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Quitter les ornières de Waterloo pour explorer les chemins de la rue du Four*

(Boileau) Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,  

 et les mots pour le dire arrivent aisément :



 

Celles et ceux qui travaillent le plus, le plus dur, et le plus tôt,

mourront le plus vite.

http://a6.idata.over-blog.com/241x300/2/29/61/10/02-Articles/02-Fevrier/darcos-evoque-retraites-capitalisation-L-1.jpg


C'est historiquement la loi du capital.

 

Ne pas combattre cette idée frontalement revient à être complice

de ses conséquences.


Voila ce qui restera dans l'histoire si le projet du capital mis en

musique par la droite sur un cahier de partitions éditées à

Barcelone par la maison "Jospin Chirac" des éditeurs européens

réunis.


Dimanche dans quelques édicules paroissiaux sélectionnés (ceux qui ont pétitionnées pour supprimer les prêtres ouvriers, qui n'ont pas hésité à souscrire pour les œuvres de l'opus dei) mais aussi dans quelques consortiums de même type qui comme les précédents concélèbrent d'autres jours de la semaine leur veau d'or habituel  pourtant condamné par leur Livre commun se sont tous mobilisés pour le valoriser plutôt que l'abattre.


Si le monde du travail n'exprime pas vite, fort et durablement sa

colère la retraite en 2010 va se transformer en Waterloo social

durable.


Devant l'urgence de mobiliser pour la riposte, la déclaration de la CGT ne fait pas la maille:

Sous réserve de vérification de ce que dit la dépêche d'agence, "Eric Aubin, responsable des retraites à la CGT, a demandé mercredi au gouvernement de "réécrire" son projet de réforme "en prenant en compte ce que disent les organisations syndicales".

"Ce que l'on propose, c'est de réécrire le texte en prenant en compte ce que disent les organisations syndicales" et que "ça se traduise concrètement de façon à ce que ça ne soit pas les salariés qui paient", a déclaré M. Aubin.(fin de la dépêche)

Comme si l'arme au pied et la pipe au bec devant un joyeux feu de camp crépitant sous le ciel étoilé on pouvait dire au hobereau de Neuilly qu'il fallait qu'il arrête de percevoir dîmes et gabelles pour ses suzerains de Chantilly, Versailles et Fontainebleau. La lutte de classe n'est pas la guerre en dentelles.

 La retraite c'est à nous. C'est notre travail et ce n'est pas au mandant du capital d'écrire comment adapter ce que nos anciens ont gagné dans les luttes les plus dures et que nous avons travaillé à conserver et améliorer.

La question plus que jamais n'est pas à fédérer les sigles où à stigmatiser les francs tireurs d'état major (par ailleurs F.O. comme Fortement Opportunistes), mais d'en appeler à ceux qui sont les premiers concernés, les salariés. Et les retraités a qui bientôt on va demander par solidarité (pour qui ? Pour les actionnaires, des sacrifices avec à la clé des droits et pensions à céder).

D'autant que tout l'édifice repose sur une escroquerie intellectuelle

majeure dont la non dénonciation permanente de la part de ceux

qui prétende parler en notre nom est inadmissible.


Plutôt que de répondre aux convocations de l'Elysée dont on sait

qu'il n'y a rien à en attendre, pourquoi ne pas proposer aux

salariés de se réunir et de regarder les formes d'actions à

envisager et construire par le bas de la démocratie syndicale et

celle ouvrière le rapport de forces.

 

Au lieu de parler comme des technocrates pourquoi ne pas avoir

mis ces éléments dans le débats et qui sont disponibles depuis des

mois:

M Peyret et JF Autier nous remémorent  qu'en mai 2003, Bernard Friot (1) rappelait, à propos du débat sur les retraites, qu'avec une croissance moyenne de 1,6 % l'an, le PIB doublait en valeur constante en 40 ans.

B Friot publiait le tableau suivant dans l’indifférence médiatique, syndicale et politique :

 

 

 

1960

2000

2040

PIB en €  base 2003

750 Md€

1500Md€

3000Md€

Dépenses de retraites base 2003

40 Md€

180 Md€

600 Md€

En% base 2003

5%PIB

12%PIB

20%PIB

Reliquat disponible  base 2003

710 Md€

1320Md€

2400 Md€

 

C’est pour ne pas avoir à répondre à cette question que nos « élites » « ignorent » le doublement du PIB en 40 ans, qu’en 2003 elles ont trouvé un « accord » pour reculer l’âge de la retraite, conformément à l’accord européen signé en mars 2002 à Barcelone par Chirac et Jospin. (Pour faire passer la pilule, Jospin crée le COR qui théorise sur comment gober les sacrifices pour gonfler les profits)

C’est la mise en œuvre de cet accord de Barcelone qui se poursuit aujourd’hui, avec des ministres de gauche dans un gouvernement de droite, toujours avec le COR, montrant bien que le clivage gauche/droite n’est qu’un leurre destiné à faire oublier le clivage fondamental de la société française : capital/travail

Pour faire oublier la signature de Barcelone, nos « élites » peuvent occuper les médias et nous expliquer — avec toute l’autorité que leur confère leur incapacité à prévenir la crise — qu’avec la crise, le PIB ne doublera pas d’ici 2040. Mais, même si le PIB n’augmentait que de la moitié, il resterait quand même 1.650 milliards, soit une augmentation ne justifiant aucunement la réduction des dépenses utiles tous azimuts ! (Ces 1650 Md€ où iront-ils? Dans les poches des actionnaires)

Autre rideau de fumée : pour sauver la planète, il faudrait en finir avec la croissance. Oui, oui, en effet, il faut en finir avec la croissance capitaliste, cette croissance des gaspillages en tous genres pour accroître le profit, et d’abord en finir avec les gaspillages humains : 10.000 par an, c’est le nombre de décès prématurés que l’on pourrait éviter, si les ouvriers et employés avaient en France la mortalité des cadres supérieurs et des professions libérales (2).

Mais au lieu de s’attaquer aux inégalités, nos « élites » les aggravent sans autre justification que satisfaire l’appétit du capital.

 72 % des Françaises et des Français jugent négativement le capitalisme, refusent massivement de participer aux simulacres démocratiques électoraux.Pourquoi? C’est parce qu’ils font ce constat.

S’affranchir des « élites »

http://photo.lejdd.fr/media/images/politique/sarkozy-rocard-juppe/868679-1-fre-FR/sarkozy-rocard-juppe_pics_390.jpg

Le peuple de France vit douloureusement une société qui sacrifie tout — y compris sa jeunesse — pour le profit immédiat de quelques-uns. Et il la rejette. Ce rejet massif indique que les temps changent et que demain peut être différent d’aujourd’hui, que le capitalisme et l’enfoncement inexorable du plus grand nombre dans la misère ne sont pas l’horizon indépassable. Il indique qu’une autre société est en gestation.

Nous sommes entrés dans une phase de transition où tous les peuples du monde vivent la nécessité vitale d’en finir avec le capitalisme. En fonction de son niveau de développement économique, de son histoire et de ses traditions, chaque peuple construit ou cherche à construire de nouveaux rapports sociaux.

En France, ce qu’il reste des gratuités, des couvertures sociales et des services publics montre ce que pourrait être une société de la mise en commun, débarrassée de la rente capitaliste. Les partis politiques, les syndicats sont nés avec le capitalisme ; ils ont grandi avec lui et, comme lui, ils sont arrivés au bout de ce qu’ils pouvaient apporter à la société. Le peuple de France ne peut s’écrire un avenir progressiste qu’en rupture avec la société capitaliste d’aujourd’hui et ses « élites ».

Contrairement à ce qu’on veut leur faire croire, les Françaises et les Français n’ont pas besoin « d’élite » pour définir un projet de société et le mettre en oeuvre. N’est ce pas malgré les « élites », et donc contre elles, qu’ils ont voté « Non » au référendum européen, le 29 mai 2005 ? La somme de leurs critiques de la société actuelle n’est-elle pas déjà le contour de la société qu’ils souhaitent ? Par leur participation au tissu associatif, ne font-ils pas quotidiennement la preuve de leur capacité à organiser la vie concrète ? Dans les luttes, leurs pratiques de l’assemblée générale, des coordinations ne sont-elles pas la mise en oeuvre d’une nouvelle dimension de la démocratie ?

Tout, les Françaises et les Français ont tout pour définir ensemble et mettre en oeuvre leur projet de société : il suffit qu’ils osent s’affranchir de la tutelle des « élites» et prennent l’initiative de se réunir, sans se soucier des clivages gauche/droite, syndicaux, philosophiques ou religieux, pour élaborer et décider ensemble comment ils veulent vivre demain, libérés du joug du capital.

Dans les entreprises, les cités, les quartiers, les villages, avec tous celles et ceux qui voudront y participer, recensons ce qui ne peut plus durer, ce dont nous ne voulons plus ; ébauchons la société française dans laquelle nous voulons vivre ; et pour la nommer et la réaliser ensemble, créons nos comités, désignons des représentants révocables (au mandat unique,impératif devant les électeurs c.le r.)


Assez de pillages et de misères, assez de jeunesses sacrifiées, les richesses produites par le peuple doivent revenir au peuple

 

Ce qui est en noir est de B Friot, ou de M Peyret et de JF Autier. Sans être tout le temps d'accord en tout et sur tout de ce qu'ils avancent séparément, là, la canaille approupe et signe et même persiste à signer.


(1) Bernard Friot: économiste, sociologue, professeur émérite à l’Université Paris Ouest Nanterre. Dernier ouvrage: «L’enjeu des retraites», 175 pages, éditions La Dispute. Une interviewà lire à l’adresse suivante : http://www.frontsyndical-classe.org/article-bernard-friot-economiste-la-retraite-un-salaire-continue- 51972429.html

(2) INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale): «Les inégalités sociales de santé», 448 pages, éditions La Découverte. 

* lieu ou se tint la première réunion du CNR 

 

 

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