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Travail salarié, retraites, 35h00 et capital, salaire, profits

 

http://pcfsaintquentin.unblog.fr/files/2010/08/charlymarx.jpg

 

Je pille délibérément le titre d'une des œuvres majeurs que K Marx a écrite pour faire comprendre aux principaux intéressés les mécanismes de leur exploitation. Pillage fait pour éclairer ce que prépare la droite comme offensive suivante si elle arrivait à faire passer son projet sur les retraites. Une raison de plus pour pousser fort pour faire reculer le pouvoir.

Copé annonce la couleur: après les retraites,  en finir avec les 35h00.

"Le patron des députés UMP, Jean-François Copé, a déclaré, dimanche 26 septembre, qu'il voulait remettre "sur la table" la question des 35 heures. "Je pense que ce débat doit être mis sur la table", a-t-il affirmé au micro de Dimanche soir politique (iTélé-Le Monde-France Inter-Dailymotion). "Nous y avons contribué avec la loi qui a été votée au début du quinquennat qui prévoyait de détaxer les heures supplémentaires en charges sociales", a-t-il poursuivi" (Le Monde en ligne 26/09).

Si on veut se battre efficacement il ne suffit pas de crier au scandale et à l'injustice (qui sont de fait) mais de regarder pourquoi font-ils cela, comprendre le mécanisme économique qu'ils veulent lubrifier à leur service.

Près de deux siècles de luttes sociales le plus souvent dans des moments d'intense affrontements  ont installé des gardes fous à la rapacité patronale, lui ont arraché des reculs pour lui qui sont autant d' acquis pour les salariés. Ils sont tellement ancrés dans les esprits que les conditions de leur acquisition sont oubliées au point que certains peuvent penser qu'ils ont toujours existé ou ont été octroyés par philanthropie et permet au capital de se parer  la défroque du modernisme pour présenter ses régressions comme des avancées sociétales.

Cela repose sur une donnée qui n'est malheureusement plus enseignée dans les formations syndicales de bases : Le salaire ne rémunère pas le travail mais la force de travail du salarié considérée comme une marchandise.

On y enseignait que le prix payé est la valeur nécessaire à la reproduction de cette force de travail (se loger se nourrir se vêtir soi et sa famille, l'ensemble des besoins matériel dont à aussi besoin le capital pour pérenniser ce fonctionnement à son profit).

Pourquoi repartir de ce point là ?

C'est à cause de cette fameuse phrase qu'un des fondateurs de l'idéologie "libérale" JB Say avait déjà énoncé en 1817 qui berce le capitalisme que la canaille ressort à chaque occasion  et qui éclaire la sortie de Copé ce weekend:

"Quand on loue sa terre, qu'on place ses capitaux, quand on reçoit un salaire pour son travail, on vend le service rendu pendant un certain temps par ces divers agents de la production, et l'on renonce aux droits qu'on avait à leurs produits. Leurs produits appartiennent alors à l'entrepreneur qui a acquis leurs services productifs."(Traité d'économie politique, 3ème édition).

Tout est là : la durée de la carrière au travail (retraite), durée hebdomadaire (35h00) et journalière du travail (annualisation) n'ont qu'un but : une fois rémunérée (le moins possible) la force de travail, cette matière première d'énergie et d'intelligence, lui faire rendre le plus possible pour le profit capitaliste, son accumulation et la rémunération de ce qui est accumulé. L'origine de la crise est là. Pour en sortir il faut casser cette mécanique.

Cette part soustraite à ceux qui produisent est de fait parasite puisque non consommée par les producteurs réels des richesses les salariés. Des productions que les développements technologiques et scientifiques imposent de parcelliser et exigent des organisations complexes, socialisant toujours plus la production. Les producteurs dès lors sont regroupés qu'ils le mesurent ou non en tant que classe sociale aux intérêts antagonique à ceux du capital.

C'est en cela que le capital n'est pas de l'argent mais un rapport social basé sur l'exploitation qui permet de fabriquer de l'argent non socialement utile.

Tout le travail fourni au delà du paiement de la force de travail est stocké et réalisé sous forme monétaire  lors des échanges marchands puis accumulés ou dépensé dans des gâchis que l'actualité estivale a mis en lumière pour la partie visible de l'iceberg.

Est-ce fatal de fonctionner tout le temps de cette façon ? C'est ce que disent les capitalistes et leurs idéologues qui théorisent avec le point final du "les marchés ont gagné, les économistes le disent" et les historiens de dire "c'est la fin de l'Histoire".

Sauf que. Une question qui non seulement n'est plus posée mais a été très imprudemment évacuée des principes et buts de l'action revendicative reste pendante.

Pourquoi la somme des richesses produites n'est-elle pas restituée individuellement et socialement aux producteurs, pourquoi cette accumulation au profit d'une ultra minorité (en France 95% des actifs sont salariés) ?

La question est celle du salariat. Bien sûr et en permanence comme le disait déjà Marx aux militants de la première internationale  lutter pour "ne pas perdre pieds dans le combat quotidien" si on veut pouvoir créer le rapport de forces qui permette de s'extraire de ce rapport social d'exploitation. Mais en prenant au pied de la lettre ce que théorise JB Say : ne plus "vendre le service rendu pour un certain temps" mais faire que tous le temps consacré à la production sociale des richesses soit affecté à l'usage sociale (rémunération, réalisation des équipements indispensables à la vie individuelle et collective, développement et recherches pour rendre la production des richesses plus facile etc.).

Le fait de vendre son temps au travail dans le rapport d'exploitation crée une subordination qui conduit le salarié à être dépossédé de son intelligence au travail sauf la part dont à besoin le capital pour son fonctionnement et assurer la rentabilité de ses capitaux qu'il veut accroitre et rémunérer. En faisant sauter la barrière des 60 ans et celle des 35h00, après l'annualisation c'est à cela que s'emploie les condottières du capital qui sont aux commandes de l'appareil d'état et le font fonctionner au profit du capital et au leur pour se rémunérer (c'est certainement par ce biais qu'il faut regarder les augmentations que ce sont attribuée les caciques du pouvoir).

Bien sûr, il faut augmenter les salaires et pousser le curseur pour que les richesses aillent toujours plus et mieux vers le travail. Mais l'issue durable et féconde c'est de rompre ce lien de subordination qui à la fois libère les potentialités du travailleur pour lui et la société ainsi libérée du parasitisme capitaliste, arrête les pillages de la planète et organise la décroissance du capital, supprime ses gâchis, permet d'organiser une autre croissance calée sur une réponse durable aux besoins sociaux.

Puisqu'on sait pourquoi la droite agit, pour qui elle agit, comment elle agit. Puisqu'on sait pourquoi impunément elle peut ainsi agir, faut-il la laisser persister ? Faut-il s'en remettre à des organisations qui institutionnellement ne veulent plus regarder au-delà de l'horizon indépassable du marché* et propose dès 2012 de le gérer en bon père de famille comme une échoppe de remailleuse des années 1910 en laissant les capitaines d'industries et les banques continuer le pillage global?

http://blog.fanch-bd.com/images/politique/Marx-Engels.jpg j'ai été chercher ce dessin chez Fanch Ar Ruz (blog.fanch-bd.com/images) 


Ou bien ces 95% de salariés, retiré la part des commis rétribués pour perpétuer le système, vont-ils exiger immédiatement l'augmentation de leur part ET s'organiser pour confisquer le gâteau, décider des ingrédients, de la recette pour le rendre plus digeste, plus savoureux et en donner à tous ?

"Dit donc, Canaille, tu demande ni plus ni moins que la suppression du salariat ?"

"Ben oui. Et le travail ainsi libéré enfin considéré comme un bien non accumulable et objet de spéculation ou ne serait plus une torture mais une activité productrice contributrice à la vie et à l'épanouissement de tous"

"Communiste va!"

"Oui, persiste et signe en attendant qu'une force politique se construise pour se réapproprier ce débat pour en faire son objectifs d'action sans attendre les calendes grecques"

http://blog.fanch-bd.com/images/politique/lutte-des-classes.jpg
celui là aussi :  dessin chez Fanch Ar Ruz (blog.fanch-bd.com/images) 

* notons dans la période que la seul contribution de fond parue dans l'Humanité de la part du PCF est celle de P. Boccara qui ne traite de la crise que par la mobilisation des outils financiers du capital (BCE) et reste comme tous les autres économistes se recommandant aujourd'hui de Marx curieusement silencieux sur LA question de fond du lien de subordination salarial qui tant qu'il existera autorisera tout le reste.

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