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Viol.

 

http://www.mosaique.levillage.org/miroirs/viol1.jpg

 

Devant certaines réactions trop convenue, une timide tentative de pousser la réflexion

Ne pas en rester qu'à la dénonciation.

Au delà de l'expression d'une solidarité à la cause de celles (et peu nombreux deceux s'y joignant) qui osent briser le mur de vere qui enferme le silence, les arguments publiés étant suffisamment bien exposés, La Canaille n'aurait pas cherché à mêler son grain de sel à ce débat si à plusieurs reprises il n'avait rencontré ou entendu ces mots sous la plume ou dans la bouche de journalistes (mais pas qu'eux) rapportant des faits destinés à trouver une issue juridique : "le viol avec violence est retenu".

Y en aurait-il sans ?

L'acte lui même n'en est-il pas une majeure.

L'absence de "coups physiques" est-il circonstance atténuante par rapport à la violence morale (singulièrement dans les cas de pédophilie), de camisole économique (chantage au licenciement), familiale (pression tout azimut) , sociale (mise sur la place publique) ?

Des mesures urgentes sont à prendre pour repositionner la qualification du crime. Si cela est quasi réalisé pour ses auteurs dès lors que le crime est reconnu, c'est cette reconnaissance antérieure qui fait verrou.

Un constat : c'est déjà plus ou moins "aléatoire" pour les structures chargée de le constater et le réprimer. Mais que dire des sourires ou indulgences coupables existent encore dans certains espaces juridiques voire socials ou associatifs. Les comptes rendus de procès de la dernière période sont assez effarants à ce propos. L'omerta existe et elle n'est pas cantonnée aux ZUP. Elle infuse aussi dans les beaux quartiers.

La conférence de presse de la Fédération Française de Tennis en témoigne : condamnation immédiate… à postériori. Mais que dire de cette phrase du DG de la FFT qui éclaire crument les idées avancées ci-dessus ;

"On ne peut pas dire qu'il n'y a pas eu une forme d'alerte, mais elle n'était pas suffisamment violente pour déclencher une procédure".

Le doute bénéficie à qui ?

L'idée simple rencontrée régulièrement quand on se ballade dans la vie en témoigne : qui n'a jamais entendu autour de lui sur une plage, un boulevard ou ailleurs un propos du style "c'est une incitation au viol" ? Humour complice d'attendrissant à grivois ? Ou remontés de pulsions millénaires liées à l'organisation sociales, ses rapports hiérarchisés de domination-exploitation et la place singulière des femmes et de enfants objet de cette exploitation y compris sexuelle ?

La charge idéologique des mots, le cadre structuré de la société qui les laisse circuler jusque dans des échanges de plateau télévisuel montre le chemin à parcourir. Ce parcours participe à la culpabilisation des victimes et à "l'honorabilité des criminels".

Notons que sur cette questions les clivages sociaux culturels voir religieux sont singulièrement dépassé l'idée de hiérarchiser entre l'évêque pédophile et le violeur en série de banlieue est plus à chercher dans les repères idéologiques dominant que dans la nature du crime.

Patrick Pelloux à partir de l'expérience du patricien urgentiste est conduit à proposer des mesures qui relèvent du simple bon sens :

"Il faut revoir l’organisation des prises en charge des crimes sexuels. J’ai proposé en juillet à Marisol Touraine que débute une concertation pour améliorer cette prise en charge entre santé, police et justice. Depuis: rien! La proposition est simple: une victime de viol vient aux urgences. La police est prévenue et doit venir. Le dépôt de plainte et l’interrogatoire se font aux urgences avec l’aide de l’avocat de la victime. Ainsi, les prélèvements, la prise en charge médicale psychologique et sociale est dynamique et courte. La police est là et sécurise. Les victimes devraient avoir un moyen d’être aidées à proximité du tribunal et lors des auditions dans des procédures rapides. La prise en charge psychiatrique et psychologique doit être prise à 100% par la Sécurité sociale et remboursée par la suite par le ou les agresseurs. Si nous voulons combattre les viols, il faut commencer par ne pas abandonner les victimes et en parler, briser le tabou, c’est une urgence. Les ministres doivent passer des discours de constats à des discours politiques de modernisation et d’aide aux victimes de viol."

N'est-ce pas le plus rigoureux constat des carences abyssales de notre organisation globale, donc ses causes et solutions politiques, lui même photographie implacable des mentalités dans notre pays ? Derrière les mots ci-dessus mesurés le poids des menaces pesant sur les victimes.

Cela doit conduire à une autre réflexion. Il n'y aura pas de transformation de la société sans révolution des rapports sociaux. C'est un point incontestable. C'est une condition nécessaire mais est-elle suffisante ? Les rapports sociaux ne sont–ils réductibles qu'à la place dans la production ?

Supprimer le capital mais garder les rapports d'aliénation dont la ségrégation sur le genre, l'origine et nombre d'autres entretient les ferments de reconquête pour les aliénants. Cette question d'une hiérarchisation à base sexuelle permettant la violence et allant dès lors jusqu'à l'excuse ou la banalisation sociale du crime est-elle séparable des autres conditions de l'émancipation ?

Pas plus qu'elle n'en est séparable elle n'en est intégrable tant elle a de singularité exigeant sa propre prise en compte propre.

Peut-être (surement) est-ce un des points dans l'erreur d'une conception dogmatique plus ou moins déterministe d'une approche de ce que Marx a cherché à donner à comprendre. Lui même avait mis en garde sur ces visions réductrices et avait pointé le danger à ne montrer le poids des aliénations qu'à partir d'une lecture hiérarchisée qui interdisait de les concevoir dans leur articulation et complémentarité  (à ce propos il est particulièrement motivant dans le moment de lire ou relire  "L'origine de la famille, de la propriété privée et de l'État" d'Engels, publié en 1884, un ouvrage d'une étonnante actualité).

 Cette vision réductrice dans la réflexion communiste a été durant tout le 20ème siècle à l'origine d'un des affrontements qui dans des années 70 se cristallisera autour du débat parmi les penseurs dits marxistes à propos de la psychanalyse.

L'humain (homme ou femme) libre a-t-il besoin de dominer un rapport de forces pour exprimer la réalité de son être ? La violence à l'autre est-elle génétique ou sociale ? Innée ou acquise par la réalité des rapports sociaux autorisant son expression voir la promouvant pour sélectionner ses modes de fonctionnement et de leur reproduction ?

Que ce débat puisse s'ouvrir à partir des recherches est indispensable mais en attendant pas de statut-quo. Parce que la lutte de classe existe, que les rapports d'aliénation s'expriment par la force et que chaque aliénation entrave toute les libertés pas de tolérance pour ceux qui ne se réalisent que par l'exercice criminel. P. Pelloux a raison avec ses propositions et toute politique qui ne les intégrerait pas ne serait au mieux que poudre aux yeux et finalement complicité du crime.

PS  : Comment qualifier le comportement de ceux qui se bousculent pour dénoncer le crime aujourd'hui  avec la même célérité qu'ils défilaient à Fréjus il y a quelques jours pour honorer le violeur officiel et maintenant reconnu de la bataille d'alger. Les enfants nés de ces viols collectifs continuent à être niés par la France. Y aurait-il comme pour d'autre circonstance une sorte de pardon au crime d'état ?

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photo prise par un soldat qui témoignera que cette patriote sera violée puis tuée.

 

 

 

 

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