera-ce à dire que sans les USA et l'UE ce processus aurait pu avoir lieu? Celui-ci qui répond au nom réel de putsch factieux et que Fabiusocchio persiste à appeler Révolution aurait-il par son soutien décrédibilisé les factieux qui sans celui-ci auraient dès lors été soutenable par le P"c"F et ainsi aurait vu le parti des fusillés soutenir en ukraine celui des massacreurs pogromistes ?  

 

Lisez, vous verrez, il n'y a pas photo : 

Référendum en Crimée

16 mars 2014


Par Jacques Sapir

 

Les résultats du référendum ont confirmé la volonté d’une majorité de la population de la Crimée de rejoindre la Russie. Ils ont aussi confirmé l’incapacité des dirigeants, qu’ils soient français ou de l’UE et des Etats-Unis, de saisir la nature de ce vote. On rappelle donc dans le texte qui suit quelques points d’importance.


1.La Crimée fut attribuée administrativement de la Russie à l’Ukraine dans le cadre de l’URSS en 1954. Ceci ne fit l’objet d’aucun vote des populations concernées. Lors de la dissolution de l’URSS en 1991, il fut admis que la Crimée resterait dans l’Ukraine, moyennant la reconnaissance de son statut de république autonome et le respect de la constitution.


2.Il y a eu, à la suite de 21 février 2014, une interruption de l’ordre constitutionnel en Ukraine. Ceci est reconnu par les pays occidentaux qui qualifient le gouvernement de « révolutionnaire ». Ceci découle surtout du fait que nulle autorité qualifiée (la Cour Constitutionnelle étant dissoute par le nouveau pouvoir) n’a constaté la vacance du pouvoir. Le nouveau gouvernement est d’ailleurs loin de représenter tous les Ukrainiens, comme on aurait pu s’y attendre logiquement. C’est donc une autorité de fait.


3.À la suite de cela, les autorités de la République Autonome de Crimée ont considéré que cela créait une nouvelle situation, dans laquelle les droits de la Crimée n’étaient plus garantis, et ont décidé la tenu du référendum du 16 mars. Leur décision est donc une réaction à la rupture de l’ordre constitutionnel à Kiev. Elle n’est ni légale ni illégale dans la mesure où cet ordre constitutionnel n’existe plus. Qualifier le référendum d’illégal du point de vue de la loi ukrainienne est donc une profonde sottise et montre de la part des dirigeants qui utilisent cet argument une incompréhension totale des principes du Droit.


4.Du point de vue du Droit international, deux principes d’opposent, l’intangibilité des frontières et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Si les pays qui aujourd’hui s’opposent au référendum avaient fait pression pour que le gouvernement de Kiev remette son pouvoir à un gouvernement de concorde nationale, réunissant toutes les parties en présence, ils auraient eu quelques droits à faire valoir le principe de l’intangibilité. Mais, ayant choisi de reconnaître unilatéralement un gouvernement ne représentant qu’une partie de la population, ils ne peuvent plus user de cet argument sans contrevenir directement au second argument, celui sur le droit des peuples. L’argument d’une illégalité du point de vue du droit international tombe alors de lui-même en raison de la carence des pays soulevant cet argument à faire valoir la nécessité d’un gouvernement de concorde national en Ukraine qui seul, avec une assemblée constituante, aurait été en mesure d’offrir une issue légale à cette crise.


5.Dans ces conditions, la seule position possible était de demander la présence d’observateurs officiels pour ce référendum. Cela ne semble pas avoir été fait. Les observateurs (députés du Parlement Européen) présents le sont donc en leur nom personnel. Ils disent ne rien avoir vu de scandaleux. Cela laisse cependant planer un doute sur les conditions de tenue du scrutin, mais ce doute provenant de l’attitude même des pays occidentaux, il doit profiter aux autorités de la République Autonome de Crimée. Ce vote, dans les faits, semble s’être tenu dans les conditions habituelles pour l’Ukraine.


6.On notera dans le cas de la France que les dirigeants qui aujourd’hui contestent le référendum en Ukraine sont ceux qui n’ont pas voulu reconnaître le résultat du référendum de 2005 et l’ont remplacé par un traité (le Traité de Lisbonne) qui ne fut pas présenté au peuple. Ces mêmes dirigeants on accepté le referendum séparant Mayotte des Comores et rattachant cette île à la France. Ces deux faits soulignent que la légitimité de la position de ces dirigeants sur la question du référendum de Crimée pourrait être facilement mise en doute.


7.Il convient maintenant de regarder l’avenir. Il ne fait guère de doute que la Russie reconnaîtra le référendum, même si – en théorie – elle peut toujours refuser l’adhésion de la Crimée. Le problème qui va être posé dans les semaines qui viennent est celui des provinces de l’Est de l’Ukraine ou des incidents mortels se multiplient. Toute tentative d’imposer une solution par la force risque de conduire à la guerre civile. Il est donc urgent que toutes les parties prenantes à cette crise, et ceci vaut pour les pays européens comme pour la Russie, exercent une pression conjointe sur les autorités de Kiev pour qu’elles constituent un gouvernement de concorde nationale réunissant tous les partis, pour qu’elles désarment les groupes extrémistes et qu’elles mettent sur pied les élections à une assemblée constituante. La signature de tout accord international par ce gouvernement ne saurait engager que lui-même. L’Union Européenne irait contre le droit si elle signait avec lui un quelconque traité.

 

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