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Subir ou Bâtir ?

 

"Il ne s’agit pas pour elles [les organisations syndicales] de s’inféoder à un camp partisan [politique], mais de se placer en capacité d’imaginer la société future, de penser une rupture plutôt que de cogérer un système prêt à infliger au monde du travail un lot de souffrances grandissant."

Stéphane Sirot, professeur à l’Université de Cergy-Pontoise.

http://www.geographis.ch/~podouphis/leger.jpg

 

C'est à partir de la citation de cette conclusion de Stéphane Sirot dans l'Huma que la Canaille à pianoté ce qui suit :

 

Chacun connait l'image classique des trois petits singes.

Le premier se cache les oreilles, le second la bouche et le troisième les yeux.

http://www.chine-informations.com/images/upload/3singes.jpg

 

Aujourd'hui, il en manque un quatrième: celui qui se bouche le nez.

Et pourtant, il existe et se rencontre sans difficultés, il est facilement repérable: quand ça pue, notre 4ème petit singe tourne la tête.

Cela reflète exactement ce qui se passe en ce moment dans le mouvement syndical et qui traverse la tête d'un nombre grandissant de syndicalistes : Ca pue mais comme c'est politique on détourne la tête.

Comme si l'infection cause de l'odeur épargnait le monde du travail alors qu'il est au cœur des victimes de premières lignes : Ceux qui produisent la puanteur ne vivent pas avec moins que le SMIC ou des salaires toujours à la baisse, ils ne craignent pas l'huissier à partir du 1er mars, ils n'ont pas besoin d'aide sociale pour survivre, ils n'ont pas même besoin d'un emploi salariés. Ce ne sont pas eux qui subissent les conséquences des économies parallèles ou souterraines que leurs pratiques produisent et pourrissent cités et quartiers.

Par contre, c'est eux qui avec chaque niche de profit légal ou pas de par leur loi, morale ou pas font des abcès de fixation de tous ces dangers pour les sociétés humaines. Niches fiscales, rétro commissions, financement occultes on ne trouve pas cela dans les quartiers populaires. C'est la recherche du profit et les moyens de les conserver et ses outils la casse économique et sociale qui alimentent  les composts méphitiques où cette gangrène se complait et se développe.

Instruit d'une expérience désastreuse pour les acquis sociaux, le mouvement social, par réflexe de protection illusoire, tourne le dos à ce qui de près ou de loin le ramène dans des configurations qu'à juste titre il rejette mais dont il subit les conséquences. Il est en cela encouragé par le silence voir l'inscription dans cette logique de ceux qui sans autre analyse refusent de mettre en débat dans  le monde du travail les questions de la fatalité inexorable ou la recherche d'une issue.

Si la responsabilité de ceux qui ont trahi et tué l'espoir est totale ; ils refusent d'ailleurs de s'en expliquer publiquement, devant l'urgence d'une issue neuve, celle des attentistes ou détourneurs de regard l'est tout autant.

Les appareils de partis et organisations politique ont prétendu parler à la place et ont confisqué la parole  politique, muselé la portée revendicative construisant le premier degré de cette délégation de pouvoir qui conduira à d'autres à l'intérieur du champ politique.

Pourtant, ces forces politiques de gauche ont toutes sans exceptions aucunes la mémoire bien courte. En termes de présence, d'énergie, d'organisation et d'irrigation du terrain sociétal et social par le militantisme, ce sont les militants issus du syndicalisme, pas seul mais principalement eux, qui  ont construit les outils politiques pour la transformation de la société pour garantir les acquis des luttes.

Ces outils politiques se sont institutionnalisés au point de constater la quasi disparition du monde du travail dans ses organes de fonctionnement et la professionnalisation de ce qui ne devrait pourtant rester qu'un engagement.

Survie de ces pratiques, ce sont des travailleurs bénévole (de moins en moins) ou salariés pour cela qui collent les affiches de ceux qui sollicitent soutiens et mandats mais n'ont plus de contact avec le peuple.

Ces politiques sont maintenant "hors sol" qui comme des légumes de serres sont attirant à l'œil  sur l'étalage mais calibré fades et bourrés de produits" phyto-politiquement-corrects" qui rendent dangereuse leur consommation : la preuve par l'absence de projet rassembleur et mobilisateur à construire et débattre.

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Cet édifice pyramidal ou chaque degré a pour mandat d'intégrer et orienter celui qui lui est inférieur a pour partie réussi à capter ce qui était pour lui le plus dangereux : l'exigence revendicative populaire que porte le mouvement syndical. C'est un des point d'appuie du Capital pour s'assurer de  la survie du système.

Et maintenant, la Grande Pyramide de l'UE garde les momies politiques avec ses bandelettes des principes du marché et son natron des équilibres budgétaires leur donnant la fausse image de divinité intouchable au cœur du dogme de l'intégration européenne. Une pyramide si étanche que même le syndicalisme serait  voué à se perdre dans ses chausses trappes… s'il ne décide pas de casser les murs, d'aérer et de voir la lumière.

C'est en tout cas ce qu'a crié crie et criera le mouvement social en plein développement qui traverse le pays.

Cette situation qui conduit au rejet massif du politique a des conséquences perverses : au lieu de porter haut et fort les exigences économiques et sociales des travailleurs et d'exiger de ceux qui prétendent le représenter de dire et de s'engager sur ce qu'ils feront et en admettrons le contrôle, nous naviguons dans un labyrinthe fait pour casser la perspective, briser les élans, l'issue n'étant que de chercher  des indications de votes en terme de choix le moins mauvais ou de rassemblement pour éloigner ou rejeter le danger le plus lourd.

Que dit, que fait le syndicalisme de classe ? Aucune réflexion de fond rendu publique par la CGT sur les raisons profonde du duel Chirac Le Pen puis Royal Sarkozy et l'appel à rejeter le plus dangereux pour les libertés en faisant voter en 2002 pour un des primo-casseur du code du travail contre le dévastateur des valeurs démocratiques et cinq ans plus tard soutenir celle qui veut militariser la jeunesse contre celui qui veut embastiller le mouvement démocratique les deux appelant à construire l'Europe du capital sur les bases de ce même traité de Lisbonne qui pourri l'avenir des salariés en 2010.

Mais, hypothèse, si en 2002 le troisième larron avait été présent en lieu et place d'un des deux premiers, son élection n'aurait-elle pas conduit à la mise en ouvre des mêmes traités qu'il avait co-ratifié et imposant la même casse du même code du travail? Traité valorisé par la CES d'où ce refus de la direction de la confédération  de mettre en œuvre les décisions majoritaire de la CGT contre le traité de l'UE et de ne pas bouger le petit doigt devant la forfaiture de Versailles qui permet toutes les liquidations sociales en cours.

Si le résultat avait été à l'inverse en 2007? Alors que ce sont les travailleurs qui subissent les conséquences du traité de Lisbonne, parce que la CES n'a pas appelé à le combattre, la CGT (je ne parle ici que d'elle puisque les autres OS sont par choix, nature et état civil des fabrications d'un "syndicalisme" d'accompagnement des intérêts du capital)l'expérience de 2002 et 2005 ,ce permanent refus de la CES et de ses membres de condamner l'Europe du capital et la délégation de pouvoir auraient-ils conduits à un autre positionnement revendicatif? On est plus qu'en droit de douter.

Ca pue dans les couloirs de la pyramide mais on y reste. On privilégie l'alliance avec ceux qui se complaisent dans la puanteur (voir y trouvent intérêts) contre l'union et le rassemblement de ceux qui veulent la combattre. Et au nom d'un apolitisme qui n'existe que dans la tête de ceux qui l'accepte l'horizon indépassable du salariat et donc du marché du travail, la négociation elle aussi hors sols est présentée comme l'alpha et l'oméga du syndicalisme. Le reste sortant du champ de se compétence.

Ne pas dire que le lien entre la construction revendicative, les luttes et leurs acquis exigent des contreforts institutionnels bâtis par ceux qui imposent les acquis est porteur d'échec. Vieille image toujours juste : face à un système qui a les pieds bien campé sur un terrain qu'il entretient de son idéologie, de ses lois et de ses forces de répression, on ne lutte pas à cloche pied.

Comme au temps de Napoléon 3, de Clémenceau ou de Daladier ou Jules Moch, les militants sont de nouveau mis en prison, la criminalisation  des luttes social se déploie comme jamais, la bourgeoisie s'affranchit de ses lois tant pénales que morales et administratives,  et personne parmi les responsables dans le mouvement social qui au plan politique fasse  effort pour porter le message et se mettre à disposition de cette construction, personne parmi les plus conscient des responsables syndicaux qui ne disent à voix hautes ça suffit, il faut renverser ce système. Le capital à tout lieu de se réjouir.

Dans l'immédiat cela produit de l'écœurement, alimente la désertion des élections et cette négation de la démocratie qu'est le recul du suffrage universel, cela conforte la bourse et fait le lit de l'extrême droite. Disons le clairement : ne pas appeler à combattre la casse des acquis sociaux y compris en en appelant à combattre les politiques qui les mettent en œuvre ou en ne les dénonçant pas désarme les salariés et participe à la montée du FN et au renforcement de la droite dite traditionnelle. Face à cela, la politique doit-elle rester un atelier spécialisé réserver à des compétents en politique autoproclamés ou un des lieux à investir massivement par le monde du travail et de la création ?

Sinon chacun assumera son manque de courage et (ou) sa volonté de maintenir la tête détournée et l'usage de parfums pour masquer la puanteur. Mais cela doit être dit avant l'irréparable. L'ascension est résistible si ceux qui tournent la tête et surtout ceux qui aujourd'hui ne montrent pas les foyers d'infection décident de s'y coller. Et personne ne pourra dire qu'il ne savait pas.

Or aujourd'hui il y a urgence : De plus en plus, une odeur fétide de déploie au dessus du pays.

On aura beau nous dire que cela se trouve partout, de Bobigny à Neuilly, de la Tête d'or aux Minguettes ou du Nord de Marseille à St Trop, des Zup aux ZRT (zones touristiques et résidentielles) il se trouve qu'il y a des lieux qui sont infectées à soigner et des foyers d'infection à supprimer.

C'est comme l'économie. Il y a la souterraine certes souvent délictueuse qui n'existe que parce que celle de surface est sinistrée et la sous marine qui sert à rétribuer ceux qui vampirisent celle de surface comme les scandales du moment ne le montre que trop. Dealer de stupéfiants de base et larcins ici (qui ne sont pas admissibles), dealer de Coke et de rétro commissions là (qui ont la propreté de l'argent blanchis mais dont les ferment sont réinjectés parmi les précédents) . Et quand c'est le monde des marchands d'armes qui achète les voix des élections comme à Corbeil, ou quand les figures montrées dans des vitrines possédées par les marchands d'armes et fourbisseurs de rétro commissions du système qui parce que eux, en vitrine, ont droit d'user des produits qui conduisent à Fleury ou aux Baumettes  le jeune qui les imite, la boucle se referme.

Faut-il donc parce que les solutions imposent de peser sur des leviers politiques laisser au petit monde qui s'est approprié l'espace politique décider et convoquer les soutiens qu'il se choisit ou faut-il que ceux qui produisent les richesses que la majorité des précédents laissent dilapider s'impose sur ce terrain?

Il serait- facile de dire que c'est du ressort du politique ; Que de ce ressort là? La répartition des richesses qui régule les injustices, les conditions de vie de transport d'habitats qui font la mort au travail ou sur le trajet échapperaient-elle à la préoccupation revendicative? Un syndicalisme digne de ce nom ne serait-il que capable d'interpeller pour exiger des lois, des négociations où le capital est d'entrée dominant, en fait se contenter de promesses non tenues ou ce syndicalisme doit-il sans se préoccuper des conseils, des mises en gardes ou  menaces d’où que cela proviennent construire le rapport de forces qui imposent la réponse à ces exigences et appeler à chercher une issue politique qui garantisse l'avenir pour le plus grand nombre?

Et si aucune force politique ne peut ou ne veut répondre, convoquons l'Histoire: qu'ont fait les syndicalistes de 1905, ceux de 1919, ceux résistèrent dans les années brunes ?  Ils se sont dotés d'outils dont ils ont défini la forme, le but et les moyens.

Les précédents se sont émoussés où ont été confisqué par l'adversaire de classe au point de s'en servir pour diriger banque Mondiale et FMI ? C'est donc que le monde du travail (dont cette classe ouvrière diversifiée au premier rang) n'en a plus besoins.

Sauf chez LVMH ou chez Hermès, il n'y a plus besoin de Bourrelier et dans les rues de villes il n'ya plus ce conducteur d'attelages. Laissons DSK comme bourrelier de luxe pour la sellerie du Jockey club ou cocher au FMI et fabriquons les outils dont nous avons besoin pour vaincre ceux qui passent plus de temps sur selles ou à l'arrière de leur tilbury qu'à produire les richesses.

Un siècle plus tard ne faut-il pas dans les conditions du 21ème siècle reprendre un nouveau métier pour y bâtir un ouvrage?

La lutte de classe est un combat revendicatif qui n'a d'efficacité que si elle se double d'un combat politique. "Ne pas perdre pied dans le combat quotidien" disait Marx mais pour cela ne pas garder les yeux que sur les pieds et regarder l'horizon pour le dépasser.

Réapprenons à ne pas lutter à cloche-pied, et sur le terrain de l'affrontement à regarder le but. Ainsi on se fatigue moins, on est plus stable pour contenir et déséquilibrer l'adversaire et on avance mieux, avec efficacité, y compris pour les acquis revendicatifs.

 

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