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Réflexions de retour de manif (2)

Suite de la première partie :

 

La vie, elle, a tranchée : durant des mois les états majors syndicaux ont appelé à agir sans débrayages massifs pour une autre réforme des retraites, des temps forts où plus les sigles étaient serrés plus les travailleurs étaient convoqués en décalage sans convergences recherchées, oubliant les uns, usant les autres et ne qualifiant pas la nature de l'obstacle. En cet automne 2010, démocratie ouvrière et démocratie syndicale, le monde du travail avec  tout l'espace universitaire, la participation massive de celui de la culture et de la création ont mis patronat et pouvoir sur la défensive dès lors que l'exigence du retrait du projet et l'augmentation des salaires et des moyens pour une vrai politique sociale sont devenus si ce n'est exclusif au moins très fortement dominant.

La cgt qui a encore fait quasiment tout le boulot en bas a laissé (stupidité sans borne), en "haut", le marquis de la Villette donner l'impression d'être le croupier de la partie. Aujourd'hui, les poches décousues et pleines, il quitte la table de jeu comme la dernière fois, comme la précédente SG avait institué le rite dès 1995. Seul l'encrage de masse de la CGT et le déploiement tout azimut de ses militants, la modification en son sein du rapport de forces en faveur de l'union autour de la revendication qu'ils ont fait progresser a permis d'empêcher que la stratégie adoptée lors de son congrès ne la conduise à se drosser sur les récifs où l'attendait les sirènes de l'UE, les lobbyistes patronaux de Bruxelles, le Medef, ses CCI et les services de l'Élysée Matignon Varenne Beauvau et autres réunis.

Acquis de la période, la conscience claire qu'il n'y aura d'issue positive que par l'addition des forces en luttes, que l'argent existe pour répondre aux revendications, que les échéances électorales non seulement ne règlent pas tout mais pour l'instant ne pourront rien régler conduit à la construction d'un mouvement social profond durable nourri par un profond sentiment d'injustice et la condamnation de l'affairisme au pouvoir.

Cela alors que pour la première fois dans l'histoire du mouvement ouvrier contemporain et c'est à intégrer dans la réflexion comme un handicap, aucune force politique ne parvient à proposer à cette force sociale en construction des pistes d'alternative crédibles. Avec tous les risques d'impasse que cela comporte accumulée au risque de le voir engluer et réduit à une force d'appoint en 2012.   

Mais, et c'est à reconsidérer en se rappelant que c'est le mouvement ouvrier et dedans la part prise par des syndicalistes qui ont construit les outils politiques dont il avait besoin avant que ceux-ci ne soient avalés par les jeux politiciens durant tout le 20ème siècle.

Cette question à part entière de la place et du rôle des forces politiques devra rapidement devenir un débat de fond à poser hors des références devenues académiques ou (et) sectaires d'un outil politique nouveau à créer pour sortir de l'affectif stérile, des poncifs et des convenances institutionnelles, un outil lié au masse et devant lui rendre compte hors du champ délégataire des élections et mandats déconnectés du concret quotidien.

Aujourd'hui, enseignement majeur de la période, pour continuer et gagner, la question n'est pas de rassembler le syndicalisme mais de rassembler autour des revendications portées par le peuple, les organisations syndicales devant démontrer pour chacune d'elles leur crédibilité et leur capacité à les porter. Faire ce travail participera à dégager les hypothèses de l'alternative.

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