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Tunisie

 

 

Canaille le Rouge reviendra rapidement sur cet assassinat et ce qu'il révèle  de la crise dans la Tunise de l'après Ben Ali  :

 

Photo et chronologie repiqué sur Maréa Nostrum (blog des communistes du Cap Corde) lien : la foule en colère à Tunis ce jeudi

  Tunis

jeudi 7 février 2013

Des milliers de manifestants sont descendus dans la rue en Tunisie, mercredi 06 février, le jour même de l’assassinat de Chokri Belaïd, tué en sortant de chez lui le matin de trois balles tirées à bout portant.

Chronologie de l a matinée :

6 heures. Sur France Info, l'avocate et présidente de l'association tunisienne contre la torture Radia Nasraoui souligne l'existence d'une liste où figureraient des noms d'opposants à tuer.

8 h 30. Sur BFM TV, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius condamne "de façon extraordinairement ferme l'assassinat de Chokri Belaïd". Il espère que "les Tunisiens vont se resaisir".
8 h 35. Sur Europe 1, Manuel Valls affirme que la France doit "soutenir les démocrates" en Tunisie pour que les "valeurs de la révolution du Jasmin ne soient pas trahies. Le ministre de l'Intérieur précise que "Chokri Belaïd était l'un de ces démocrates qui se battent pour des valeurs qui sont universelles" et rappelle qu'il y a "un peuple, une jeunesse, des femmes qui se sont mobilisés pour faire tomber Ben Ali".

9 h 40. La presse tunisienne craint que le pays ne bascule dans un cycle de violence toujours plus sanglant, tout en espérant que l'annonce de la formation d'un nouveau gouvernement désamorce ces tensions. "Le tournant est extrêmement dangereux, car il est clair que plus personne n'est dorénavant à l'abri des expéditions de liquidation d'escadrons de la mort", s'insurge par exemple Le Quotidien.

10 h 45. La police déploie un important dispositif de sécurité dans le centre de Tunis. Des bus, des camionnettes et des fourgons cellulaires ont été postés en nombre et la circulation a été interdite le long du ministère de l'Intérieur. Les commerces ont rouvert sur cet axe, mais par précaution, nombre de magasins ont abaissé leurs rideaux de fer pour protéger leurs vitrines. Aucun appel à descendre dans la rue n'a été lancé par les partis d'opposition ou les syndicats pour jeudi, mais la veille, les rassemblements dans plus d'une dizaine de villes ont été spontanés.

11 heures. Selon Reuters, le parti islamiste Ennahda refuse la dissolution du gouvernement annoncée mercredi soir par le Premier ministre Hamadi Jebali. "Le Premier ministre n'a pas sollicité l'opinion de son parti", a déclaré le vice-président d'Ennahda, Abdelhamid Jelassi. "Nous croyons, nous, à Ennahda que la Tunisie a besoin aujourd'hui d'un gouvernement politique. (...) Nous allons poursuivre les discussions avec les autres partis sur la formation d'un gouvernement de coalition", a-t-il ajouté.

11 h 30. Le chef du Parti républicain (centre) tunisien, Ahmed Nejib Chebbi, déclare à RTL qu'il figure "sur une liste de personnalités à assassiner" et qu'il bénéficie d'une protection officielle. "Je suis menacé. Le ministère de l'Intérieur m'a officiellement informé il y a déjà quatre mois que j'étais sur une liste de personnalités à assassiner. Le président de la République m'a accordé une garde depuis trois ou quatre mois", déclare Ahmed Nejib Chebbi, opposant historique sous le régime de Ben Ali et aujourd'hui chef d'un parti centriste opposé aux islamistes au pouvoir.

12 h 36. 300 militants d'opposition manifestent avenue Habib-Bourguiba en scandant "le peuple veut la chute du régime". Sous une pluie battante, les protestataires chantent également l'hymne national, qui était déjà un chant de ralliement lors de la révolution qui a provoqué la chute, en janvier 2011, de Zine el-Abidine Ben Ali après 23 ans de règne sans partage.

13 h 10. Les manifestants se dirigent vers le siège du ministère de l'Intérieur, situé avenue Habib-Bourguiba où des renforts policiers très importants ont été déployés après les heurts de la veille qui ont fait un mort dans les rangs de la police. Les forces de l'ordre n'ont pas réagi dans l'immédiat.

13 h 20. Sous le titre "Le début d'une série de meurtres planifiés ?", Le temps, un quotidien "indépendant" tunisien, cite Hamma Hammami, "compagnon de route de Chokri Belaid" : "Cet assassinat politique est commis par des parties qui veulent jeter le pays dans le chaos. Le gouvernement en assume la responsabilité. Car il n'a pas pris les mesures qu'il faut à temps pour empêcher ce crime."

13 h 30. Des centaines de manifestants anti-islamistes et la police s'affrontent devant le siège du gouvernement de Gafsa, ville instable du bassin minier tunisien (centre). Les manifestants qui procédaient à des funérailles symboliques de Chokri Belaïd, l'opposant tunisien assassiné mercredi à Tunis, ont jeté un cocktail molotov sur les policiers, qui ont répliqué par des tirs massifs de gaz lacrymogènes.

13 h 34. L'ambassade de France annonce qu'elle ferme ses écoles en Tunisie vendredi et samedi.

13 h 50. C'est une décision qui peut faire basculer le cours des événements. Le principal syndicat tunisien (UGTT) appelle à la grève générale vendredi pour les funérailles de Chokri Belaïd.

 

 

Quelques données pour suivre les évènements :   

Cet assassinat se produit dans un contexte de monté en puissance de la violence intégriste :

 

C'était (Chokri Belaïd)l'une des personnalités politiques les plus virulentes à l'égard du gouvernement formé par le parti islamiste Ennahda. Il a accusé leurs Ligues de protection de la révolution demener des actions violentes et a appelé à leur dissolution. C'était un figure de la gauche donc, pour les islamistes, il faisait partie des koufar, des mécréants. L'ironie, c'est que la veille, il avait donné une conférence sur la violence en Tunisie et insisté sur la nécessité d'avoir un dialogue national contre la violence",

a indiqué Amna Guellali, responsable de l'organisation Human Rights Watch (HRW) en Tunisie. 

L'Union générale tunisienne du travail (UGTT) plus importante organisation syndicale de Tunisie , a appelé sur son site officiel à la grève générale vendredi 8 février, à l'occasion des funérailles de Chokri Belaïd, figure de la gauche assassiné mercredi à Tunis.


 

A Tunis, devant une photo de Chokri Belaïd, assassiné mercredi.

 

 

Si quatre partis politiques avaient déjà appelé à la grève, restait la positoion de l'UGTT, l'un des principaux moteurs de la chute de Ben Ali '750 000 adhérents dans toutes les régions), reste la clé de tout débrayage de grande ampleur.

 

Cette grève générale serait une première depuis 1978.

 

Le monde précise dans son papier que même sous Ben Ali, l'UGTT n'avait pas utilisé cette arme, se contentant d'un débrayage de deux heures le 14 janvier 2011, jour de la fuite précipitée de l'ex-dictateur. 

 

Les syndicats des avocats, des magistrats et du parquet ainsi que les enseignants de l'université La Manouba de Tunis ont annoncé observer une grève dès aujourd'hui.

 

L'UGTT ÉVOQUE DES MENACES DE MORT


A l'UGTT, on indique, jeudi 7 février, avoir reçu par téléphone depuis deux jours plusieurs menaces de mort de plus en plus précises qui visent le secrétaire général de la centrale syndicale, Hocine Abassi, et son fils. "Auparavant, nous les avions déjà reçues par écrit", affirme Sami Tahri, membre du bureau exécutif de la centrale.

 

Depuis plusieurs mois, les tensions se multipliaient entre l'UGTT et les autorités.

 

Bref Rappel : 


Des manifestations, fin novembre, dans la ville de Siliana pour obtenir le départ du gouverneur nommé par Ennahda, avaient fait plus de 300 blessés, au cours d'affrontements avec la police. Et le 5 décembre 2012, date de la commémoration du 60e anniversaire de l'assassinat du fondateur de l'UGTT, Farhat Hached, une figure anticolonialiste, les deux parties se sont copieusement invectivées et battues. Bilan : une dizaine de blessés.

 


 


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