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Tours, 1920 : quand lire P.V-C prémunit des brûlures de l'Histoire

 

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Il y aura 90 ans ce 29 décembre 2010 que la nuit finissait à Tours.

90 ans que se relevait des massacres et des saignées un espoir qui cherchait à donner corps à l'utopie.

Un espoir qui a avancé, fonctionné et donné des points d'appuis efficaces, au prix de sacrifices allant à l'absolu de ceux qui se mettaient dans l'attelage.

Jusqu'à ce que ceux qui avaient mission de pousser, parce qu'ils avaient décidé qu'ils connaissaient seuls la route, se soient convaincu que c'était plus confortable d'être assis à côté du postillon.

Comme le manteau du dit était rouge, prendre les rennes en laissant l'effort à ceux qui subissaient le bât, dès arrivés au dessus de l'attelage, ne fut qu'un tour de passe-passe encouragé par les passagers du carrosse.

Voilà pour l'essentiel comment une organisation voulue de masse devint élitiste et, en 2010, en est arrivée là.

Pour autant ces 90 ans de mobilisations et de sacrifices forment un socle tellement solide que c'est à coup de dynamite que le capital doit les attaquer. Sachant que l'histoire montre que c'est parmi ceux qui connaissent le mieux le terrain que la bourgeoisie recrute les sapeurs.

Habillés de rouge, coiffés de haut de forme, désormais blanchissant du dedans tel des radis, nos postillons ne sont capables que de figures esthétiques en claquant leur chambrière pensant toujours qu'il font peur... comme à la Chambre hier.

Dès lors, les pousseurs d'attelage vont devoir vite se réorganiser pour sortir de l'ornière et reprendre les rennes.

Pour y aider, ce que disait Paul Vaillant Couturier à Tours, est si ce n'est Bible et ne peut être, expérience aidant, que boussole, reste d'une grande pertinence et porte autant pour le mouvement révolutionnaire que Montesquieu pour la République et la séparation des pouvoirs ou Rousseau pour le Contrat Social.

La méthode d'analyse et les travaux de Marx aidant à tenir à plat et fermement la boussole, seule pratique qui permette de bien tracer un cap.  

La Canaille ne sera ni le premier et ni le dernier à mettre ce texte en ligne. Ce qui précède explique la vision personnelle de ses choix.

 

http://www.herodote.net/Images/congresdetours2.jpg 

A lire ou relire pour en mesurer la valeur historique et l'actualité

 

Déclaration finale du Congrès de Tours – 29 décembre 1920 – rédigée au nom du Parti, par Paul Vaillant-Couturier

 

 

Le Congrès de Tours marquera une date historique dans la vie longue déjà et glorieuse du socialisme en France. S’il restaure parmi nous les conceptions traditionnelles de Marx et d’Engels, les doctrines jadis consacrées et trop souvent désertées dans la pratique, il adapte en même temps aux nécessités des temps nouveaux, aux obligations impérieuses que nous assigne la crise révolutionnaire mondiale, les méthodes de préparation et d’action qui doivent désormais prévaloir.

 

En face du régime capitaliste qui croule politiquement, économiquement, socialement, notre discipline devait se resserrer, la rupture s’affirmer avec tout ce qui représente les classes déclinantes, la lutte des classes être proclamée dans toute son ampleur.


Tel est le sens de l’adhésion du socialisme français à cette Internationale communiste qui a relevé le véritable drapeau de l’Internationale des travailleurs, et la majorité des trois quarts des suffrages exprimés qui s’est manifestée à Tours donne à cette adhésion sa valeur de souveraine puissance.


Héritiers des hommes qui fondèrent et notre parti en France et l’organisation ouvrière révolutionnaire dans le monde, nous poursuivons leur tâche. Du Congrès inaugural de la Première internationale, il y a 56 ans, au Congrès d’Amsterdam, en 1904, et de notre congrès d’unité en 1905 au Congrès de Tours, la chaîne est continue.


A la droite de notre parti, un petit nombre d’hommes, des élus plus que des militants, dont certains comptaient des états de service mais qui s’étaient laissé conquérir par la conception révisionniste et purement parlementaire, nous ont quittés délibérément. Leur position était prise d’avance ; ils avaient préparé leur schisme. Au Congrès de la Fédération de la Seine, le secrétaire du Parti avait démasqué leurs desseins. Ils n’ont pas voulu comprendre la loi d’airain des temps nouveaux. Nous passons.


Au centre, d’autre en plus grand nombre ont rompu avec nous. Ils ont hésité jusqu’à la dernière minute. Irrésolus, incapables de faire leur choix entre le réformisme parlementaire er le communisme marxiste, ils se sont rapprochés des hommes mêmes qu’ils avaient jadis combattus.


Partisans, suivant leur motion, d’une adhésion à la IIIème Internationale, ils se sont refusés à suivre aucun des chemins qui pouvaient y conduire.


Ils sont les véritables auteurs de la crise, si restreinte soit-elle, où pénètre notre parti.


Ils ont montré, par leur geste, aux masses laborieuses de ce pays, qu’ils en assumaient la responsabilité. Ce n’est pas sur un vote de principe qu’ils sont morts, mais sur la lecture d’un document d’allure polémique, un message de l’Internationale communiste dont ils ont voulu méconnaître la signification réelle.


C’est en vain que nous leur avons offert tous les apaisements légitimes. C’est en vain que nous avons pris l’engagement catégorique de consacrer, dans un statut, le droit des minorités. C’est en vains que nous nous sommes prononcés contre les exclusions pour des actes du passé.


Des considérations d’amour-propre où se révèle l’esprit petit-bourgeois, des raisons que le prolétariat ne peut comprendre, lui qui met la cause de la révolution au-dessus des personnes, les ont conduits à la rupture.


Qu’ils en gardent devant l’histoire la lourde charge !


Dans cette séparation d’avec les éléments anciens, nous regardons avec joie la puissance saine et majestueuse de notre grand Parti. Toutes les grandes fédérations des régions industrielles sont avec nous ; les fédérations paysannes sont venues, par leur renfort, nous attester le fécond travail qui s’accomplit dans les masses rurales. Ainsi se marquent la solidarité grandissante entre les travailleurs des villes et ceux des champs, les progrès de l’esprit de classe, cette condition même de l’élaboration de la société future.


C’est la clarté tranchante de la politique menée en commun par tous les partisans sincères de la IIIème Internationale qui a frappé le plus vivement la conscience du prolétariat.


Ainsi s’est réalisée en France l’union intime et désormais indissoluble de tous les socialistes communistes.


C’est la France salariée, la France en révolte contre le régime capitaliste, régime de guerre et de faillite, régime de rapine, d’exploitation et de servitude, c’est toute cette France militante qui est avec nous ; c’est elle qui défendra demain, de concert avec toutes les sections de l’Internationale communiste, la paix, le droit des peuples et la révolution menacés par les impérialistes, masquant leurs intérêts de classe derrière la défense nationale.


L’œuvre qui s’impose à notre parti est énorme ; elle ne nous effraie pas. Le vieux monde s’effondre devant l’esprit des temps nouveaux. La révolution qui s’annonce, qui est née en Russie et qui gagnera de proche en proche tous les Etats et tous les continents trouvera des millions et des millions d’artisans sévères. L’âpre lutte continuera, patiente quand il le faudra, rapide et décisive à l’heure venue pour la libération des nouveaux esclaves. Le régime bourgeois chancelle sur ses bases au lendemain de la plus cruelle des guerres ; nous lui porterons seulement le dernier coup.

 

PROLETAIRES, PAYSANS ET OUVRIERS !

 

Vos devoirs s’accroissent dans la mesure où les temps avancent. Vous ne vous laisserez séduire ni par ceux qui veulent trouver dans le parlementarisme exclusif, dans l’abandon des principes socialistes, dans la collusion avec l’adversaire capitaliste, des avantages illusoires, des transactions mortelles pour la révolution, ni par ceux qui cherchent leur voie à tâtons sans jamais se résoudre et qui, inconsciemment, paralysent l’œuvre d’affranchissement.


Vous tous, vieux militants de notre parti, qui l’avez servi par votre dévouement opiniâtre, jeunes hommes soulevés par le cyclone de la guerre et qui affluez dans nos rangs, vous viendrez à nous pour consommer l’œuvre commencée.


Que notre Parti soit grand ! Que notre parti soit fort et discipliné, maître à la fois de ses militants et de ses élus ! Que dans l’Internationale, relevée l’ombre de la première des grandes révolutions sociales, il soit digne de son passé, digne de Babeuf, digne des hommes de Juin 1848, digne de la Commune, digne de Jaurès, digne de l’avenir glorieux qui s’offre à nous !


Le combat continue plus ardent et plus ample. Il ne s’agit point d’émeutes et d’aventures. En travailleurs, toujours équipés avant l’heure de l’offensive, nous creuserons nos parallèles de départ, toujours à l’affût d’un ennemi que nous savons implacable et préparé.


Que la décision de Tours soit l’ordre suprême pour tous les prolétaires français !


Que l’adhésion à la IIIème Internationale retentisse à travers le monde comme l’annonce des grands changements prochains !


VIVE LE SOCIALISME REVOLUTIONNAIRE FRANÇAIS !

VIVE L’INTERNATIONALE COMMUNISTE !



http://fr.academic.ru/pictures/frwiki/80/Paul-Vaillant-Couturier.jpg

 

Oui, vraiment, à lire ou relire pour en mesurer la valeur historique et sa grande part  d'actualité .


90 ans plus tard, La Canaille persiste:

Avec un bon rapport de force,

l'utopie reste à portée de main !!

 

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