Cantona, coup franc indirect et Buuuuttt !

Publié le 7 Décembre 2010

 

On ne va pas se plaindre de voir une "célébrité" qui ne la ferme pas et qui s'engage à contre-courant du troupeau de ses alter-fiscaux.

Mais,  la période s'y prête, et parlant de banques, osons,  c'est comme le père Noël, mieux vaut ne pas attendre son arrivée pour avoir de quoi manger sur la table du réveillon.  

Faut-il se focaliser sur l'initiative de Cantona ?

A en croire la presse, il n'y aurait que les 100% pour, les 100% contre les 100% indifférents.

Sauf que si 300% sont examinés, des pouièmes de ces mêmes  % tentent de dire autre chose.

Il y a ceux qui comme Fr Lordon dans le Monde Diplomatique (http://blog.mondediplo.net/2010-12-02-Ne-pas-detruire-les-banques-les-saisir) en profite à juste titre et très opportunément pour démontrer les impasses du système et les responsabilités des milieux financiers et des politiques qui ne les combattent pas (pas seulement ceux qui les soutiennent mais ceux qui ne les combattent pas, la nuance n'est pas minces et la Canaille partage). L'appel de Fr Lordon à une insurrection politique pour déclarer faillis les responsables, de reprendre les actifs et leur laisser éponger leur dette sans que les peuples n'aient à se sentir responsable est d'une grande clarté. A ce jour ne manque que l'organisation politique qui propose cela. Mais bon, ici, vous en avez l'habitude, c'est la gueulante (oh combien justifiée) de La Canaille.

Par contre, peu ou pas d'articles sur ce que cela représente de basculement sur le fond dans l'opinion publique. Basculement que l'élection de Fa# semblait avoir contré mais qui de fait remonte au référendum de 2005 et refait brutalement surface, amplifié.

Passé les illusions de ceux qui on plus vu fa# en gendarme économique du monde qu'un adjudant de gendarmerie de St Trop cherchant à couvrir "les parties honteuses" du capital au soleil, normal que les vieux réflexes néo-poujadiste de certains secteurs du peuple français puisse retrouver de la vigueur. 

A voir une traînée de poudre comme celle-ci qui dit "on va punir les banquiers avec les outils dont ils se servent pour nous essorer", c'est en terme politique une gifle comme rarement vue sur un terrain que le capital, ses potentats, ses prêtres et ses scribes se sont réservés en bâtissant autour une muraille crénelée pour que ses gardes repoussent tous les assauts, muraille qu'ils appellent expertise et compétence. Elle leur est frontalement contestée et le footballeur qui n'a pas oublié comment tromper une défense passe dessous pour saper l'édifice.

Travail d'artiste.

La virulence des caciques du cac40 et de ses portes flingues politiques contre Cantona montre que si la méthode proposée demande débat, la cible est bien ajustée et ...touchée.

Notons au passage que ceux qui sont en responsabilité politique sur les questions financières sont quasiment tous issus des écoles d'ingénieurs en pompes à Fric (HEC, Sup de Co etc.), ont tous transité dans les directions de ces agences de notations qui exigent toujours plus de sacrifice aux victimes pour remplir les poches des coupables. Ces coupables étonnamment épargnés dans les discours anti délinquance du pouvoir qui légifère pour imposer ces sacrifices. Cela explique leur mépris condescendant en direction de celui qu'ils applaudissaient sur les stades mais ne veulent surtout pas voir approcher ni des corbeilles ni des micro autre que "sportifs". Avez vous vu leur suffisance? "Comment, de quel droit viendrai-il fouler nos gazons?"

Or, ce que porte Eric Cantona, qu'il en soit conscient ou pas, c'est une idée toute bête: les peuples commencent à dire NON de façon de plus en plus aiguë. Cela après une longue patience liée certainement à la dose de soporifique que les tenants de l'UE et de sa logique au service du capital lui ont injecté. Gulliver se réveille, ce réveil est douloureux et sa colère grandit.

C'est ce qui fait la popularité de la proposition. Ce qui fait trembler dans leur braies la clique des "responsables" (?), c'est que si ceux qui sont les plus anciennement lucides ne peuvent par cette méthode abattre l'édifice ; ils sont dans le rouge quasiment dès le 15 et n'ont d'épargne entre le 7 et le 20 que la traite à prélever si il n'y a pas de retard pour celle du mois précédent, et leur expérience les appelle à d'autres actions plus efficace, par contre nombre de ceux qui ont maintenant compris le principe de l'essoreuse financière européenne à la fois parce qu'ils sont dans des catégories moins anciennement et durement touchées que les chômeurs, minimum vieillesse, smicards et péri smicards à 1à 2 fois le smic en salaires ou pension, et parce qu'ils n'ont pas d'expérience de luttes sociales peuvent être séduits par une action de ce type (cette fibre sur laquelle s'appuie tous les néo-poujadismes évoqués plus haut). Ils peuvent, eux, déstabiliser le système entrainant tous le monde dans cette dévalaison financière où  s'en sortiront individuellement ceux qui ont encore un petit peu de moyens et où seront étouffés ou noyés sous la machine HS la grande masse de ceux qui n'ont rien.

La machine sera certes coulée, mais les dégâts collatéraux seront en masse parmi les victimes initiales de la cible certes atteinte mais neutralisée en devenant assassine.

A partir d'un constat juste, comment bâtir une solution efficace?  

Si ce sont les peuples qui sont volés et qui doivent en plus repayer ce qu'ont pris les voleurs, la vrai question est donc de réaffirmer la souveraineté de ces peuples sur ses outils financiers, de rompre fermement par l'expropriation de la domination des états par les appareils spéculatifs financiers. Ce sont bien les états puisque les notateurs, d'un seul coup d'un seul nous parlent là de "dettes souveraines". Des dettes que les budgets de chacun des pays doivent éponger, dettes devenues soudainement souveraines parce que le agences de notations qui sont aux services de ces milieux financier ont imposée aux états de prendre à leur charge pour les socialiser comme ils ont privatisé les profits (coucou, d'un seul coup et que dans ce cas là, la souveraineté reviendrait?) .

La question n'est donc pas (c'est l'erreur de Cantona) de retirer les fonds des banques mais (faute politique des ex révolutionnaires en goguette dans le GUE absents pour éclairer cela) d'en chasser les actionnaires et de faire que ces établissements servent à ce que pourquoi ils doivent servir : financer l'investissement socialement efficace, organiser les solidarités économiques, permettre la construction économique d'un environnement pérenne aux activités humaines.

Utopies ? Rappelons qu'avant les privatisations de la fin du 20ème siècle-début du 21ème , c'est comme cela que le pays libéré par des utopistes en armes ont chassé les banquiers compromis, ont installé une banque de France publique nationalisée outil de souveraineté populaire, sous contrôle politique d'un état souverain, BdF seule autorisée à émettre de la monnaie. C'est comme cela qu'en une demi génération que la France a pu être reconstruite et les finances publiques tenues dans un cadre assaini jusqu'à ce que le renard libre et rose bleu de la CECA puis du Marché Commun avant de devenir CEE puis UE, renard du capital libre soit chargé de saigner les poules du poulailler qui voyaient leur liberté diminuer jusqu'à en, mourir à force d'être saignée.

Donc bravo au révélateur Cantona qui ce soir mesure les limites de sa proposition même si c'est quand même plus chouette que de voir un Montand crier "vive la crise" ou un Bruel promouvoir "la liberté par le poker".

Maintenant il ne faut pas en rester là. D'après le Monde, notre avant centre appellerait à faire "la Révolution pacifique".

Rappelons lui que dans l'histoire ne sont violentes que les révolutions où les nantis du moment opposent la force à la volonté massive des peuples qui sont amenés à se défendre. C'est même la différence d'avec les putsch et coups d'état.

Cela dit pour réfléchir à cette révolution (et y travailler), sans en faire le missel des certitudes économiques bordées et bornées (ce à quoi il ne semble vraiment pas adhérer), lisez donc les articles de Fr.Lordon.

 

 

 

 

Rédigé par canaille le rouge

Publié dans #L'Utopie - çà se construit.

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