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Voila pourquoi les régions sont sollicitées pour payer les retraites des cheminots. Voila pourquoi elles peuvent et doivent dire NON

 

C'est au pied du mur qu'on voit le maçon.

Voyons et surtout aidons à y voir clair.


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Depuis quelques temps fleurissent les articles disant que les régions vont payer les retraites des cheminots.


Plutôt que d'argumenter pour savoir si c'est juste ou pas, il serait préférable de regarder pourquoi cette question inconnue jusqu'à présent est d'un seul coup sur la table.


Canaille & Cheminot,  ayant été au cœur du cœur du débat, il m'est possible d'apporter quelques éclaircissements sans empiéter sur les prérogatives de la fédération CGT des cheminots  et ses structures en parlant des débats dans le cénacle politique et les tentatives de tractations pour entrainer un accord du mouvement syndical pour leurs propositions…accord qu'ils n'ont pas eu.


Tout commencerait au sénat et à l'assemblée nationale avec le débat sur la loi SRU…


NON, c'est faux.


Avant le retour aux affaires de la "gôche", l'ANECR (association nationale des élus communistes et républicains) alertée par la colère des cheminots devant la casse de l'activité et des infrastructures (nous sommes avant la publication des cartes de l'évolution du réseau ferroviaire établie par la FD des cheminots qui seront le socle de la réunion de son conseil national en 1995 qui conduira, amplifié par la provocation de Juppé sur le devenir des régimes de retraites, à l'appel à l'action du 24 novembre 1995) l'ANERC donc travaille la question.


Celui qui deviendra sinistre des transports se fend alors à l'assemblée nationale d'une déclaration qui aurait fait paraître Babeuf pour le secrétaire de Chateaubriant ou P Sémard comme un membre de l'UIMM:

"Ce qu'une loi fait une autre peut le défaire, de retour au pouvoir nous réunifierons le systèmes ferroviaires". (sic). On verra à l'usage...et on a vu.


Devant la désertification galopante et face à l'État qui l'organise, les élus locaux, (faisant alors passer à la trappe la nature de cet État et ses pouvoirs), même ceux du PCF, veulent du pouvoir pour mettre en oeuvre de façon dispersées leurs solutions.


L'Anecr, malgré les avertissements des syndicalistes (au moins la cgt)  et partant du principe que qui paie a le pouvoir, contre l'avis alors des cheminots, décide de soutenir les formes d'une  régionalisation impulsée par le sénateur UDF Haenel. Ils accepteront même pour les régions se croyant riche de se substituer à l'état, de financer les infrastructures et d'offrir ainsi au grand capital chimique, agricole, armatoro-portuaire, aux" intégrators" mondiaux des baisses tarifaires de fait pour leur train payées par les impôts locaux et régionaux de ceux que les mêmes mettaient aux chômages par dizaines de milliers de salariés dans les bassins industriels.


Inconséquence politique, dans toutes les régions gagnées par la "Gauche", ce seront des vices présidents PCF qui seront chargé du dossier transport pour mieux faire passer certaines pilules amères fiscale ou organisationnelles aux population et surtout aux cheminots (financement d'infrastructures TGV par les régions, remodelage des dessertes facturation par la SNCF aux régions, politique d'achat du matériel et son entretient, inégalité de traitement en fonction des contrats. Rien que cela.


Le pouvoir pourrit tout: la preuve. Seuls les petits fours de quelques invités pour les vœux ou l'inauguration de ces infrastructures à prix d'or rénovées ont encore de la fraicheur...


A l'époque pour empêcher cela, parce que la CGT l'a vu venir, elle fait la proposition à l'Etat et aux régions de mettre en place un comité stratégique les réunissant,  adossé au conseil d'administration de la SNCF, avec des pouvoir liés à leur champ d'intervention, ce comité permettant d'assurer deux choses:

-L'égalité de traitement de tous les usagers en tout point du territoire, principe constitutionnel fondateur du service public.

-Une politique de gestion du matériel assurant des charges de travail aux différents établissements singulièrement ceux que le projet de réseau noyau menaçait de disparition.


Cette approche permettait de garder verrouillée la question fondamentale de l'unicité nationale de l'infrastructure, son financement par l'État et cadrait ainsi les limites de la directive UE 91 440.


Elle permettait sans clash de pousser à sa conclusion la réunification du système ferroviaire, la suppression de RFF sur laquelle celui qui deviendra la groupie de Jospin avant de se baigner dans le purin de Frèche, par ses promesses de bateleur se fera réélire.


Cela semblait si ce n'est acquis du moins portable par un rapport de force politique et revendicatif.


Jusqu'à ce que la majorité parlementaire tente de convaincre la CGT de l'accompagner sur le Styx à Gayssot… ce qu'alors la CGT des cheminots n'a pas fait.


Rejet du comité stratégique qui garantissait l'unicité du statut de l'entreprise, et reprises des propositions de l'ANECR que le ministre d'alors a portée, bec et ongles contre l'avis des cheminots concernant la régionalisation du transport que pas fous, les caciques du PS et de l'Élysée avaient décidé de confier à leur zélé apprenti.


Reconnaissons qu'il a fait preuve d'une grande dextérité. En aout 14 il aurait certainement voté les crédits de guerre au nom de l'union sacré …pour venger Jaurès.


Quand le ministre à défendu sa loi SRU, il s'est passé des choses surprenantes. Voir le groupe socialiste de l'Assemblée Nationale demander une suspension de séance à 2h00 du matin pour vérifier leurs orientations avec Matignon parce que le ministre "communiste" des transports allait trop loin dans la casse du statut de la RATP en fait partie (voir le J.O. de cette mémorable séance). Sortant l'ingénierie de cette entreprise publique pour permettre sa mise en concurrence avec la SNCF, il a réussi à surprendre même des élus socialistes qui avaient voté oui pour Maastricht.


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Voila comment un ministre du PCF a introduit la concurrence dans la gestion des services publics de transports. La droite n'y était jamais parvenu, le PS hésitait, "lou ravi de la crèche" l'a fait.


Celui qui fait crépiter son clavier pour rappeler cela en garde un souvenir empli de colère et de consternation et un intense goût amer dans la bouche.


La dérive du PCF est historiquement inscrite dans ce processus: les députés du PCF ont tous voté la loi SRU. Pour qui la connait bien, contrairement à ce qui se raconte elle a autorisé aussi un désengagement de l'état et du capital pour financer le logement social, elle a permis au Medef de gagner des positions dans les rouages de ce qui avant la loi SRU s'appelait le mouvement HLM et créer les bases d'un gigantesque holdup sur la part socialisé du salaire (1%logement ) par le gouvernement.


Vous savez maintenant pourquoi ceux qui comptent en matière d'orientations idéologiques dans toute la droite réelle (au-delà de ceux qui s'affiche en être) ne veulent pas abroger la loi SRU.


Vous avez en main maintenant des outils pour répondre pourquoi la SNCF demande aux régions de participer au financement  des retraites des cheminots : puisque vous avez accepté le bébé, à vous de payer les couches et leur renouvellement.


La droite officielle au pouvoir, pas plus stupide que la moyenne, a bien vue comment s'appuyer sur les …il faut appeler chat un chat…saloperies de gauche pour faire passer les siennes au nom de la continuité.


Quand vous irez demander des comptes à vos élus Fadièzien & c° aux commandes, et il faut vite y aller, rappelez à ceux qui disent "plutôt  nous que ceux là" qu'au vu du contentieux, se planteraient-ils des plumes rouges dans le derrière,  ils auront des preuves à faire.


http://a31.idata.over-blog.com/500x682/2/50/80/17/ara-macao.jpg

 

Et avis perso, regardez entre vous s'il n'y a pas plus fiable parmi ceux qui animent vos luttes et sollicitent vos avis pour voir comment les poursuivre. Il est quasiment certain que oui, et garder le contact permanent avec eux, cela les aidera et surtout vous aidera. 

 

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