Production industrielle : les casseurs boursiers les batisseurs salariés

Publié le 19 Novembre 2012

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Je reprend l'article qui suit du blog mon camarade Bernard Lamirand.

Il est des potions que patronat et sa presse ont du mal à déglutir surtout quand ce sont les travailleurs en lutte qui tiennent le gobelet :


Arkema Pierre Bénite : résistons à la pression médiatique et aux mensonges!

 

Quand la direction d'Arkema bluffe soutenue

par la presse réactionnaire !

 

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Les médias libéraux et sociaux libéraux ne décolèrent pas ! Ils refusent d'accepter la victoire obtenue par les salariés d'Arkema.

 

Au bout de deux semaines et demie de lutte ancrée dans les ateliers, ils ont obligé la direction d'Arkema à jeter au panier son plan de réorganisation. Ils ont du pour cela faire la grève,  et résister au pistolet sur la tempe que voulait leur mettre la direction en annulant le plan d'investissement de 70 millions d'euros dans la production du "Kynar" en contre partie de l'annulation du plan de réorganisation qu'exigeaient les salariés. Ils n'ont pas cédé et ont gagné. Ils exigent maintenant que les investissements soient réalisés.

 

Le Figaro, journal très libéral, ose résumer ainsi les évènements : "la CGT s'oppose à un investissement de 70 millions d'euros qui aurait entraîné des réorganisations dans l'usine chimique devant accueillir la nouvelle unité de production". C'est un gros mensonge destiné à tromper l'opinion publique, puisque la CGT est pour l'investissement mais sans le plan de réorganisation !

 

Le Figaro dépité, ose affirmer que "tout comme celle de Saint-Auban dans les Alpes-de-Haute-Provence, l'usine de Pierre Bénite n'est plus rentable depuis des années." Ce qui est totalement faux! En 2007, la CGT Arkema avait fait la démonstration que les suppressions d'emplois tant au niveau du groupe que de Pierre Bénite avaient pour seul objectif de faire passer la rentabilité financière à 2 chiffres confirmément aux exigences des actionnaires !

 

La vérité est toute simple. La demande en Kynar necesse de progresser au niveau européen et mondial. Arkema doit donc produire beaucoup plus et doit pour cela, investir dans l'outil de production. Les 70 millions d'euros prévus ont donc pour objectif  d'augmenter de 50 % la capacité de production de Kynar, un produit à valeur ajoutée, un polymère fluoré utilisé dans les panneaux photovoltaïques. Cet investissement Arkema ne peut le faire qu'à Pierre bénite puisque Arkema a trois usines dévolues à cette production : celle de Chine pour le Sud-Est asiatique, celle des USA pour le continent américain et celle de Pierre Bénite pour l'Europe.

 

Mais le journal Le Monde tout aussi dépité que le Figaro, écrit :" Faute d'accord, c'est en Chine ou aux Etats-Unis que le groupe va sans doute effectuer l'investissement qu'il projetait en France. Un gâchis emblématique des blocages français.". Mais cela serait une nouvelle ineptie de la part des actionnaires qui sacrifieraient des sommes faramineuses en transports et logistique. Enfin chacun sait que la Chine ne produit pas le Kynar avec le même degrè de qualité que l'usine de Pierre Bénite.

 

La direction n'a donc pas d'autre choix que celui de Pierre Bénite. A moins que les actionnaires par vengeance, soient prêts à débourser plusieurs centaines de millions d'euros pour monter une usine toute neuve dans un autre pays d'Europe. Mais ne nous laissons pas berner. Qui a vu des actionnaires s'asseoir sur leurs très gros dividendes pour construire une usine qui leur coûtera 10 à 20 fois plus chère que ce que peut lui coûter son abandon du plan de réorganisation (un maximùum de 4 millions). Même si elle faisait un tel choix assassin, il faudrait encore qu'elle trouve les salariés hautemant qualifiés indispensables pour réaliser ces productions avec la qualité voulue et en toute sécurité.

 

La direction d'Arkema serait deux fois irresponsable, puisque pour augmenter de 50% la production du site de Pierre Bénite, elle doit aussi accroître la production de matières premières fournies par Saint-Auban et faire tourner à fond les installations de ce site. Si elle renonçait à augmenter la production de Pierre Bénite, elle renoncerait à augmenter celle de Saint-Auban. D'où le besoin de renforcer les solidarités entre Pierre Bénite et ceux de Saint-Auban.

 

Ces investissments,  elle veut les amortir au plus vite afin de dégager rapidement du cash pour l'actionnaire (4 milliojns d'euros minimum). C'était l'unique but du plan de réorganisation qui ne visait en fait qu'à supprimer des emplois, réduire les rémunérations, allonger le temps de travail, en gros imposer la flexicurité. Les salariés ont rejeté un tel recul de leurs conditions de travail et de vie, d'autant qu'ils savent que la direction d'Arkema ne peut faire autrement.

 

Comme le dit fort bien Nicolas Avinin le secrétaire du syndicat CGT «Nous ne sommes pas contre cet investissement, mais nous nous élevons contre le plan de réorganisation qui va avec. Pour nous, une unité de production en plus doit vouloir dire des créations de postes en plus». Evidement le Figaro ne dit pas un mot de cela, il préfère aviver les peurs en faisant croire que l'usine de Pierre Bénite serait menacée.

 

Mais menacée de quoi et par qui ? De fermeture ? Mais Pierre Bénite crache trop de casch pour ses actionnaires ! Par la direction d'Arkema ? Mais de quel droit ? Parcequ'elle a perdu un conflit social ?

 

Si c'est vraiment cela, alors il faudra qu'elle s'habitue à avoir en face d'elle des salariés motivés et excédés par tant de privations ces derniers années. La faute à qui ? Chirac d'abord, Sarkozy ensuite et aujourd'hui au social libéralisme qui cède aux actionnaires. Les travailleurs ne sont pas prêts de laisser faire et c'est tant mieux que cela plaise ou pas au Medef et aux chiens de garde de l'économie libérale!

 

Le 18 novembre 2012

 


 

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Pour info et aider à mesurer l'enjeu de cette fabricxation :

Le PVDF est un fluoropolymère thermoplastique très résistant. À l’instar des autres fluoropolymères, il supporte les rayonsultraviolets et les agents chimiques les plus corrosifs. Son intervalle d'emploi en continu varie de -50 à 150 °C.

Selon la structure de la maille cristalline, le PVDF présente des propriétés di-, piézo-, pyro- et ferroélectriques. Ces caractéristiques le rendent utile pour fabriquer des sondes et batteries.

Les applications du PVDF sont multiples, mais limitées par son coût de fabrication. On l'utilise pour la tuyauterie, les accessoires et les cuves dans l'industrie chimique, l'isolation électrique de fils et d'éléments piézoélectriques en électronique. On l'inclut aussi dans les revêtements liquides pour la construction. On l'utilise en biotechnologie comme membrane (à l'instar de la nitrocellulose plus commune) pour transférer des protéines que l'on a préalablement séparées par électrophorèse dans une technique appelée le western blot ou immunobuvardage en français.

Utilisé également par les pécheurs, pour faire des bas de ligne solides et performants (appellation Fluorocarbone). Remplaçant avantageusement les fils d'acier, son indice de réfraction très proche de celui de l’eau, lui procure une quasi-invisibilité. Sa résistance est supérieure aux fils en nylon grâce à une parfaite imperméabilité.

Rédigé par canaille le rouge

Publié dans #Du côté des luttes

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