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Pourquoi le FN veut-il et peut-il tenter de prendre pieds dans les organisations de la CGT.

 

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Notons d'abord qu'après avoir réussi ce type d'opération dans certains secteurs de FO et de la CFTC ce n'est pas pour l'extrême droite une stratégie nouvelle. Elle est inhérente aux organisations fascistes de tenter de s'incruster dans le syndicalisme pour masquer leur filiations constantes avec les milieux les plus réactionnaires du capitalisme industriel et financier. C'est même ces tentatives de s'implanter dans la classe ouvrière via les syndicats pour tirer vers le corporatisme qui a conduit à ce que le positionnement patriotique sous Vichy et l'occupation soit un des critères de la représentativité syndicale.

En rappelant d'entrée que Pétain et Vchy est une des sources idéologiques du FN, les références à la charte du travail une constante et que les accroches néo, péri et pro nazi, même si elles ne sont qu'à peine plus affirmées que chez certaines figures de la majorité actuelle, font parties des données pestilentielles de cette organisation.

Dans une période où le capital organise l'élimination de toutes références à l'histoire, où il travestit celles qu'il n'arrive pas à araser où ses forces politiques d'appoint rivalisent d'ardeurs dans ces tentatives, ne pas redoubler d'effort pour armer les salariés pour mener leur luttes conduit à ces situation aberrantes. L'histoire certes ne repasse pas les plat et la preuve est administrée que la seconde est une bouffonnerie : voilà qu'un transfuge de l'extrême gauche tel le premier Benito ou Doriot venu peut atterrir à l'extrême droite bénéficiant de l'assistance politique et juridique des plus haineux ennemis du monde du travail.

La CGT a réagi fermement et rapidement à l'opération crapuleuse de se servir d'une audience syndicale d'une organisation comme la CGT pour polluer le terrain revendicatif avec les idées du parti de LePen.

Les déclarations de condamnation se multiplient et c'est heureux.

Il ne s'agit pas de réactions épidermiques en soit déjà légitime au regard des positions racistes, xénophobes, anti noirs, anti arabes, anti autres, stigmatisant toute différences. Urgent et normal face à ceux qui de conserve avec les adjudants de l'infanterie coloniale au pouvoir ont le regard louchant vers le coq du clocher évitant ainsi de voir qui balais le tour de l'église, qui refait le pavage du parvis si beau lors de la sortie des messes en latin. Il s'agit de pointer le fossé irréductible entre les valeurs du syndicalisme et les sanies véhiculées par les sections d'assaut de la LePen.


D'aucun en profite pour lancer une opération de plus contre le syndicalisme. Pas n'importe quel syndicalisme celui qui persiste à contester la logique du profit à défaut de lutter frontalement contre la suppression du capital qui s'en nourrit.

Les valeurs que porte le FN sont incompatibles avec la défense des intérêts des travailleurs. Pas pour des raisons sentimentales mais fondamentalement antagoniques.

Toute la construction idéologique de cette organisation repose sur une organisation de la société qui valorise le rassemblement autour de valeurs corporatives unissant dans un même creuset patrons et ouvriers, actionnaires et exploités. Cette idéologie qui fut la base de la charte du travail de Pétain et de son gouvernement soutenu par le CGPF ancêtre du Medef postule que l'antagonisme entre le capital et le travail n'existe pas, que la lutte des classes est invention des rouges et que sans eux le monde serait plus paisible. L'autre, le différent, le "non d'ici" est l'ennemi et face à lui il faut se rassembler autour du droit d'un sang considéré come le liant de la pureté.

Mais tout comme ce n'est pas ni Galilée ni Jordano Bruno qui ont inventé la rotondité de la terre, cet antagonisme est un fait et le nier entretient l'obscurantisme comme nier la lutte de classe sert à maintenir les rapports sociaux existant, et donc sert à maintenir la domination du capital.

Est-ce un hasard si les fondateurs du FN, les financiers initiaux et ceux qui restent ses sources majeures se recrutent dans le milieux des financiers les plus obscurantistes, ceux qui se battent contre toutes avancées des droit sociaux. Les droits des femmes et l'encadrement légal et pénal de la jeunesse, le droit de grève et les garanties collectives étant leur cibles privilégiées ?

Quand le Medef et Kessler annonce vouloir refermer la parenthèse de la Libération, on mesure l'incompatibilité frontale entre les thèses négationnistes et révisionnismes portées par les officines comme le FN, bras extrémiste du patronat et les valeurs d'un syndicalisme tel que définies pas ses statuts.

Les choix et orientations de la CGT se trouve dans le préambule de ses statuts :

Fidèle à ses origines, à la charte d’Amiens de 1906, héritière des valeurs humanistes et internationalistes qui ont présidé à sa constitution, considérant la pleine validité des principes d’indépendance, de démocratie, de respect mutuel et de cohésion contenus dans le préambule des statuts de 1936 (intégré aux présents statuts), la Confédération Générale du Travail défend les intérêts de tous les salariés sans exclusive, en tous temps et en tous lieux. Elle intervient en conséquence librement sur tous les champs de la vie sociale, elle participe au mouvement de transformation sociale.

Par son analyse, ses propositions et son action, elle agit pour que prévalent dans la société les idéaux de libertés, d’égalité, de justice, de laïcité, de fraternité et de solidarité. Elle se bat pour que ces idéaux se traduisent dans des garanties individuelles et collectives : le droit à la formation, à l’emploi, à la protection sociale, les moyens de vivre dignement au travail, dans la famille et dans la collectivité, la liberté d’opinion et d’expression, d’action syndicale, de grève et d’intervention dans la vie sociale et économique, à l’entreprise comme dans la société.

Elle agit pour une société démocratique, libérée de l’exploitation capitaliste et des autres formes d’exploitation et de domination, contre les discriminations de toutes sortes, le racisme, la xénophobie et toutes les exclusions.

Elle agit pour promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes, les libertés et les droits syndicaux, le plein exercice de la citoyenneté, la défense de l’environnement, pour la paix et le désarmement, pour les droits de l’homme et le rapprochement des peuples.

Soumise à la logique du profit, la société actuelle est traversée par la lutte des classes et par de multiples contradictions dont les conséquences conduisent à des inégalités et exclusions majeures, des affrontements d’intérêts, des tensions internationales, des menaces de guerre et des conflits armés. Les salariés ont besoin de se rassembler comme tels pour se défendre, conquérir leur émancipation individuelle et collective et participer à la transformation de la société et du monde. 

L'incompatibilité est de fait et la liberté d'adhésion comme pour toute adhésion fonctionne dans les deux sens : elle passe par le respect des statuts de là où on adhère.

On voit bien à la lumière de ce qui précède qu'entre la CGT et le FN c'est comme la fusion du club des adorateurs de Thiers avec Les amis de la Commune ou les nostalgiques de Pétain et la fondation Jean Moulin. L'antagonisme est total, insurmontable.

Cela étant établi, reste à savoir pourquoi l'engagement d'une telle opération est-elle possible ? Quels terrains ont été laissés en friche pour que le chiendent de ces valeurs si peu sociales puisse tenter de pousser si dru sur des terrains d'où ils étaient naturellement absents ?

Deux pistes complémentaires sont à regarder :

La désertion du terrain des entreprises par les forces politiques qui portaient le fer contre les idées fausses du fascisme au quotidien, essentiellement le PCF. Le repli depuis une quinzaine d'années sur les approches électoralistes à dates fixées de la part de ce qui alors était un parti en prise avec les travailleurs laisse le terrain disponible pour les pires idées. Le drame, c'est q'alors que les blés sont sous la grèle, il persiste à faire le délicat.

Et aussi, toujours dans l'entreprise, malgré des efforts louables dans certaines professions et régions qui comme par hasard sont celles qui résistent le plus, l'abandon de l'enseignement de son histoire au monde du travail par le mouvement syndical, est une faiblesse qui fait débat dans la CGT.

Si la CGT n'est pas responsable de l'existence des furoncles des idées du Fn, ses retards ou insuffisances participent à ne pas contribuer à une efficace prophylaxie. Une part est due à ses orientations : sa recherche de solutions à l'intérieur d'un espace économique et social construit et balisé par le capital est la cause première de cette pétrification. N'oublions pas que l'Europe du capital, avec la même hargne qu'elle pourchasse les idées communistes, travaille à abaisser les normes sociales, accorde des brevets d'honorabilité à toutes les forces néo nazies et néofascistes de l'UE, alimente la peur "des autres" et laisse monter des murs de haine à ses frontières.

Il serait plus que grand temps que tous ceux qui se penchent sur les questions de formation des militants se ressaisissent avant que la mémoire soit captée et mise en …captivité pour être réécrite pour se retourner contre les salariés.

L'ascension est résistible. C'est sur nos lacunes que se déploient les arturo UI du 21ème siècle. Pas sur la valeur de leurs idées.

 

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Yvette Genestal 07/03/2011 09:58



L'appartenance au FN serait encore plus incompatible avec les idées défendues par la CGT si celle-ci avait gardé les références à la Charte d'Amiens de 1906 :


"Charte d’Amiens

Le Congrès confédéral d'Amiens confirme l'article 2 constitutif de la Confédération Générale du Travail, disant : « La Confédération Générale du Travail groupe, en dehors de toute école
politique, tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat. »

Le Congrès considère que cette déclaration est une reconnaissance de la lutte de classe qui oppose sur le terrain économique les travailleurs en révolte contre toutes les formes
d'exploitation et d'oppression, tant matérielles que morales, mises en œuvre par la classe capitaliste contre la classe ouvrière ;

Le Congrès précise, par les points suivants, cette affirmation théorique :

Dans l'œuvre revendicatrice quotidienne, le syndicalisme poursuit la coordination des efforts ouvriers, l'accroissement du mieux être des travailleurs par la réalisation d'améliorations
immédiates, telles que la diminution des heures de travail, l'augmentation des salaires, etc. Mais cette besogne n'est qu'un côté de l'œuvre du syndicalisme ; il prépare l'émancipation
intégrale qui ne peut se réaliser que par l'expropriation capitaliste ; il préconise comme moyen d'action la grève générale et il considère que le syndicat, aujourd'hui groupement de
résistance, sera, dans l'avenir, le groupe de production et de répartition, base de la réorganisation sociale ;"


 



canaille le rouge 07/03/2011 10:15



Je partage. Le but du papier est de montrer que même maintenant les statuts (qui se réfèrent à la Charte dAmiens, mais n'y font que référence) portent un engagement de classe, des valeurs de
solidarité qui pour le premier n'est plus dans le discours général et permet la dilution des repères et pour les secondes sont en permanence l'objet d'une remise en selle tant le cadre de la CES
inscrit dans les logiques d'exclusion.


Qu'un article critique, pas une intervention de congrès qui alors serait adressée autrement qu'avec un pseudo fut-il rouge.


Cela dit  et pour la pas trop mal connaitre, la Charte d'Amiens n'est pas l'alpha et l'oméga de la pureté revendicative : la défiance au politique et le présupposé que le syndicat suffit à
tout est aussi un des termes de ce débat. Pour ma part je persiste à penser que si l'espace du syndicat va audelà de l'entreprise, il n'a pas l'exclusivité de ce qui se passe à l'intérieur, la
citoyenneté, les droits poliques sur le lieux de travail sont en creux contestés par la Charte.