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☭ Les œillères idéologiques et l'inHumanité

☭ Les œillères idéologiques et l'inHumanité

 


 

Après les incidents montés en épingle à coup de préfet et de TV aux ordres, sur ce qui s'est passé à Josselin, l'Huma pose une question qui pour être et parce que perfidement posée demande examen pour la remettre sur ses pieds :


"Mais où est donc passée la solidarité minimale, cette forme de décence ordinaire de la classe ouvrière ? ".


C'est le mot décence qui pousse à réagir tant le propos est indécent.


Un peu comme reprocher au manant d'aller "cul nu" parce qu'il ne peut se trouver de loques.


Et si l'indécence n'était pas finalement dans la main qui tient fielleusement un stylo injurieux ?


Rappelons d'abord que le concept de classe ouvrière n'est pas, tel dieu, le Père Noël ou l'horizon indépassable du marché, un état de fait idéologiquement administré mais, le rappellent ceux qui ont mis en évidence la place du travail vivant dans le procès de production de la valeur, une nécessité de s'ériger en classe pour organiser son émancipation et par là même celle de la société humaine toute entière.

 

C'est autour de cette idée simple et généreuse que se construit le postulat communiste.


Pour cela, il faut s'organiser et le syndicalisme dans son rôle de rassemblement autour des revendications immédiates et la réflexion sur les solutions durable y participe, une organisation politique et des moyens de propagande pour contrer l'idéologie dominante en sont le second terme.


La Canaille n'aura pas l'indécence de rappeler à l'auteur de l'article que c'était justement la mission dont s'est honoré dès sa fondation le titre qui l'abrite et comment il parvint à tenir ce rôle contre vents, marées et répression durant pas loin d'un siècle. 

 

Conscience de classe ? Combien de journalistes et de responsables de l'Huma sont-ils syndiqués et à jour de leurs cotisations à un syndicat de classe ?


Flora Tristan, Marx ou Rosa Luxemburg, Bakounine à sa façon avant même les travaux de Lénine sur la question de la révolution avaient à la fois expliqué l'indispensable organisation et combien la place dans la production ne construisait aucun déterminisme économique, social ou même... biologique, aucune spontanéïté.

 

Les mêmes et d'autres après interpelant sur le comment sans se doter d'outils politiques et sociaux, sans luttes permanentes et quotidiennes les ouvrier(e)s structurer les outils de leur émancipation.

 

C'est même de cela que naquit l'idée d'Internationale  :organisation, textes, paroles et musique.


Si le fait d'être ouvrier devait conduire naturellement à la conscience de classe, comment expliquer les jaunes les jours de grèves, les manifs pour travailler le dimanche ou l'acceptation des baisses de salaire en ce moment, poussons le bouchon : le fait que des ouvriers servent parfois ouvertement d'hommes de main aux patrons qui les exploitent, si spontanéîté et déterminisme il y a, comment pouvoir l'expliquer ?


C'est donc bien que pour se structurer en classe le monde ouvrier à besoin de s'appuyer sur des repères qu'ils se forgent et des outils pour les construire. Tout cela autour d'une condamnation permanente des ressorts économiques, idéologiques et politiques qui portent comme Canaille le Rouge s'évertue régulièrement ici à le rappeler un rapport social qui est un rapport social d'exploitation.


La question que pose l'huma avec candeur mérite une réponse moins candide : quelles sont les causes des reculs de cette conscience de classe ?


La crise ? Normalement, les victimes de celle-ci se trouvant prioritairement au sein du monde du travail, si la conscience de classe de fait obéir à une sorte de déterminisme social, cela devrait, si cela ne dépendait que de lui, au contraire le pousser à la résistance.


Serait-ce qu'il y aurait des obstacles ? Et là, les donneurs de leçons sont attendus de pieds fermes.


Quand les outils auxquels il a fait (trop) confiance lui scient les appuis, comment construire le rapport de force ? Il faut aussi voir de ce côté-là : valoriser au nom d'une fausse démocratie le nombre de signataires d'accord patronaux et présenter les luttes comme des archaïsmes (Ce qu'a fait 'huma durant ces dernières années avec le tournant de 1999 (jusqu'à reprendre la célèbre phrase de R Hue :" si j'étais cheminot je ne ferais pas grève") quand toute l'argumentation se structure autour d'une alternative (en fait alternance ) à l'intérieur des structures de l'Union Européenne et de ses porteurs d'illusion interne (GUE au plan politique, CES au plan syndical) cela pousse au recul des idées.


L'article de l'huma, finalement, parce qu'il se cantonne à un constat non approfondit conduit à culpabiliser les victimes et absoudre les coupables.


"La pluie vous trempe ? C'est de votre faute fallait prendre un imper" sauf que le fabricant d'imper autoproclamé ne fournit que des défroques poreuses


Quand la force politique qui s'est construite pour supprimer le capitalisme à partir de la rupture avec ceux qui veulent loyalement le gérer ici font cause commune avec le parti de la casse rose sociale, là s'y oppose dans les villes mais l'accompagne dans les conseils régionaux et généraux, comment aider à la clarification ?


Quand les mêmes persistent à appeler camarades ceux du parti qui envoie les flics contre les travailleurs et autorise le licenciement et la répression de ceux qui travaillent à la montée de la conscience de classe, n'est-ce pas là une des principales indécences ?


Pas un mot dans l'article de l'Huma concernant les causes profondes de la crise de l'agro singulièrement dans l'ouest (mais pas que là) rien sur la grande distribution, rien sur les banques (dont le Crédit agricole et son rôle de régulateur pour abonder les coffres des paradis fiscaux).


Pas un mot sur les stratégies de l'Union Européenne qui pour servir les précédents pousse dans la fosse commune les plus petits agriculteurs, les filières agricoles et l'ensemble de la force de travail (ces ouvriers "qui ont perdu leur conscience de classe").


Culpabiliser la victime participe du travail de démolition. Pour un titre comme l''Humanité c'est déshonorant et détestable.

 

 

 

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CONNANGLE 03/11/2013 23:00

Quelle clarté et quelle réalité dans tes propos, difficile d'aborder le sujet d'une autre façon.
Si je n'ai plus trop le temps de contribuer par mes écrits, je trouve toujours le temps pour lire tes contributions à la prise de conscience et à la lutte ainsi que celles d'el viejo sans me prendre le chou.
Merci, ta réflexion est toujours utile pour rester dans le coup.

Mcoco le rebelle Médocain

Dom 29/10/2013 12:01

Merci pour ce texte ma Canaille... Dom