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Davos et les courbettes de la CSI , un vrai débat syndical

Canaille le Rouge 23 janvier 2014

la social-démocratie plaidant auprès du grand capital, ou Calais, La reine Philippa de Hainaut plaide en faveur des bourgeois de Calais (manuel scolaire cours élémentaire 1960)

la social-démocratie plaidant auprès du grand capital, ou Calais, La reine Philippa de Hainaut plaide en faveur des bourgeois de Calais (manuel scolaire cours élémentaire 1960)

L'ami Bernard met en ligne sans le commenter la déclaration de la CSI à propos de Davos.http://ber60.over-blog.com/2014/01/davos-declaration-de-la-csi.html

 

Il est vrai que pour qui s'est usé le cuir à combattre le capital, c'est le cas de Bernard, il est difficile de commenter les propos d'une organisation à laquelle est adhérente notre commune CGT, surtout quand ils sont de cette pointure.

 

Mais ce texte tombe bien.

 

Il permet de faire le point des reculs idéologiques de fond du syndicalisme international et de voir dans quelles impasses le syndicalisme de classe est condamné à s'enfoncer s'il ne rompt pas avec ceux qui l'enferrent dans les filets de la résignation.

 

Si on fait effort de lire ce texte, ce qui frappe c'est le positionnement déférent de ses rédacteurs :

 

"Nous qui prétendons représenter les damnés de la terre demandons respectueusement à ceux qui se goinfre sur l'Olympe de remodeler l'économie mondiale en pensant un peu à nous".

 

Canaille le Rouge galèje ?

 

Lisez : "Davos 2014 : les syndicats appellent les dirigeants à remodeler l’économie mondiale en créant des emplois et en garantissant des salaires décents".

 

"Vous n'auriez pas un peu d'édulcorant pour mettre dans la ciguë?"

 

Si les salariés vivent si mal c'est justement parce que la stratégie du capital consiste à remodeler en permanence l'économie pour qu'il n'y ait pas de salaires décents –accumulation oblige- que les emplois le moins payés possible ne soient précairement installés que là et le temps nécessaire pas plus pour qu'ils assurent le profit maximum.

 

Cela c'est sur la partie "technique" de la déclaration.

 

Sur le fond, l'entrée en matière pose tous les éléments de la capitulation de classe : Ce ne sont pas aux travailleurs, par la CSI cantonnés dans l'horizon indépassable d'un salariat lié à la condition d'exploité alors qu'ils sont la masse des seuls producteurs de richesses,  de décider. Avec elle, il faut bien humblement solliciter les seigneurs de saigneurs d'être un peu plus à leur écoute.

 

Désolé, mais ce n'est pas par cette porte là que Canaille le Rouge est entré dans la lutte revendicative et ne comptez pas sur lui pour demander la combinaison du digicode. Par contre, la porte poussée, et il devient urgent de l'ouvrir en grand pour la faire franchir dans l'autre sens aux moines soldats roses de la résignation revendicative.

 

D'autant que pendant que les dirigeants de la CSI se précipite pour jouer les bourgeois de Calais espérant l'appui de la social-démocratie qui joue les maitresses du capital, Taylor, Varin, Proglio, Gattaz Mittal et consorts en réel ou par mandat sont à la table de l'Olympe et envoient leur cerbères mater tout ce qui conteste leur ordre.

 

Comme le notre à Beauvau tous les Medef des états du monde ont leur pitt-bull sous leur siège.

 

Moscovici qui ne sait pas à quoi ressemble un ouvrier est de la partie : « Je vais passer beaucoup plus de temps à Davos cette année que l'an dernier, a déclaré le ministre français de l'économie et des finances au JDD. Comme on ne peut à la foi être au four et au moulin il a choisi d'être au coffre.

 

Les patrons de la grande distribution mondiale, de l'industrie, la banque sont à Davos quand leurs armées et polices publiques ou privées tirent sur les travailleurs exigeant meilleurs salaires et sécurité au travail. Travailleurs que par sa déclaration la CSI se parfume de vouloir défendre.

 

Ils colloquisent doctement entre caviar champagne et (c'est la presse Suisse qui en parle) escortes girls (dans le langage des fortifs de La Canaille "putes de luxe") sur les vertus comparées de la rentabilité industrielle, certes la plus sûre, des extravagances spéculatives qui méritent qu'ils se battent pour sanctuariser les paradis fiscaux et pavillons de complaisance.

 

Depuis une semaine le débat fait rage pour savoir si "l'économie" –la leur- est sortie de la crise ? Pour eux, il y a des chances. Elles sont d'autant plus grandes que sa sortie est conditionnée par l'enfoncement de la masse des populations de la planète dans une crise sociale permanente qui permet de sortir de celle de rentabilité du capital.

 

C'est pour cela que la seule publicité à faire de la déclaration de la CSI est de la dénoncer et d'appeler à chat un chat : ne pas combattre le capital c'est le servir, la CSI confirme son camp.

 

Les syndiqués vont-ils laisser le débat sur les questions mondiales (ici "européennes" se débattre entre techniciens coupés du réel social, ce qui est la pire des choses qui puisse arriver à ceux qui se parent de attributs du syndicalisme, ou vont-ils en faire des enjeux de solidarités de classe en se passant des dits techniciens. La barrière entre le monde réel et les hors sol ne recouvre pas forcément que le champ politique, la preuve.

 

Et la façon dont la NVO (La Canaille aura vite l'occasion d'y revenir) s'engage avec plus de célérité à faire campagne pour aller voter aux "élections européennes" qu'elle ne l'avait fait pour porter le NON du CCN en 2005 montre que ce n'est pas une question technique à la marge mais bien une question générique du syndicalisme.

 

Plutôt que demander aux loups d'être moins loups, aux vautours de jouer aux colibris et aux cloportes de se prendre pour des lions de l'Atlas,  avant de lire les penseurs de la trilatérale et autres, les "syndicalistes" de la CSI ferait bien d'étudier Lamarck et Darwin.

 

Cela éviterait qu'ils tentent de nous faire prendre des vessies pour des lanternes, d'autant que comme le disait Pierre Dac, dans ce cas on se brûle.

 

 

 

 

Davos et les courbettes de la CSI , un vrai débat syndical

Par déontologie et non par prosélytisme voici le texte en question :

 

"CONFÉDÉRATION SYNDICALE INTERNATIONALE

Davos 2014: les syndicats appellent les dirigeants à remodeler l’économie mondiale en créant des emplois et en garantissant des salaires décents

Davos, le 22 janvier 2014: Les travailleurs et travailleuses ainsi que leur famille ont besoin d’un changement urgent dans les politiques des dirigeants afin que des investissements soient effectués dans l’emploi, dans les salaires minimums permettant aux citoyen(ne)s de vivre décemment et dans la protection sociale.

Le Sondage d’opinion mondial de la CSI, mené dans 13 pays, révèle que 87 pour cent des personnes interrogées considèrent que leurs salaires ont diminué par rapport au coût de la vie ou sont restés les mêmes. Une personne interrogée sur huit connaît des problèmes financiers et ne peut plus couvrir ses dépenses de base.

John Evans, économiste en chef de la Confédération syndicale internationale, a déclaré que les prévisions financières indiquent une stagnation – et non pas une reprise – avec pratiquement 200 millions de chômeurs.

« Le rapport Global Risks 2014 du Forum économique mondial présente la disparité grandissante des revenus et le chômage structurel comme les problèmes les plus graves auxquels l’économie mondiale est confrontée cette année, tandis que les politiques gouvernementales ne font qu’aggraver ces tendances; nous avons besoin d’un changement dans l’orientation de la politique », a indiqué John Evans, qui est également secrétaire général de la Commission syndicale consultative auprès de l’OCDE (TUAC).

Le nouveau Dossier économique de la CSI, publié à l’occasion de la réunion de Davos, met l’accent sur le taux élevé de chômage, les réductions salariales et les niveaux élevés d’endettement des ménages, plongeant dans le marasme la demande dans les grandes économies, alors que les stratégies de croissance demeurent principalement axées sur les exportations, en particulier en Europe.

« Dans une économie mondiale en stagnation, c’est l’investissement qui relancerait la création d’emplois et la demande. Nous ne pouvons supposer que seule la croissance créera des emplois. La reprise de l’économie mondiale ne peut être favorisée grâce à une croissance axée sur les exportations, à moins que les salaires ne soient augmentés. Une croissance de la demande s’avère nécessaire – en particulier des ménages salariés », a signalé Sharan Burrow, secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale.

Une croissance des inégalités et un fossé grandissant entre les dirigeants et les citoyen(ne)s ont été enregistrés l’année dernière. Seulement 13 pour cent des personnes interrogées dans le Sondage d’opinion mondial de la CSI, mené auprès du grand public dans 13 pays, considèrent que les gouvernements agissent dans leur intérêt.

Vingt-huit pour cent des personnes se montrent désenchantées, voire découragées, convaincues que les gouvernements n'agissent ni dans l'intérêt des citoyen(ne)s ni dans celui des entreprises.

« Il existe une profonde méfiance à l’égard des gouvernements et des institutions. Les dirigeants doivent tenir leurs promesses de mettre fin au comportement spéculatif, d’affronter les banques et d’éliminer l’évasion fiscale afin de démontrer aux travailleurs et aux travailleuses qu’ils agissent dans leur intérêt », a déclaré Sharan Burrow.

Le plan de Davos 2014 établi par les dirigeants syndicaux en faveur de l’investissement et de l’emploi, des salaires et de la protection sociale comporte:

• des investissements ciblés dans les infrastructures afin d’améliorer le potentiel productif à long terme et s’orienter vers une économie à faible émission de carbone;

• une augmentation du pouvoir d’achat des ménages à faible et moyen revenu en réduisant les inégalités et en renforçant la négociation collective et les salaires minimums;

• un investissement dans les politiques actives du marché du travail afin d’accroître les niveaux de compétence et de réduire le chômage des jeunes; et

• une réduction de l’informalité et la création de travail décent dans les pays émergents et en développement."

 

 

P-S : si le DRH de ta boite te dit qu'il faut attendre le retour du patron pour avoir des détails sur le prochain PSE, voila combien tu auras payé par ton travail son séjour dans les Alpes Suisse :

 

 

Pour être présent au sommet de Davos, il faut payer le prix fort. L'invitation, en effet, coûte cher : non seulement il faut être membre du Forum économique mondial, mais il y a par ailleurs plusieurs niveaux d'entrée qui sont fonction du prix acquitté.

Il faut débourser 115 000 euros pour accéder au niveau qui permet d'entrer là où la présence de la presse n'est pas autorisée et où les membres discutent entre eux. Et jusqu'à 389 000 euros pour être au niveau de « strategic partner ». Un prix qui garantit la confidentialité des échanges.

Mais l'aura de secret qui entoure le sommet peut aussi devenir suspecte pour ses propres participants. Ainsi, Steve Case, cofondateur d'AOL, confiait il y a quelques années au journaliste du Washington Post, David Rothkopf : « On a toujours l'impression qu'on n'est pas au bon endroit à Davos, qu'il y a une réunion plus intéressante, dans un autre hôtel où il faudrait que vous soyez. Comme si le vrai Davos avait lieu en cachette. »

Quant aux dépenses sur place pendant trois jours, elles peuvent, selon les évaluations, osciller entre 15 000 et... 200 000 dollars, selon que vous venez en jet privé, assistez et/ou invitez à des dîners en parallèle de la réunion, êtes accompagné  (d'une femme, recommande l'organisation, pour diversifier la liste des invités), etc.

 

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