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Rupture, consensus, institutions.

http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2011/01/Escher.jpg 

construire la rupture

 

Ces réflexions assez basiques me sont inspirées par l'article d'Elie Dayan et divers textes qui circulent sur la toile dont ceux de M Peyret.

La vacuité des analyses des forces dites de gauche devant la révolution qui gronde du Maroc aux Émirats a nourri ces réflexions : Quelle prétention de prendre la mesure de tout à l'aune de notre modèle d'exportation d'une démocratie idéalisée alors que la crise la ronge et la tire vers le délitement.  

 

http://homepage.ntlworld.com/andrew.lipson/escher/lego_relativity.jpg

Imaginez.

Votre voiture est en panne, votre toit fuit, votre lave linge ne vidange plus ou tout autre panne qui vous bloquent dans vos activités quotidiennes.

Il faut réparer. Arrive chez vous un gars en blouse blanche, une sacoche et un ordi pour regarder le problème.

Il réfléchit, examine, consulte ses données et vous explique avec force détail pourquoi votre voiture n'avance plus, où se trouve la fuite de votre toit, ce qui bouche la pompe de votre lave linge. L'analyse est juste, bien argumenté sur l'état des lieux, les causes sont cernées certaines posées comme d'hypothèses crédibles à approfondir.

Il vous présente la facture du diagnostique, vous donne rendez vous pour une nouvelle expertise dans cinq ou six ans et s'en va vous laissant avec vos pannes.

Vous vous dites ce type m'a eu une fois, pas a peine de le faire revenir et vous aurez raison.

C'est un peu et même beaucoup le sentiment (confirmé dans la durée) qu'a La Canaille en feuilletant l'Huma depuis pas mal de temps ainsi qu'en regardant sur son site les propositions du PCF.

L'économie est en panne, les libertés fuient et les richesses restent accumulées dans les coffres.

Le diagnosticien est passé. Analyse parfois juste souvent très courtes des causes (au point de voir le courrier des lecteurs se fâcher légitimement sur la faiblesse des analyses sur les révolutions dans l'arc "arabo persique"). Notre expert nous propose des constats aussi tranchants qu'un couteau à beurre à propos de la crise économique mais surtout aucune proposition concrète pour en sortir.

L'article de P Ivorra que l'on a connu plus affuté dans la décennie 90-2000 sur la politique économique en France est de cette veine.

Rien ne manque pour dénoncer la rapacité des patrons du CAC40. Le pourquoi de cette rapacité. Bonne entrée en matière d'autant que le titre annonce proposer des solutions.

Et… là Schplafff.

Une fois encore superbe atterrissage sur le ventre avec une nouvelle incantation aux nouveaux droits pour une autre répartition des richesses (laquelle ?).

Qui se référant à l'idée socialiste (sans les… socialistes) à la visée communiste (mais alors existe-t-il une organisation communiste pour porter le projet) ne souscrirait à l'idée d'explorer mais avec quelle lampe pour aller vers où ? Et pour explorer il faut se lever de son siège la télé vidéo ne suffit pas.

La même démonstration vaut pour le combat anti-impérialiste ou celui pour toutes les libertés individuelles dont les libertés sociales.

Posons la question de façon compréhensible par tous : comment, dans quelles constructions politique, dans quels cadre institutionnel, avec quelle place au mouvement populaire, quelle reconquêtes y compris institutionnelles de sa souveraineté ?

Or, que cela soit au quotidien dans l'huma ou quand des congrès et rendez vous électoraux qui sont devenu les seuls moments d'affichages d'idées au PCF, silence total.

Ce délitement des repères de classe et la reconstruction autour de l'accompagnement du système cause de grave dommage dans le mouvement social : syndicats, associations voient leur horizon borné par le mur du capital que plus personne n'annonce vouloir abattre.

Quid des conditions d'appropriation et maitrise publique des leviers économiques ? Mais concernant TOUS les partis se disant à gauche de la gauche (donc moins à droite que le PS), est-ce encore dans le projet puisque la question n'est plus du tout évoquée sauf sous forme de vagues pétitions de principes ? Aucune proposition concrète capable de mettre des issues en débats.

Par contre, fortune des papetiers, des hectares de forêts landaises et des barils d'encres pour imprimer des stratégies qui confortent le capital pour 2012. Des débats byzantins pour savoir s'il faut ou non élire des grands électeurs capables de jouer la phase finale et les alliances pour le match (ils appellent cela des primaires) et organiser le D Day de la délégation de pouvoir pour cinq ans… qui entretient le droit à la forfaiture  si bien cultivé par l'actuel occupant du château.

Revendiquer des droits nouveaux pour les salariés, les citoyens ? Quel communiste n'y souscrirait pas ? Mais ils arrivent comment ? Octroyé par la bonne grâce d'une hypothétique majorité bien intentionnée ou bien élaboré dans un rapport de forces qui s'attaque à la propriété bourgeoise clé de la reproduction des dominations systémiques ? (ce n'est pas un gros mot mais un concept connu des militants qui se sont nourris des travaux de Marx et d'Engels). Cette propriété bourgeoise des leviers économiques éliminée faisant entre autre que les pillages du CAC40 (pas que celui là d'ailleurs) dénoncés par Ivorra soit rendu impossible.

Sauf signe fort aussi improbable qu'éloigné dans le temps de la part du PCF annonçant quitter ses pratiques électoralistes pour préserver des sièges et des notabilités électives, c'est peu probable. Rien qui n'annonce cette rupture indispensable pour construire une alternative anticapitaliste à partir d'une aide aux actions hors d'un champ institutionnel aussi exclusif que gangréné.

La rupture institutionnelle est un des espace de la transformation dans ce qu'elle doit apporter de modification de la place du citoyen producteur dans et hors du champ économique dans et hors de la représentativité élective.

C'est à cela que devrait œuvrer notre réparateur mais comme pour la voiture, la toiture ou la machine à laver, la loupe à examiner les causes d'une façon entomologique ne remplacera jamais la caisse à outil politique dont a besoin le peuple pour construire sont changement.

Cette caisse à outil, puisqu'il n'y en à plus de prête en rayon (c'est peut-être un atout) il va donc falloir qu'il se la construise.

C-le-R (gh 26 02 11 )

 http://a1692.g.akamai.net/f/1692/2042/7d/anidom.blog.lemonde.fr/files/2008/05/assemblee-generale-etudiante-a-la-sorbonne19300_43902.1211549543.jpg

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