Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Lampédusa ; Un syndicat des crimes

Lampédusa  ;  Un syndicat des crimes

Environ 300 morts, on ne saura certainement jamais combien exactement.
Tout le monde pleure les morts de Lampedusa.


Il y a des larmes sincères. Celles des traumatisés par l'horreur de ce qu'ils ont vu et leur proximité avec l'indicible partagé avec les survivants. Toute une population, sur la ligne de front des naufragés de la misère coloniale.



Et puis il y a les autres. Aux larmes de commande qui sont les acteurs du crime.



Trois mafias coordonnent la machine à tuer. Depuis la connaissance de ce nième drame, personne pour ensemble les rassembler pour mieux les dénoncer.



La Première à venir à l'esprit est celle des passeurs qui rackettent ces pauvres gens qui n'aspirent qu'à une chose trouver un endroit ou gagner sa vie, ne pas crever et aider leur famille. Quelle que soit leur nationalité ces salauds, qui fréquentent églises mosquées, synagogue temples ou qui s'en sont affranchi, sont à mettre au ban de l'humanité, mais... le marché de chair humaine existe ils y sont branchés.



Pourquoi les migrants forcés sont-ils obligés de partir ? À cause des pratiques maintenant séculaires de la deuxième mafia, celle qui a pignon sur rue et rond de serviette à Wall Street, au palais Brognard ou à la City. Une mafia faite de ceux qui pillent les terres devenues ainsi d'émigration avec l'aide de leur bourgeoisie compradore. Un pillage qui saigne à un point les pays des migrants qu'il ne leur reste que le départ pour ne pas crever.



En 2012, ce sont près de deux morts par jour entre l'Afrique et l'Italie.
Ceux qui survivent se retrouveront à travailler dans les pires conditions dans le BTP, l'agriculture, le commerce à travers toute l'UE. Les patrons sont friands de cette main d'œuvre qu'elle tient par la terreur et la menace de la dénonciation dans sa main.



La troisième mafia, c'est celle-là. Elle qui a pignon sur rue et se sert de cette force de travail low-cost pour peser sur ce qu'ils appellent le coût du travail en usant au besoin de cette forme moderne d'esclavagisme qu'est le travail clandestin. Combien parmi les survivants que nous retrouverons chez les sous-traitants de Bouygues et autres ou clandestins cueilleurs de fruits dans le Vaucluse (vous savez là où leurs patrons font la franc gardes électoral des score du FN qui veut repousser les radeaux des migrants à la mer).



Dans ces conditions, demander à l'UE de prendre des mesures (comme vient de la faire Blummollet) revient à demander à un maquignon de renoncer à ses trafics de bestiaux.



Qui tirent les ficelles du pantin UE ? Les grands groupes industriels pris régulièrement la main dans le sac pour travail dissimulé, non-respect des codes et garanties sociales, les banques qui leur accordent crédit et les incitent à ces pratiques pour gonfler leur marge, ceux qui ont institutionnalisé la sous-traitance.



Imagine-t-on Brown ou Merkel, les chantres du travail gratuit forcé pour les chômeurs ou du contrat de travail à 0h00 accepter de voir disparaitre le moyen de pression pour les imposer. 

 

Imagine-t-on Zapatayrault qui ne cesse directement ou par ministre et cacique du PS à donner des gages au Medef prendre des mesures réelles contre la saignée de l'Afrique et de l'Asie ?



Le même ZpatAyrault, samedi à Metz, s'est dit « profondément touché, ému par les images que j'ai vues".et a poursuivi « les pays européens devaient "vite" se réunir pour évoquer la gestion des frontières maritimes ». "Qui peut rester insensible ?" Mais en attendant, il gère le système qui produit ces morts.

Ceux qui pour assurer la puissance des empires ont commis les pires crimes dans les pays aujourd'hui en ruine sont les premiers à monter au front de la xénophobie de la ligue du nord au FN en passant par toutes des droites pas seulement celles officiellement extrêmes et quelques socio-démocrates dont nous disposons d'un triste spécimen place Beauvau.



Il y a les mafias, leurs parrains (et marraines), leurs seconds couteaux et hommes de main.



Chacun dans sa spécialité concours à fabriquer des morts causés à chaque étape de leur parcours par la réalité d'un système où la force de travail est une ressource dont la dimension de moins en moins humaine pour ceux qui la pressure autorise toutes les ignominies pour pouvoir l'exploiter.

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article